Une question sur laquelle je bute souvent : « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » ?

Par : pasteur Marc Pernot

roti d'agneau - Photo by Mike Tinnion on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour Marc,

Comment comprendre ces 2 versets :

  • (Jean 1.29-34) « Jean Baptiste » : « Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde… »
  • (Matthieu 26.28) « Jésus » : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour beaucoup, pour le pardon des péchés… »

Je me rappelle qu’à d’autres occasions vous expliquiez que le pardon des péchés était déjà donné. Ça ne va pas dans le sens d’une conception sacrificielle-expiatoire.

Sous-questions confuses :

  • En quoi Jésus l’Agneau (de la 10ème plaie) ôte le péché, quel est ce péché ?
  • Pour le pardon des péchés auprès de qui ?

Bien à vous.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Vous avez raison de faire le lien entre « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde  » et l’agneau de la Pâque juive. On pourrait se demander si cette référence ne fait pas allusion à Esaïe 53, mais il est plus probable qu’elle fasse référence à l’agneau dont parle le livre de l’Exode (ch. 12) puisque juste avant dans l’évangile selon Jean 1:17 il est dit « la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ ».

Cet agneau n’entre pas du tout dans la « conception sacrificielle-expiatoire », en effet, l’agneau n’est pas sacrifié pour calmer la fureur d’un Dieu justicier et vengeur.

Au contraire, l’agneau est fait pour être mangé par les hébreux afin de leur donner de la force afin de pouvoir se mettre en route vers la terre promise. Et cela nous donne dans un sens le mode d’emploi du salut en Christ, donné au début de l’évangile : il est fait pour être mangé, assimilé, pour nourrir notre propre cheminement. Le péché est donc d’abord un manque d’être, un manque de dynamisme de cheminement. C’est donc d’abord ainsi que l’agneau de Dieu ôte le péché du monde : comme un supplément d’évolution, de genèse pour notre être individuel et pour l’humanité. L’agneau de Dieu, dans ce contexte, ce n’est pas un sacrifice expiatoire, mais un méchoui auquel on invite notre voisin, surtout quand il est pauvre (Exode 12:4).

Le sang de l’agneau est fait aussi pour être joyeusement badigeonné sur les montant et le linteau de notre porte (je sais, c’est un peu gore au sens littéral, c’est pourquoi personne ne le fait, mais nous lisons cela, bien entendu, au sens spirituel), de sorte que l’Eternel passera au dessus de notre porte et la mort ne nous frappera pas mais plutôt dans la maison des égyptiens. C’est épouvantable si l’on pense que Dieu détruirait un peuple et ses enfants), mais la question est de nous débarrasser de ce que symbolise ici l’égyptien en nous, c’est à dire ce qui opprime l’enfant de Dieu qui est également en chacun, l’objectif de l’action de Dieu consiste à tuer l’angoisse, la culpabilité, l’égocentrisme, la méchanceté, l’asthénie, la colère… afin de laisser le meilleur de chacun et de l’humanité se mettre en route vers la vie que Dieu espère pour nous : la vie éternelle, une vie créatrice, féconde, pacifiée, joyeuse. C’est ainsi une 2e façon qu’a le Christ, agneau de Dieu, d’ôter le péché du monde, en nous aidant à discerner et identifier, marquer en nous le bon du mauvais, notre personnalité profonde vivante et créatrice de vie ≠ ce qui nous tire vers le bas, et de compter sur Dieu pour libérer ce qui est vivant et nous purifier de ce qui est mauvais.

Et du coup, nous n’avons plus à craindre d’avoir une porte dans notre existence, une ouverture sur le monde, car Dieu lui-même nous garde. C’est peut-être une troisième façon qu’a le Christ d’ôter le péché du monde, il nous permet d’avoir moins peur du monde et des autres. Dieu nous garde, Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Ce n’est pas de l’angélisme, comme s’il n’existait pas de mal dans le monde, et il faut bien entendu se protéger soi-même encore, comme d’ailleurs Jésus le fait aussi en esquivant les persécution un bon nombre de fois avant de finalement être acculé. Mais c’est la conviction,c’est même l’expérience que nous sommes aimés, que nous sommes dignes de vivre, d’être heureux, et d’apporter quelque chose au monde. Et cela nous permet de sortir de notre coquille, et c’est aussi une libération de notre péché. Cet amour dit le pardon de Dieu et même plus que cela, il dit son amour qui nous permet de nous élancer au risque de nous tromper. La porte est ouverte.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Voir aussi, si vous le désiriez :

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4 réponses

  1. irgvap dit :

    Bonjour cher Pasteur,
    il y a qq semaines je suis tombée sur le titre de votre blog « je cherche Dieu »
    et depuis je vous lis,
    là, je ne m’y attendais pas,
    j’ai pleuré
    vous dites si bien les choses
    c’est si juste
    merci

  2. Leila Hamrat dit :

    Merci Marc pour cette éclairante et édifiante lecture. J’espère que tu vas bien. Amitiés

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