
Perspective : L’Église, à quoi ça sert ?
L’Église n’est pas une fin en soi, mais un outil au service de l’humain pour nourrir sa foi et sa relation avec Dieu. À travers la prière, la communauté et le service aux autres, elle aide chacun à répondre à son appel spirituel.
N°7 d’Une perspective à la foi
Église Protestante de Genève.
Un encouragement à réfléchir, discuter : par exemple dans les commentaires ci-dessous.
L’Église : un outil au service de l’humain
En fait, l’Église est faite pour servir. Elle n’est pas un but en elle-même. Il y a dans cette optique une révolution, une conversion. C’est une conséquence directe de ce que dit Jésus à propos de la religion : « Le sabbat a été fait pour l’humain, et non l’humain pour le sabbat, de sorte que le Fils de l’humain est maître même du sabbat. » (Marc 2:27-28).
Appliqué à l’Église, cela signifie que l’institution, le culte, et les réunions ont pour vocation de servir l’humain. Cet humain à servir va de la personne individuelle jusqu’à l’humanité en tant que corps. En sorte que tout fils ou fille de l’humanité est maître de sa façon de pratiquer soi-même, et est aussi maître dans sa façon de faire vivre l’Église en participant à son service.
Une école et un outil pour la foi au quotidien
L’Église est ainsi à notre service comme une salle de musculation pour notre foi, notre réflexion, notre prière, notre espérance, notre façon d’être au monde et parmi les autres. À nous d’être maîtres de cette pratique en adaptant nos activités et ses rythmes en fonction de ce qui nous correspond le mieux à chaque moment de notre vie.
L’Église est aussi un outil pour nous aider à servir nos proches et la cité. C’est précieux car c‘est bien difficile de transmettre ce qui nous anime et ce qui nous a été légué par cent mille ans d’histoire de l’humanité. Nous sommes usagers de cet outil, nous en sommes aussi maîtres en étant appelés à participer à son évolution afin qu’il serve le mieux possible.
L’étymologie : l’appel personnel de Dieu
L’étymologie du mot « église » peut nous éclairer sur le sens de son service. En grec, le mot « église » signifie « appelé » (klèsia) « hors de » (ek). C’est Dieu qui appelle de façon infiniment personnelle : chacun est appelé à sortir de ce qu’il était hier, appelé à se mettre en chemin « vers soi-même » ou « pour soi-même » comme le dit l’appel de Dieu à Abraham (Genèse 12:1). C’est Dieu qui appelle chacun, l’Église n’a donc pas à se prendre pour Dieu, ni même pour un média entre Dieu et la personne.
À quoi peut donc servir l’Église ? Modestement mais très utilement, elle sert à dire à chaque personne que Dieu l’appelle, elle sert à aider chaque personne à se réconcilier avec son Dieu. Elle nous aide à affiner notre écoute, la dégager de tant d’obstacles qui l’encombrent.
La force irremplaçable de la communauté
La dimension communautaire de l’Église participe à ce service d’une façon irremplaçable. En effet, la personne humaine est un animal spirituel, certes, mais c’est aussi un animal social. Cela se sent dans bien des activités ordinaires comme un repas, une sortie, un concert… C’est aussi le cas pour notre écoute de l’appel de Dieu. Il y a une grande force dans le fait de se rassembler pour se tourner vers Dieu et se mettre à son écoute. « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, a dit Jésus, je suis au milieu d’eux / je suis en chacun d’eux. » (Matthieu 18:20).
En lien avec cette réflexion : Comprendre les fondements de la notion d’église grâce au Petit Dictionnaire de Théologie.
En écho à ce texte :


