Le Péché Originel, était-il un péché de Concupiscence ?

illustration - Rubens : Adam et Eve vons manger le fruit défendu - wikicommons

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Monsieur le Pasteur, bonjour,

Le Péché Originel, était-il un péché de Concupiscence, comme le dit l’Église Catholique et Saint Augustin?

Pouvez-vous, s’il vous plait, me conseiller un livre sur la sexualité dans le couple?

merci

Réponse d’un pasteur :

Cher monsieur

Le péché originel, c’est le fait de se prendre soi-même pour un dieu, de mettre comme priorité des priorités son petit désir de l’instant.

Le problème, ce n’est pas que Dieu serait fâché contre nous à cause de ce péché (Dieu est pardon et il nous aime d’un amour éternel, sans condition, sans chantage), mais le problème c’est qu’une vie posée ainsi est faussée : on est si centré sur soi-même, on est comme seul au monde, coupé des autres et coupé aussi de Dieu.

C’est ça le péché originel, ce n’est pas un péché qui appartient seulement à l’histoire… c’est plutôt le péché fondamental, l’erreur fondamentale qui nous est commune à tous & toutes, et qui trouble dans l’existence humaine et dans le monde qui l’entoure. De cette erreur nous sommes libérés pas à pas par Dieu. La « concupiscence » (tendance à vivre selon les désirs de son corps) est une des conséquences de ce péché, mais ce n’est pas le seul, et si le plaisir sexuel peut être fort, il y a d’autres façons que cela de se prendre pour dieu, il y a aussi, par exemple, être fou de pouvoir ou fou de l’argent, ou fou de haine contre les étrangers…

C’est sur cela que veut nous faire réfléchir l’histoire de la Genèse avec Adam, Eve, le serpent qui parle, et Dieu. Malheureusement, nous sommes ces personnages d’Adam, Eve et le serpent qui parle est une dimension de nous-même.

Comme livre sur la question de la sexualité, il y donc la Bible. Car en réalité, je pense qu’il est utile d’avoir une éthique personnelle nourrie de lecture biblique et de prière plus que de catéchismes. Mais si une lecture peut nous aider à avancer, tant mieux. Il y aurait peut-être celui d’Eric Fuchs « Le désir et la tendresse » ? C’est un livre assez calé quand même du point de vue de la philosophie. C’est un livre pour faire réfléchir, ce n’est pas un code de lois à appliquer à la lettre. Dans le protestantisme, c’est à chacun de décider avec son cœur et sa tête, en relation à Dieu, ce qu’il pense être le plus juste.

Bonne route !

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1 réponse

  1. Paul Glagla dit :

    Saint Augustin a distingué 3 sortes de concupiscences, appelées aussi libido: la libido sentiendi qui est le dérèglement des sens, comme luxure, gourmandise, la libido dominandi qui est notamment l’orgueil ou l’égoisme, et la libido sciendi qui est le désir de connaissance.
    Si péché originel il y a, c’est celui de la libido sciendi, en l’occurrence le désir de connaître le bien et le mal, ce que certains considèrent comme le désir d’égaler Dieu. Ce qui est assez nouveau et intéressant avec la notion de concupiscence/libido chez Augustin, c’est qu’il n’y a plus vraiment besoin de tentateur externe (vieille notion judaïque), mais que, de façon très moderne la libido ou concupiscence est un élément intérieur à chacun de nous. Aucune des libidos n’est d’ailleurs condamnable si elle reste mesurée, c’est seulement son excès qui empêche de chercher le vrai bonheur qui est en Dieu.

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