10 juin 2024

Un homme en chemise rouge semble tomber u ciel sur un fond de nuages - Image par Pexels de https://pixabay.com/fr/photos/homme-tombe-action-chute-1838330/
Bible

Comment peut-on comprendre le verset de 1 Corinthiens 5,5 : « livrez un tel homme à Satan » ?

Question posée :

Comment peut-on comprendre le verset de 1 Corinthiens 5,5 : « livrez un tel homme à Satan pour la destruction de la nature pécheresse afin que l’esprit soit sauvé le jour du Seigneur Jésus ».

Que veut dire « livrer à Satan ou au Satan »? Est-ce une condamnation à mort ou une condamnation de la chair pouvant justifier la torture ?? Ou bien, s’agit-il d’une exclusion de la communauté chrétienne ?? Mais s’il s’agit d’une exclusion, cela voudrait dire que le coupable désigné n’aurait plus l’aide spirituelle de la communauté chrétienne et cela ne colle pas avec la deuxième partie du verset qui précise que l’esprit de cette personne serait quand-même sauvé. Le mot « destruction » retrouvé dans de nombreuses versions, est dur et ne laisse pas beaucoup de perspective de miséricorde. Ce type de déclaration de Paul (pour autant qu’elle vient bien de lui) pourrait-elle expliquer, en partie du moins, les déviations observées par la suite, par exemple sous l’inquisition et lors de la condamnation de Michel Servet, etc.

Il n’est pas facile d’être confronté à ce type de texte car il semble s’éloigner du message libérateur de l’évangile.

Bien à vous.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Tout passage, tout verset peut être interprété, et à mon avis doit être interprété à la lumière de l’amour radical de Dieu manifesté en Christ, même pour les pécheurs (personnes qui ont particulièrement besoin d’aide pour devenir meilleures).

Il est donc hors de question de penser une seule seconde que Dieu abandonnerait à la mort et au mal qui que ce soit.

Comment comprendre ce genre de vertes, alors ?

  • Il y a du pécheur et du juste en chacun de nous.
  • Il y a une personnalité vivante et épanouie et il y a une part souffrance et encore non grandie.

Dieu ne confond pas tout, il ne jette jamais le bébé avec l’eau du bain : il garde son enfant, le libère de ce qui ne va pas.

C’est donc un bon soin que Dieu toujours et encore nous apporte. C’est ce dont il est question dans ce passage. L’homme infidèle est jeté dehors : c’est ce qui est infidèle dans toute personne. Car Paul lui-même sait bien que : « Il n’y a point de juste, Pas même un seul. Nul n’est intelligent, Nul ne cherche Dieu; Tous sont égarés, tous sont pervertis. » (Romains 3:10-11).

Il s’agit simplement de ne pas tout confondre. Ce qui est source de chaos et ce qui est de l’ordre de l’Esprit. Si Dieu rejetait la personne à qui il arrive d’être infidèle il rejetterait alors tout le monde. Au contraire, Dieu aide, il vient au secours de tout le monde. A commencer des pécheurs, nous montre Jésus, afin de leur apporter de bons soins. Mais cela ne veut pas dire que Dieu aime le péché, ou dit que cela n’a pas d’importance, mais que Dieu, précisément, travaille à éliminer ce qui est méchant en chacun pour libérer ce qui est bon en chacun. Jamais il ne va laisser un de ses enfants tomber, même s’il l’avait bien cherché, d’une certaine façon. Dieu nous aime, et donc il nous garde.

C’est aussi ce que dit Paul dans ce passage où il parle d’être sauvé comme au travers le feu : éliminant ce qui est fragile dans la construction de notre être : le bois, le foin pour garder l’or et l’argent qui est au fond de nous aussi. (1 Corinthiens 3:15)

Cette façon de comprendre le texte biblique (et la vie) est d’une grande aide. C’est d’une grande sagesse, permettant de mieux aimer et de soigner les personnes quand nous le pouvons, au lieu de coller des étiquettes de bon ou de méchant sur le front des gens que nous rencontrons. Cela permet d’avoir une vision nuancée, cherchant ce qui peut favoriser une amélioration.

La condamnation de Michel Servet est un véritable scandale. Tout le monde est d’accord. Heureusement qu’il y a eu un homme comme Sébastien Castellion pour le dire et l’argumenter ce qui n’a pas du tout plu à Jean Calvin et à Théodore de Bèze. Mais cela veut dire que déjà au XVIe siècle il était possible d’avoir une réponse responsable et mesurée face à ceux qui nous semblent nocifs. Il faut dire que c’est clairement à cela que nous invite Jésus avec son fameux appel à aimer nos ennemis, attitude que Dieu lui-même est le premier à avoir.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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