15 février 2024

une colombe en pleine lumière sur un fond d
Question

Si je prie pour les victimes et surtout pour la paix, certains jours, il est difficile de comprendre alors les desseins de Dieu.

Par : pasteur Marc Pernot

Question posée :

Comme le dit si justement l’Ecclésiaste, il y a un temps pour chaque chose sous les cieux… Je traverse Esaïe en ce moment dans mes lectures, avec lequel jusqu’à présent, je n’avait guère eu d’affinités lorsque ce passage m’a sauté aux yeux :
« …Mes pensées ne sont pas vos pensées, mes voies ne sont pas vos voies dit l’Eternel… Autant les cieux sont élevés au dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au dessus de vos voies… »

Car je dois bien l’avouer, même si mon âme est irrémédiablement à Dieu et que j’ai reçu de lui beaucoup et notamment ce merveilleux cadeau, une certaine paix intérieure ; que vaux ma paix intérieure si le reste du monde est à feux et à sangs ?!

Il fut un temps ou j’étais moi aussi à feux et à sangs intérieurement… Dieu n’était pas dans ma vie à cette époque… Et lors d’une expérience que nous qualifieront de  » mystique » au bout d’une nuit très noire, Dieu a séparé mes ténèbres de sa lumière et sa lumière fut ! Elle fut en moi aussi simplement que je l’écris en ce moment, plus simplement encore même… Et soudain, c’est comme si, comme dans Marc 4, m’étant moi aussi trouvé dans cette barque qui prenait l’eau de toutes part, avec Jésus endormis à côté de moi, il s’était réveillé à mon appel de détresse et avait dit a tous les vents ce qui me tourmentaient :  » Silence ! Taisez vous ! » Et les vents se sont tus… Une grande paix est soudain descendue en moi….Mais pas une paix classique du genre : « ouf j’ai la paix 5 minutes »….

Non.

Une paix à longue portée, qui voit loin devant elle et qui englobe tout. Une paix qui est comme un refuge vers lequel aujourd’hui encore je retourne fréquemment chaque fois que quelque chose m’est pénible… Et en ce moment beaucoup de choses me sont pénibles lorsque je regarde le monde…Je pense à mon amie Dina coincée dans une Ukraine en guerre et à toutes les « Dinas  » du monde coincées comme tant de civils innocents dans des guerre injustes, en Israël et ailleurs, et trop souvent injustifiées !

Si bien évidemment je prie pour eux et surtout pour la paix, certains jours, il est difficile de comprendre alors les dessins de Dieu. Mais si la psychanalyse m’a bien offert quelque chose dans cette vie, c’est la « résilience »… De faire ce que nous pouvons à notre niveau pour que les choses aillent dans le bon sens, un meilleurs sens possible dirons nous…. Et lorsque nous avons fait de notre mieux, de confier le reste à Dieu. Car effectivement, ses voies ne sont pas nos voies et qu’il y a des choses que seul lui de sa hauteur peut envisager une solution globale. Cela ne me console pas vraiment pour le moment, mais a terme, je sais car je crois en Dieu, que la lumière sera aussi sur tous ces ténèbres qui obscurcissent le monde…

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Merci pour ce témoignage.

Dieu est différent

Je dirais que, certes, la façon d’être de Dieu, ses moyens d’action, ses objectifs, ses plans ne sont pas les nôtres.
Ce n’est pas tant qu’il pense autre chose que nous, mais Dieu lui-même est d’un autre ordre que nous. Pour illustrer la chose : si le monde était comparé à un violon, Dieu, serait comparé à Monsieur Stradivarius (le fabriquant de violon) et à Ménuhin (le musicien prodige).

En ce qui concerne la paix, Dieu y travaille, comme vous le dites, à l’horizon de l’histoire à une paix globale. Et dans l’instant, il ne peut pas créer une telle paix. Il ne peut qu’en semer les germes, il ne peut qu’appeler les hommes et les femmes à espérer la paix, à attendrir leur cœur, ouvrir leur esprit, pacifier leur propre cœur, puis à esquisser de premiers gestes de justice, et de paix. C’est ainsi que la paix peut avancer, de l’intérieur et non de l’extérieur.

Dieu est sans cesse et toujours positif

Est-ce que ce ne serait pour Dieu pas le moment d’établir la paix ? Est-ce que sa volonté passerait aujourd’hui par un temps de guerres et de destructions ? Certainement pas nous montre le Christ par ses paroles et par sa vie entière : Dieu est lumière et il n’y a en lui que lumière (1 Jean 1), dans la parole de Dieu (dans les actes, dans ses intentions, son projet) est la vie, la tendresse et la fidélité (Jean 1:1-18). Et donc la paix. Dieu y travaille sans cesse, nuit et jour.

Cette tâche de Dieu est d’autant plus difficile que la vie de l’humain est si brève. Nous n’avons que quelques années pour grandir spirituellement et à devenir nous-même « artisan de paix », comme le propose Jésus. Chaque génération d’hommes repart à zéro l’évolution de l’humanité, depuis la première cellule, doit apprendre à parler comme les premiers hominidés, doit grandir dans sa pensée et dans ses relations aux autres… et cela en quelques instants que déjà il devient adulte et en responsabilité de faire du bien et du mal. Dieu est un artisan extraordinaire, nous sommes ce violon, ce stradivarius en cours de construction, mais bien moins docile que le bois, infiniment plus complexe encore qu’un violon, et Dieu ne peut jouer de nous comme un artiste d’un violon. Il ne peut que caresser la corde de notre être et souvent aucun son de sort, parfois le son que nous laissons entendre ressemble plutôt à un caquètement de canard mais aussi parfois à une sonate de Bach… C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et en tout cas Dieu, lui, ne pert pas courage ni sa motivation à faire de nous un « artisan de paix », aussi peu que ce soit.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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