D’un côté Dieu pardonne ? D’un autre côté il faut rendre des comptes et c’est une menace ?

Par : pasteur Marc Pernot

jeune femme sautant d'enthousiasme devant une montagne verte - Photo by Peter Conlan on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour pasteur,
Je vous écris une nouvelle fois car votre blog est une grande source d’inspiration, qui répond à de nombreuses questions.
J’aurais cependant encore quelques questions…Je ne comprends pas réellement ce à quoi on doit s’attendre de la part de Dieu. En effet, on nous dit qu’Il est amour et qu’il nous pardonne, et donc que nous pouvons avancer sereinement avec Lui, même si nous faisons des erreurs parfois. Mais d’un autre côté, j’ai souvent entendu parler de jugement, même pour les convertis. Je pense notamment au verset d’Ecclesiaste 11:9 : nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons, nous devrons rendre des comptes.
Alors, que comprendre réellement ? Comment comprendre cette notion de « rendre des comptes », alors que nous sommes censés être pardonnés ? Jusqu’où va notre liberté ? Bien sûr, je souhaite pêcher le moins possible, mais la vision d’un jugement aussi sévère peut effrayer, et donne
peut-être un sentiment d’insécurité. Cela me parait s’éloigner du « tout est permis mais tout n’est pas utile » pour entrer déjà plus dans la condamnation.
Je ne souhaite pas me méprendre sur mes interprétations de la Bible, la tordre parce que cela me permettrait de faire ce qu’il me plairait !

Très cordialement, merci pour votre travail.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

C’est vrai qu’il existe des passages de la Bible qui pourraient vouloir dire que Dieu nous menace de punition et de mort si nous faisons n’importe quoi. Ce sont ces passages que vont exploiter les prédicateurs de la peur afin de mieux tenir en main les membres de leur communauté. Hélas, les pauvres.

En tout cas, Jésus, lui, annonce que Dieu aime même ses ennemis, qu’il bénit même ceux qui le maudissent, qu’il fait du bien même à ceux qui le haïssent, et qu’il supplie ceux qui le maltraitent et qui le persécutent. (Matthieu 5:44). Et Jésus ne fait pas seulement que de l’annoncer, lui-même prie en faveur des soldats romains qui viennent de le crucifier, et qui continuent à se moquer de lui et à voler ses affaires. (Luc 23:34)

Ensuite, nul n’est obligé de suivre ce que Christ a manifesté ainsi, on peut toujours relativiser la portée de ce témoignage du Christ en partant de ces autres textes lus comme menaçants.

Personnellement, je pense que c’est l’inverse qu’il fait faire : partir du fait que le témoignage de Jésus est un « évangile », c’est à dire littéralement une bonne nouvelle pour tous et toutes, sans condition sinon ce n’est plus une bonne nouvelle mais une menace. Partir de cela comme clef d’interprétation de tous les autres passages de la Bible, et y lire l’Évangile, une bonne nouvelle pour les pécheurs que nous sommes tous. Ce n’est ainsi pas les injustes que Dieu veut faire souffrir et éliminer, heureusement car c’est de nous qu’il s’agit, mais c’est l’injustice qui est en nous que Dieu cherche à réduire et à supprimer. C’est encore un soin, un bon soin comme celui d’une maman sur son bébé bien aimé.

Ensuite c’est la vie qui se charge bien souvent de nous faire payer cash quand on fait n’importe quoi. Et parfois le malheur nous tombe dessus aussi par hasard, ou à cause de personnes méchantes. C’est pourquoi nous avons besoin en toute circonstance de l’aide de Dieu, face au malheur mais aussi pour faire de nous des artisans de paix.

Peut-on donc faire tout ce que nous voulons ? Oui et non, tout dépend de ce que l’on entend par « pouvoir faire ce que l’on veut ». La question n’est donc pas, si l’on en croit le Christ, que Dieu nous abandonnerait à la mort si nous faisions n’importe quoi. Mais la question est que certaines de nos actions font du mal, provoquent une dégradation de la vie, de la paix, du bien, pour nous et pour notre entourage. Et cela arrive contre l’espérance de Dieu, ce mal n’est pas alors sa volonté. Et il va essayer d’apporter des solutions mais ce ne sera pas facile contre nous, ou même sans nous. Tout est donc permis, comme le dit Paul, mais tout ne construit pas, et il y a même des actes et des pensées nocives qui détruisent, déconstruisent, abîment et salissent. Hélas, c’est tragique, mais si je mange des bonbons toute la journée, en plus sans me brosser les dents, il est possible qu’il y ait des conséquences, et manger sain et varié a aussi des conséquences.

Bravo de chercher l’éclairage qui vient de Dieu, comme vous le faites, éclairage qui nous est donné directement par Dieu dans notre conscience. Sans menace, mais avec espérance de la part de Dieu. Eclairage utile pour tracer librement ensuite un bon chemin de vie.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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Marc Pernot

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2 réponses

  1. D dit :

    Je me permets de reprendre une partie de votre réponse à une question précédemment posée. »En tout cas, Jésus, lui, annonce que Dieu aime même ses ennemis, qu’il bénit même ceux qui le maudissent, qu’il fait du bien même à ceux qui le haïssent, et qu’il supplie ceux qui le maltraitent et qui le persécutent. (Matthieu 5:44). Et Jésus ne fait pas seulement que de l’annoncer, lui-même prie en faveur des soldats romains qui viennent de le crucifier, et qui continuent à se moquer de lui et à voler ses affaires. (Luc 23).  »
    Cependant, Jesus a aussi dit « Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu) ou « Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d’avoir deux pieds ou deux mains et d’être jeté dans le feu éternel. Et si ton oeil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n’ayant qu’un oeil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans le feu de la géhenne. » Il y a aussi l’histoire de Lazare « Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s’écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme ».
    Il y a donc bien dans le Nouveau Testament une menace de châtiments éternels pour ceux qui ne mettraient pas en pratique la parole de Dieu. Voici donc ma première question : Comment Dieu (et Jésus ) peut il nous demander de pardonner 70×7 fois ,même nos ennemis, alors qu’ Il sera amené à prononcer un jugement irréversible, sans pardon, et qu’ « il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point. » ?
    Jesus affirme ensuite : »Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. »… Selon le Christ, il faut être né d’eau et d’esprit, le reconnaitre comme  » messie de Dieu » ( ou comme Dieu lui même selon Jean 14: « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.
    Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe! » ) , mettre la Parole de Dieu en pratique et s’efforcer de réaliser de bonnes oeuvres, se détacher du monde et de la chair (Jean 6:63) pour ne pas brûler « dans la Géhenne » tout en sachant qu’ « étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. »… Voilà donc ma 2eme question : s’il est difficile d’accéder au Royaume et que trés peu y arriveront, Dieu a t-il fait la plupart des hommes pour les envoyer en enfer ?
    Je vous remercie de prendre le temps de me donner votre avis et que Dieu vous bénisse.

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour,

      Je ne pense pas, non.

      Car dans le passage que vous citez, celui du jugement des nations, il suffit d’avoir une fois donné un verre d’eau à un petit pour être parmi les justes, et il suffit d’avoir négligé une fois de donner un verre d’eau à un seul petit pour être parme les réprouvés. Toute personne est à la fois juste et pécheur, digne de l’accueil et digne d’être repoussé. Il est donc clair que ce jugement traverse toute personne. C’est une conception du jugement qui effectivement revient à de l’amour, gardant le meilleur de chacune et chacun.

      De plus, cette conception du jugement où Dieu garderait les justes et enverrait à la mort les pécheurs ne correspond pas à l’attitude de Jésus tout au long de son ministère, y compris sur la croix en faveur des soldats romains qui viennent de le crucifier et continuent en se moquand de lui et en volant ses affaires. Il manifeste effectivement, par sa prière « Père pardonne leur car ils ne savent ce qu’ils font » que Jésus ne s’arrête pas aux actes mauvais pour voir la personne qui est derrière et qui est digne de faire infiniment mieux que ce qu’elle a fait.

      Si vous le désirez, vous pouvez voir:

      Dieu vous bénit et vous accompagne.

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