Après 12 ans de mariage et 3 enfants, mon mari part en me laissant enceinte, j’ai choisi d’avorter et je culpabilise.

aquarelle représentant une mouette au dessus d'une vague - Image par Martina Bulková de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Mariée depuis 12 ans avec 3 enfants, je croyais que tout allait bien dans mon foyer; n’ ayant pas de travail je m’ occupe des enfants, mon mari a un bon poste; je ne suis pas parfaite mais je me suis donnée à 100 % pour mon foyer. Je suis tombée enceinte et j’en étais heureuse, quelques semaines après, mon mari m’annonce qu’il n’éprouve plus rien pour moi et il a joint les paroles à l’acte ; je n’ai jamais subi autant de méchanceté morale j’étais anéantie et perdue jai vu ma vie basculer en quelques semaines jai perdu 10kg, je n’avais même pas la force de me nourrir alors j’ai décidé de me faire avorter car je me demandais comment je ferai avec les enfants, qu il fallait que je me mette sérieusement a la recherche du travail ; jai demandé pardon a mon bb , mais je ne me sens pas bien, je dois maintenant vivre 2 émotions celui de a culpabilisé d’avoir été égoïste et faible, et ce que je vis dans mon mariage.

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Je suis choqué par ce que votre mari et père de vos enfants a fait. Dire « je n’éprouve plus rien » vis à vis de sa femme et de la mère de ses enfants : qu’est-ce que cela veut dire ? Comment ne peut-on rien éprouver vis à vis d’une personne avec qui on a vécu toutes ces années, ces naissances, cette vie de famille, ce partage de responsabilité avec vous vis à vis de vos enfants ? Cela me semble un vague prétexte, une excuse facile. Car si je comprends bien, la vie était sans doute pas parfaite dans votre famille (elle ne peut jamais être parfaite, évidemment), mais elle était raisonnablement satisfaisante et donc rendait possible pour lui de trouver son épanouissement avec vous, dans ce beau projet de famille, d’accompagner des petits humains vers l’âge adulte, et de faire cela à deux, en couple. Torpiller ce beau projet pour chercher quoi ? Je suppose que c’est pour aller faire la cour à une nouvelle femme, peut être lui faire encore quelques enfants, et encore l’abandonner pour une autre dès qu’il sera lassé ? Je ne trouve pas cela génial comme façon de vivre, plutôt puéril. Mais que peut-on faire ? Chacun vit sa vie.

Vous avez dû faire face à un véritable tempête de difficultés, à la fois émotionnelle, humaine et aussi matérielle. Cela a dû être terrible. Toute ma compassion.

Dans ces circonstances, vous avez choisi de ne pas poursuivre ce projet de 4e enfant. Vous me demandez mon avis, franchement, je pense que vous avez bien fait dans ces circonstances. Vous n’avez manifestement pas fait cela à la légère, mais pour la survie de la mère de trois enfants, pour les soins et l’attention suffisante que vous pourrez ainsi leur porter. Ces faits pèsent très très lourd en faveur de la difficile décision que vous avez prise. Certes, l’avortement n’est jamais une bonne solution, mais c’est parfois la moins pire. Vous étiez dans une situation tragique où les deux solutions possibles (garder ce 4e enfant ou non) comportaient toutes les deux une part de mort, de deuil, de souffrances, de détresse. Ce n’est pas vous qui vous êtes mis dans cette situation tragique, dans ce choix terrible à faire entre deux chemins tous les deux difficiles. Vous avez choisi au mieux, dans ces circonstances. Personne n’a le droit de vous juger.

Votre repentance et vos remords vous honorent grandement. Cela montre que vous êtes une bonne personne. Cependant j’aimerais que maintenant vous vous sentiez pleinement pardonnée par Dieu. Que vous guérissiez de votre culpabilité, que vous sentiez que Dieu comprend votre choix, qu’il est plein de compassion pour vous qui avez dû faire un choix difficile, afin de préparer un avenir à vos trois enfants et à vous, sa fille bien aimée déjà si lourdement chargée et n’ayant pas mérité d’avoir cette charge supplémentaire. Je ne dirais pas que vous avez été égoïste et faible. On a le devoir de se sauvegarder soi-même et de faire selon ses forces et ses faiblesses. Chacune et chacun d’entre nous. Dieu nous recommande comme à Gédéon « Va avec la force que tu as ! », et effectivement : nos forces sont limitées. Personne ne peut nous demander d’avancer au delà des forces que nous avons. Car alors nous nous écroulerions et personne ne serait avancé. Dieu ne nous le demande pas, bien sûr, il nous connaît et il comprend. Il nous donne des forces, mais cela ne va pas jusqu’à une force infinie et il arrive des situations où trop c’est trop. Même Jésus, parfois, sentait qu’il atteignait la limite de ses forces et il renvoyait alors la foule avide de son enseignement et de son aide, et Jésus restait seul le temps de reprendre ses forces, effectivement avec l’aide de Dieu. Vous êtes dans ce temps-là. Ce temps pour recevoir le pardon de Dieu, pour recevoir son amour par lequel il chemine avec vous sur celui du pardon, afin de vous pardonner à vous-même. Dieu est infiniment moins sévère pour vous que nous ne l’êtes en ce moment pour vous : comme le dit Jean : « si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur » (1 Jean 3:20), et Dieu est amour, amour pour nous d’un amour parfait.

Vient le temps, ou au moins, le temps vient bientôt de regarder non pas en arrière mais en avant : le temps ouvert où vous reprenez des forces dans votre corps et dans votre âme un peu de paix. Que vous avanciez dans votre situation compliquée, même si c’est modeste matériellement, que cela soit stable, tranquille, pacifiant et vous libère ainsi l’esprit pour aimer et soigner vos deux enfants et être bien ensemble. J’espère que leur père sera au moins respectueux et responsable, participant financièrement, et qu’il ne dira aux enfants que du bien de leur mère, comme vous ne leur direz que du bien de leur père.

En tout cas, ayez pleine et entière confiance dans l’amour de Dieu pour vous, il vous bénit et vous accompagne…

par : pasteur Marc Pernot

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1 réponse

  1. GERARD dit :

    Madame,
    Je compatis à votre peine en ce que vous avez traversé. Malheureusement, ce n’est pas nouveau que l être humain se tourne vers son propre égo. Une amie a traversé elle aussi une très désagréable situation. Son mari gagnant très confortablement sa vie, elle a décidé d apporter les soins d éducation de des 2 enfants, l entretien de la maison, embellir la maison car elle a des mains créatrices. Bref, ce qui lui a semblé utile, sensé de faire pour un équilibre normal du foyer.
    Ensuite, son mari l a abandonné pour une femme , évidemment plus jeune, je me permets de dire entre autres pour le bon plaisir de la chair. Il ne faut pas se leurrer. Dans certains cas, certains partent pour du meilleur. Ensuite, de par sa fonction importante, il a réussi à garder envers lui les 2 enfants, lui empêchant d avoir même le droit de garde et de visite. Il a même conditionné moralement les enfants pour que ces derniers ne revoient pas leur maman. Et ça fait maintenant bien des années que ça dure.
    Au lieu de regarder le bien commun du foyer, l épanouissement, la complémentarité, quand le couple fonctionne évidemment sans violence, certains éprouvent qu ils n’ont jamais assez de bonheur. Ç est toujours la quête de rechercher plus. Hélas.
    J’ai appris depuis, que ce monsieur a fait une grosse dépression avec des problèmes professionnels importants. Tout ça, ç est bien dommage.
    Courage Madame.

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