L’Humain perd le « paradis » par orgueil. Les animaux en subissent les conséquences, c’est injuste !

Par : pasteur Marc Pernot

Un éléphant dans un sous bois éclairé d'un rayon de lumière - Image par Sasin Tipchai de Pixabay

« Éternel ! tu sauves les humains et les bêtes ! » (Ps. 36:7)

Question d’un visiteur :

La Génèse indique que l’Homme perd le « paradis terrestre » par orgueil et démesure. D’accord, il l’a mérité. Mais quid des animaux qui, eux n’ont rien demandé ? Ils ont été embarqués avec l’Homme pour le meilleur et le plus souvent pour le pire : sacrifices, hécatombes, abattoirs, corridas, expérimentation animale etc. Ce n’est pas juste !

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Madame

Bravo pour cette pensée sensible et responsable, cette soif de ce qui est juste.

La question de la faute dans notre vie n’est pas comme quand on fait une faute dans un exercice de maths, l’examinateur retire alors quelques points au coupable. Par contre, dans la vie, quand nous faisons le mal, cela engendre du mal, de la souffrance et une diminution de la vie : pour nous qui sommes l’auteur de la faute, mais aussi pour notre entourage même s’il est innocent. Ces conséquences nocives de la faute s’étendent même parfois sur des générations. C’est effectivement injuste, parfois bien cruel. C’est bien entendu malgré la volonté de Dieu, car il ne veut jamais le mal, ni pour l’innocent, et pas plus pour le coupable en réalité comme le dit Jésus et qu’il le manifeste.

Donc, oui, les animaux, les plantes, la planète entière, ainsi que nos collègues en humanité souffrent de la faute de la personne, du peuple, de l’humanité qui fait n’importe quoi. Et tous bénéficient du bien que nous faisons même localement. Nous sommes sur la même barque. Bien plus petite et bien plus solidaire pour le bien et le mal, la vie et la mort, la santé et la maladie que nous avons pu le penser. Nous formons un seul corps. D’ailleurs l’alliance passée par Dieu avec Noé, un petit peu plus loin dans la Genèse (9:12-13) n’est pas passée seulement avec Noé et ses descendants, mais c’est une alliance entre Dieu, Noé, ses descendants, tous les êtres vivants, et même la terre entière.

Et la Parole que Dieu donne à l’humain n’est pas le sujet d’un examen de passage, encore moins d’un concours d’entrée. Cette parole est un appel à se sentir responsable, une vocation personnelle, c’est un Esprit de force, de mis en lumière des enjeux, de sensibilité avec notre entourage pour faire corps, corps vivant. Alors là, oui, cela a des chances de faire grandir la justice. Au sens de cette justice de Dieu qui cherche le bien, la vie, le développement de l’innocent comme du coupable, car chacun a sa place dans son corps et dans son amour.

Le récit du paradis et de la chute d’Adam et Eve parle ainsi de notre présent, du présent de chaque génération, de chaque jour de notre vie. Nous sommes à la fois Adam, Eve et le serpent qui parle. Comme vous le dites, c’est un appel à ne pas nous laisser trop piéger par notre orgueil et démesure, par hubris comme disent les grecs, faisant de notre propre désir de l’instant notre dieu, nous coupant ainsi de ce qui fait vivre en harmonie.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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1 réponse

  1. François Cabane dit :

    Il serait quand même urgent de rappeler que la Genèse est et ne peut être qu’un poème ; que ce poème a été écrit par un poète, à une certaine epoque; que de nombreuses autres « mains » se sont rajoutées postérieurement ; que si l’origine des principaux faits reste bien présentée, il serait …. dangereux pour le moins de prendre ce récit au pied de la lettre !

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