Est ce que tout le monde peut être sauvé ? Ou bien Dieu choisit ceux qu’il sauve ?

Par : pasteur Marc Pernot

Un hélicoptère du secours en montagne - Photo by Rainer Bleek on https://unsplash.com/photos/LwWKdjsIrHU

Le secours en montagne ira chercher toute personne en perdition, sans juger entre les juste et les pécheurs, les imprudents et les malchanceux, ceux qui ont appelé et ceux qui ont été signalés… C’est donc le moins que l’on puisse attendre la même chose de Dieu

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur.
Depuis un certain temps je me pose des questions a savoir si nous tous nous pouvons être sauvé ou bien si Dieu décidait ceux qu’il sauvait. En effet dans Jean 6:65 Jésus pouvait dire que nul ne peut venir a lui si cela ne lui a été donné par le Père. J’aimerai savoir si j’interprète mal ce verset dans le sens où il me semble que c’est Dieu qui décide celui qu’il sauve.
Egalement dans le chapitre 4 de Marc les versets 11 et 12 m’interpellent aussi <>. Pourquoi Jésus parlait il ainsi?

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Oui, c’est à mon avis Dieu qui décide tout seul qui il veut sauver. Après tout c’est son boulot, sa liberté.
Et voilà : il sauve toute personne. Il a décidé ainsi. en effet :

  • Jésus dit que Dieu est comme un berger qui court partout pour chercher même la plus perdue des brebis perdues.
  • Paul dit que « Dieu veut que tous les humains soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Timothée 2:4),
  • Pierre dit que « Dieu ne fait point de favoritisme » (Actes 10:34).

Et voilà : Dieu veut sauver toute personne, c’est sa nature, si je puis dire. Comme le feu de brûler, l’au de mouiller, la nature de Dieu est d’aimer, de vouloir le meilleur pour chaque parcelle de ce monde qu’il aime. Et si Dieu veut quelque chose, il le fait, tranquillement, à son rythe, si je puis dire. Cela aussi est de sa nature de réaliser ce qu’il veut, avec patience et douceur, mais finissant par amener les choses à leur terme.

Sauver la personne, c’est donc la sauver le meilleur d’elle même, tirer ce meilleur, le libérer de ce qui l’enchaine, l’enfonce, le trouble. C’est ainsi que nulle méchanceté n’est « sauvée », mais que l’excellence de la personnalité profonde de la personne. C’est normal, car c’est comme cela quand on aime : on garde le meilleur de la personne que l’on aime, et on cherche à élever ce meilleur, passant par dessus ce qui est mauvais, ou juste inerte.

Dans toutes ces présentations où il est question de ceux qui sont sauvés et ceux qui sont perdus, nous sommes donc à la fois les deux car le travail de Dieu avec nous -même pour nous sauver est encore en cours. Quand il est question de ceux du dedans qui entendent et comprennent Dieu, c’est ce qui est en chacun de nous capable d’aimer. Alors qu’encore une partie de nous-même est encore dans l’obscurité, comme perturbé par nos idoles et nos illusions, les yeux de la foi voilés par notre égoïsme, notre peur. Que nous soyons à la fois celui qui voit clair et celui qui ne comprend pas bien, c’est ce que dit Paul : « Nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai mis de côté ce qui était de l’enfant. Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. » (1 Corinthiens 13:9-12). Nous sommes comme un enfant, appelé à grandir, commençant à comprendre seulement.

Ce n’est donc même pas seulement que tout le monde PEUT être sauvé, mais c’est que tout le monde est déjà sauvé par le seul amour de Dieu.

Ce salut n’est pas seulement pour après la mort. Il est tellement utile et bon à recevoir dans le présent, car c’est cela les soins de Dieu, cherchant à nous retrouver, à nous porter, nous nourrir, nous pacifier de ce qui nous trouble. C’est à cela que Paul nous appelle, nous amenant à la connaissance de la vérité : que Dieu n’est que bon soin pour nous, et que nous avons tout à espérer de cela.

Comment, alors comprendre les versets que vous citez, très justement, et qui sont bien intéressants ?

C’est vrai que ce que Dieu apporte, est complètement hors de notre portée. Par définition car Dieu est d’une autre dimension. C’est ce que signifie quand on dit qu’il est « notre père qui est aux cieux » : qu’il est d’une toute autre dimension que nous qui sommes « sur terre ». Nul ne pourrait venir à lui, Dieu, si cela ne nous » était donné par le Père » (Jean 6:65), venant à nous en Christ, venant en nous par son Souffle, son Esprit.

Le problème auquel fait souvent face Jésus, ce sont les personnes qui sont tellement sûres de détenir la connaissance parfaite de la vérité qu’elles ne se posent aucune question, craignent même les questions, les considérant comme blasphématoires, seulement parce que ces questions mettent en question ce qu’on leur a toujours enseigné comme venant de Dieu lui-même. Comment faire ? Jésus invente des petites histoires troublantes, venant percuter la logique de ces personnes, les troubler, leur embrouiller ce qu’elles ont toujours pensé comme évident. C’est afin d’ouvrir leur écoute, leur donner d’ouvrir les yeux. Troubler leur conviction d’être dans le vrai, dans le camp de ceux qui ont tout juste et bon. Il vient remettre en cause leur conversion qui était une conversion à un système et non au Dieu vivant, il veut ébranler leur sentiment d’être sauvé afin qu’il s’ouvrent enfin au Dieu qui sauve. Cela n’est pas seulement dit pour les intégristes de l’époque de Jésus, ni ceux que nous taxerions d’intégristes aujourd’hui, mais cela est dit pour nous-même, bien sûr, que nous placions notre confiance en Dieu, en dieu seul et dans son amour, en rien d’autre, dans aucune formule, rite, actes. Faire de la théologie, affiner ce que nous pensons, prier, louer Dieu… tout cela sont des moyens pour nous aider à faire place à cette confiance dans notre être, et à une belle relation avec lui. Confiante, pacifiée, réconciliée.

Bravo de chercher, de creuser, aimer Dieu
Il vous bénit et vous accompagne

par : pasteur Marc Pernot

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Marc Pernot

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