Que mon mari me touche me rend malade, après chaque relation je sens comme si je me laissais violer.

une mère et sa fille, en ville - Photo by Sai De Silva on Unsplash

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour, j’ai 32 ans je suis mariée et j’ai une fille de 4 ans. Je suis triste parce que je sens que mon n’est pas celui de Dieu, je ne suis pas amoureuse de mon mari et le seul fait qu’il vienne vers moi et me touche me rend malade, après chaque relation je sens comme si je me laissait violer. On a dejà essayé d’en parler mais en vain, on a juste fait le tour du problème sans solution, j’ai même pensé au divorce mais on est chrétiens, le divorce n’est pas une option. Tous les jours je demande de la force a Dieu pour avancer rien que pour ma fille je ne veux pas qu’elle grandisse sans son père comme j’ai grandi sans le mien.

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame,

Votre mail m’a fait peine en pensant à vous, à votre détresse terrible.

Je comprends les leçons des prédicateurs moralistes contre le divorce entre chrétiens. Nous sommes d’accord avec l’idéal qu’ils prêchent, quand on se marie c’est pour toute la vie dans la fidélité. C’est le cas idéal. Ensuite, il y a des situations difficiles qui ne correspondent pas à ce cas idéal et cela demande de chercher une solution qui soit la moins mauvaise possible. Dieu est amour et pardon, il nous accompagne dans ces vallées d’ombre de mort (comme le dit le Psaume 23), pour retourner dans une vie belle est de nouveau possible, où de bons projets, de résurrection et de vie peuvent être faits,

Donc, si, bien sûr que le divorce est parfois une option pour des chrétiens.

C’est vrai que ce n’est pas l’idéal, mais c’est en tout cas mieux que le pire. Dieu sait cela, comprend cela, accompagne, pardonne, donne de nouvelles chances.

Or, la situation que vous évoquez me semble entrer dans ce cas. Le viol est un crime, c’est même pire quand il prend place dans le cadre du couple, de la famille. Il est inimaginable que votre mari, sachant que ces actes sexuels sont mal ressentis par son épouse se laisse aller à les commettre. C’est absolument inacceptable. Et il devrait avoir honte, se repentir de cela, et ne plus jamais recommencer ce genre d’actes. Le sexe n’est pas un besoin comme de manger, on peut donc s’en passer. Si son sexe le démange terriblement, qu’il se masturbe (rien dans la Bible n’est contre cela), mais en tout cas : le viol n’est pas une option. Absolument pas. Et pour cet acte, effectivement, c’est : absolument jamais.

Il n’est pas question pour vous de subir cela, car cela vous abîme. Là encore, il faut chercher la moins mauvaise des solutions. C’est vrai que l’idéal pour un enfant est d’être élevé par ses deux parents dans un foyer aimant. Mais ce foyer où son papa viole sa maman n’est pas une bonne situation non plus. Même si votre fille ne le sait pas, cela donne une ambiance nocive qu’elle peut sentir et qui peut la traumatiser. Si vous êtes en détresse à cause de ces viols répétés, cela ne vous aide pas non plus à être disponible pour votre fille.

La relation sexuelle n’est pas « un devoir d’épouse ». Non, une femme ne doit pas toujours répondre aux avances de son mari. Ces idées sont des légendes inventée par les mâles, comme si la femme était possédée par son mari. Je sais que ce n’est pas facile partout, mais les mentalités évoluent. Tous les pays adhérant aux nations unies ont adopté la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes en 1981.

Quand un homme est capable de violer sa femme, je ne sais pas ce dont il est capable aussi comme autre violence. Peut-être de frapper son épouse ? Peut-être de la priver de liberté comme si elle était un objet ou un animal domestique que l’on possède ? Peut-être de faire du mal à d’autres personnes, voire même sur les enfants de la famille ? Un mari qui ne respecte pas sa femme ne l’aime pas. Aucun prétexte n’est acceptable, aucune accusation portée contre elle ne peut justifier cela. Avec le manque de respect, on sort complètement du cadre du couple chrétien. Car le respect de son prochain est la base de la base des relations humaines, et donc encore plus dans le cadre du couple, de la famille, et tout particulièrement dans une famille chrétienne. Bien sûr, puisque le Christ va même jusqu’à parler d’aimer son prochain, c’est à dire non seulement de le respecter, mais d’entendre ce dont il a besoin pour s’épanouir, et chercher à aller dans ce sens).

Bon courage à vous. Avec l’aide de Dieu pour vous accompagner.
Dieu vous bénit, Dieu bénit votre fille. Et Dieu bénisse cet homme en lui ouvrant les yeux. ,

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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