En quel année a eu lieu l’éclatement de l’église chrétienne ?

fresque ancienne de Christ en vérité - Image par Thomas B. de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour
En quel année a eu lieu l’éclatement de l’église chrétienne ?
Merci pour votre réponse. Bien cordialement.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour,

Dans l’histoire du Christianisme, il y a eu deux grandes séparations:

  1. En 1054 entre l’Orient (orthodoxes) et l’Occident (quand le patriarche de Rome et celui de Constantinople s’excommunie mutuellement avec fureur, c’est « Le schisme » entres les églises d’Orient et d’Occident.
  2. En 1521 quand le pape excommunie Luther, et que celui-ci ne plie pas pour autant. Alors que l’espérance de Luther était une réforme de l’église chrétienne, deux courants vont naître : le catholicisme et le protestantisme.

Mais c’est un peu schématique, parce que Jésus-Christ n’a pas fondé une institution, et l’on voit dans les évangiles que les apôtres marchaient à des rythmes et selon des sensibilités différentes. Par exemple le jour de Pâques, Thomas n’était pas avec les apôtres dans la chambre haute, les femmes ne sont pas écoutées par les apôtres. Ensuite, on voit Pierre et Paul avoir des fonctionnements différents. Et déjà du temps de Jésus, on sent bien des différences de sensibilités entre Jean, doux sensible et spirituel, et Pierre plus ardent. La foi chrétienne se diffuse très rapidement dans des milieux juifs de l’empire romain, et aussi dans des milieux païens, cela donne naissance à au moins trois courants : les paganos-chrétiens, les judéo-chrétiens plutôt libéraux vis à vis de la Loi juive (comme Paul), et les judéo-chrétiens observants (comme Jacques, le frère de Jésus). Cette diversité assumée dans les premiers siècles du christianisme est bien reflétée dans le fait qu’il y a 4 évangiles : 4 points de vue différents sur Jésus, plus les lettres de divers témoins, et que cette diversité a été accueillie dans le « canon » (liste des livres retenus pour constituer cette bibliothèque qu’est la Bible, liste commune aux diverses communautés chrétiennes dans les premiers siècles).

En réalité, il n’y a jamais eu d’unité et heureusement. Ce qui serait bien serait l’union, c’est à dire le respect des autres et la communion de tous en Christ.

Il y a eu des tentatives pour créer une unité, de la forcer pour des raisons principalement politiques quand l’empereur de Rome, Constantin a voulu solidifier ainsi son empire en 325, en convoquant les évêques dans la ville de Nicée pour ce que l’on a appelé le 1er concile « œcuménique ». C’est à partir de ce moment là qu’apparait la recherche de définir un dogme officiel devenant obligatoire pour toute la chrétienté, et ceux qui ne sont pas du même avis sont considérés comme « hérétiques », « anathèmes ».

Je dirais qu’aujourd’hui, il y a des églises distinctes, mais que l’Eglise Chrétienne n’est quand même pas « éclatée », car nous sommes profondément unis par Dieu en Christ. Comme le dit l’apôtre Paul : « Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. » (Ephésiens 4)

Il y a donc une profonde unité, malgré ce qu’en disent ceux qui attachent une importance essentielle aux institutions, aux doctrines, aux règlements. C’est principalement une question de pouvoir personnel, c’est aussi une question de psychologie humaine. Ce qui me fait vivre, j’ai tendance à le considérer comme vrai, c’est normal, le problème est quand on passe du « vrai pour moi » à « vrai tout court », et que je me mets à penser que toute personne qui a un autre point de vue a nécessairement tort, qu’elle me met en danger moi. C’est une façon de se prendre soi-même comme un petit dieu.

Ce qui est dommage, précisément, c’est que les institutions soient aussi frileuses quand il s’agit de reconnaître les autres églises, avec leurs spécificités, leurs baptêmes, leurs façons de prier, de se rassembler, leurs fêtes, leurs façon de confesser leur foi : même le Conseil Œcuménique des Eglises qui trop souvent exclut les chrétiens qui ne confessent pas leur foi de façon trinitaire ! Il me semble que dès lors qu’une personne place au centre la personne de Jésus-Christ, à sa façon, seul Jésus-Christ serait habilité à dire que ce lien n’est pas valable (et je ne me souviens pas que Jésus ait jeté quelqu’un dehors ainsi). C’est Christ qui est la vérité, une personne vivante ayant des relations personnelles avec les personnes qu’il rencontre.

De grands progrès ont été faits aujourd’hui, par bien des églises et bien des personnes. De grands progrès sont encore à faire, c’est une ouverture humaine et spirituelle à tous les niveaux, le plus important étant, je pense, de vivre cet esprit d’union dans les familles, entre voisins, collègues, sur les réseaux sociaux…

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *