
Élie : que signifie ce nom en hébreu, et en quoi cela peut-il éclairer notre foi ?
Le nom du prophète Élie, en hébreu, est une véritable confession de foi : « mon Dieu est amour ». Un pasteur explore cette étymologie et montre comment elle éclaire la manière dont Jésus a été reconnu comme le Messie.
Question posée :
Bonjour
Je viens de lire Marc 7.31 jusqu’à 9.13. Je m’aperçois que tout ce que disait Jésus était de l’ordre de l’esprit, tout était spirituel. Il enseignait aux apôtres à aimer Dieu en esprit et en vérité.
Jésus dit dans 9.12 et 9.13 qu’Élie est déjà venu. Alors ma question, c’est : « Élie », ce nom, veut dire quoi en hébreu ? C’est compliqué comme question, n’est-ce pas ? Mais j’ai fait du latin et du grec ancien, et en lisant ce texte dans la Bible en français courant, je sens que si je connais l’étymologie du nom de ce prophète, ça va m’éclairer.
Pourriez-vous m’aider ?
Bonne journée.
Réponse d’un pasteur :
Bonsoir
Bonne question ! Bravo de lire la Bible et de vous poser des questions.
Certains à l’époque de Jésus pensaient que le prophète Élie devait revenir d’abord pour préparer le monde à recevoir le Messie (le Christ, le Sauveur). C’était une hypothèse assez discutable (il y a bien des façons d’interpréter la Bible). En tout cas, Jésus ne les contredit pas : dans l’Évangile selon Matthieu, Jésus aurait dit que ce prophète préparant le chemin du Messie, c’est Jean-Baptiste (Matthieu 11.14). Que Jésus se soit lancé avec une base de disciples de Jean-Baptiste, cela semble un fait historique. Certains ont donc fait le lien avec cette théorie, ce qui a pu aider à convaincre quelques personnes que Jésus était bien le Messie attendu.
L’étymologie du nom d’Élie
Cela n’est peut-être pas passionnant, ou pas tellement nourrissant pour nous. C’est pourquoi j’aime bien votre piste de recherche d’aller voir l’étymologie des noms propres. C’est parfois très signifiant dans la Bible (pas toujours).
- Élie : c’est en hébreu Eliyah (אֵלִיָּה) ou Eliyahou (אֵלִיָּהוּ) : El (Dieu), Eli (mon Dieu), Yah est le diminutif de Yahou (YHWH : le nom donné à Dieu, Dieu comme source de pardon, source de bonté, de bénédiction).
Le nom d’Élie est donc une confession de foi, une conviction spirituelle et théologique : mon Dieu, celui que je choisis d’adorer, de chercher, celui qui m’inspire, ce n’est pas un Dieu sévère et dur, impitoyable, au contraire : mon Dieu est amour. - D’ailleurs, cela va assez bien avec le nom de Jean, puisqu’en hébreu Yorhanan ou Yehorhanan (יְהוֹחָנָן) signifie (Yo ou Yeho : YHWH) rhanan (fait grâce : aime et donc pardonne).
Une théologie qui prépare à reconnaître le Christ
Effectivement, quand on a ce genre de théologie, cela prépare bien à reconnaître Jésus comme Christ, car c’est raccord avec ce que Jésus manifeste par ses paroles et par ses actes, jusque sur la croix, ce qui est un geste d’amour gratuit pour l’humanité même pécheresse et insupportable. Car il y avait, comme aujourd’hui, un assez large éventail de sensibilités spirituelle, religieuse et théologique dans la population.
Alors que les personnes qui avaient une théologie d’un Dieu impitoyable, juste et tout-puissant espéraient le massacre des infidèles, à commencer par les envahisseurs romains. Parmi les personnes ayant cette théologie, certaines se sont bien demandé si Jésus était le Messie attendu… mais ont été fort déçues de voir Jésus ne s’occuper que de réconcilier l’humanité avec Dieu, d’aimer ce Dieu qui aime l’humain et qui va jusqu’à aimer l’humain qui est ennemi de Dieu.
Ceux qui avaient la théologie « Mon Dieu, c’est YHWH, Dieu en tant qu’amour », ceux qui avaient répondu à l’appel de la voix de Jean « la grâce de YHWH » : ceux-là ont eu plus de facilité à reconnaître en Jésus le Messie, jusque dans cette défaite pitoyable qu’était l’exécution sur la croix.
Donc bravo pour votre recherche.
À votre niveau, je pense que vous seriez aidée en lisant une autre traduction que la Bible en français courant, qui est très loin du texte biblique. Les traductions NBS ou TOB récentes sont bien meilleures, et il en existe même des éditions d’étude, avec notes, qui sont assez utiles quand on veut entrer plus en détail. Après, c’est vrai qu’avec le grec ancien vous êtes déjà grandement outillée ; resterait à avoir des bases en hébreu biblique.
Dieu vous bénit et vous accompagne.
par : pasteur Marc Pernot
En écho à ce texte :
-
Jean-Baptiste est-il Élie, ou non ? Comprendre le paradoxe entre Jésus et le Baptiste
-
Qui est Jésus ? Le rôle du Messie et le sens de son message
-
Je me pose une question sur « le Seigneur » Jésus ou « le Seigneur » Dieu ?

Je veux lire la Bible et la comprendre mais je n’arrive pas.
J’ai l’impression de tout oublier malgré que j’essaie.
Aide moi à finir ma bible
Chère Ericka,
Bravo de lire la Bible ! Ce que vous dites est tout à fait normal. Quand on lit la Bible, l’essentiel n’est pas de retenir ce que l’on a lu, mais c’est de se laisser toucher d’une certaine façon par ce que nous avons lu : l’effet le plus important est donc sur l’instant. C’est pourquoi il est bon de lire sa Bible dans un esprit de prière, plus que comme un exercice de mémoire.
Ensuite, on retient quand même quelques petites choses en la lisant et cela nous permettra ensuite d’enrichir notre lecture, cela vient tout seul, peu à peu, ce n’est pas l’essentiel.
Finalement, la lecture de la Bible est comme quand on lave la salade : il ne reste plus d’eau ensuite mais le contact avec l’eau a permis d’enlever la terre. Telle est notre lecture de la Bible, l’essentiel est quand elle passe sur notre conscience, permettant à Dieu et à notre interprétation de se combiner pour faire un bon travail sur notre âme.
Dieu vous bénit et vous accompagne.