Ayant des connaissances dans le droit, je ne comprends pas le sens de la croix.

croix sur un sommet

Sauvé par le Christ, est-ce une question juridique ?

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour pasteur et merci beaucoup pour votre site, du soutien à toutes les interrogations des internautes.
J ai 62 ans et je ne comprends toujours pas parfaitement le sens du pardon de Jésus sur la croix, ou du moins je ne comprends pas tout.
Je comprends par les paroles de Jésus, qu’il n’a pas fait opposition lors de son arrestation et qu’il est mort pour nous sauver, nous pardonnant tous nos péchés.
Pour autant , ayant des connaissances dans le droit, je ne comprends pas un point. En effet, pourquoi lors du dernier souffle de Jésus sur la croix, puisque tous les êtres humains vivants lors de la crucifixion , tous les habitants de la terre, ne sont t ils pas retournés directement vers le paradis, méchants comme bons, puisque tout a été pardonné.
Si j’avais mon enfant qui se présente à la porte de ma maison, lui parlant et lui indiquant mon pardon pour ses fautes, je ne me vois pas lui dire tu n’as pas le droit de rentrer dans ma maison avec moi. Puisqu’il y a pardon , c’est que l on regarde son enfant de façon bienveillante, et qu’il ne nous doit rien , puisque l on pardonne.
Au tribunal, si le président détermine un acquittement, c’est que le prévenu n est plus accusé et qu’il ne doit plus rien.
Mais sans doute que l on ne peut comparer de ma façon.
Merci pour votre réponse.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bravo de vous poser des questions, c’est comme cela que l’on avance. Vous pouvez vous poser toute question, avoir vos propres convictions, votre propre pensée sur Dieu, sur le Christ, sur le salut. L’essentiel est la confiance en Dieu que nous avons par Jésus-Christ, confiance que Dieu nous aime et nous bénit, même si nous nous égarons, il ne nous abandonnera pas pour autant mais nous accompagnera pour nous éclairer, nous rechercher, nous trouver.
Votre raisonnement est parfait. Le problème est à mon avis dans les prémisses. Le fond de la question, en ce qui concerne notre salut n’est pas la question que nous soyons pardonnés par Dieu. Cela n’a jamais été le problème, car Dieu est amour, et que quand on aime une personne, par exemple son enfant, on ne lui garde pas rancune, et notre amour va à la personne elle-même, au delà de ses actes, fussent-ils problématiques, voire monstrueux. C’est ce que manifeste Jésus sur la croix en priant pour les soldats romains qui viennent de le crucifier et continuent à se moquer de lui, Jésus n’a même pas besoin de leur pardonner, il est au-delà de cela, il travaille, encore, comme il peut, pour les aider à avancer en priant à voix haute « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Luc 23:34). Jésus ne confond pas les actes (impossible à justifier, ni à acquitter), avec son auteur (qui était et reste aimé).
La question n’a jamais été de l’ordre du juridique. La question, c’est qu’un acte méchant reste méchant, l’auteur est aimé et reste aimé.
  • La question à propos des actes est qu’un acte mauvais a produit de la souffrance et de la mort, à engendré du chaos, a brisé ou pollué des relations, des associations, a oublié des compassions salutaires, n’a pas béni, créé. Avec Dieu, la question n’est pas celle de la compensation, ni de la punition, ni de l’effacement de l’ardoise. La question est celle de la réparation, autant que faire se peut, car même pour Dieu, le vase brisé ne peut pas toujours être recollé, le temps ne peut pas couler à l’envers. Mais même du mal Dieu cherche à faire sortir du bien. Par exemple de l’exécution de Jésus, scandaleuse, injuste de la part de l’humanité, Dieu a sorti un plus grand bien, cette attitude de Jésus prêt à aller jusqu’au bout est devenu le signe de l’amour de Dieu pour nous et pour ce monde, et les disciples sont passés du désespoir, de l’apathie, à l’enthousiasme pour l’Évangile et l’annoncer.
  • La question à propos du mal commis est que son auteur a manifestement un problème et que Dieu ne peut pas laisser un de ses enfants être ainsi malade sans s’en préoccuper. C’est comme un médecin, quand une personne est malade, il n’a pas à lui « pardonner » d’être malade, plus la personne est malade, plus le médecin va s’activer. De même pour Dieu.
L’idée que nous serions sauvé parce que Jésus aurait payé le prix de notre faute à notre place est une idée assez étrange. Ce serait donc pour convertir Dieu qu’il serait mort ? Pour que Dieu puisse sortir de cette notion comptable ? Mais c’est une théologie épouvantable, moins libre, moins aimant qu’un père ou une mère humain à peu près normaux ! De plus, cette théorie est épouvantable sur le plan éthique, comme si torturer un innocent à la place du coupable pouvait satisfaire la justice du tribunal. L’effet serait catastrophiques, aucun effort de réhabilitation ou de soin des coupables, l’innocent frappé, la souffrance et la peine présentées comme ayant une valeur en soi…

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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1 réponse

  1. Gérard dit :

    De par votre réponse , vous m’avez bien éclairé. J apprécie beaucoup le sens de ce que vous avez voulu développer. Ç est rempli d amour.
    Pour moi Dieu est amour. Mais quand on lit l ancien testament, la genèse, quelques propos de Dieu le Père peuvent paraître très durs envers les pêcheurs que nous sommes. Puis dans la religion catholique, j’ai entendu que Jésus est venu mourir sur la croix pour anéantir la colère de son Père envers les hommes.
    Tout ça ç est dur à entendre et comprendre. D un côté on peut penser qu on a un Père très sévère et en colère envers les hommes, utilisant son fils Jésus pour nous pardonner. Et pour certains ç est un scandale, ce sens de la croix.
    Personnellement, je retiens beaucoup plus l amour qu a donné Jésus du temps de sa vie terrestre. Je veux bien comprendre que son amour a été jusqu’à ne pas s opposer au déroulement de sa mort, pour témoigner que l amour est plus fort que tout , plutôt que la vengeance, la rancune et les violences.
    Votre explication me satisfait pleinement comme les différentes réponses aux internautes de votre site. Vous répondez toujours dans un esprit d amour, en utilisant les notions de pardon, d humilité, de charité, entre autres.
    Et ç est ce Dieu là que je désire aimer.
    D où l importance de lire la Bible et l interpréter avec justesse en gardant à l’esprit que Dieu est avant tout amour et ne désire pas tromper les hommes par ses paroles.
    Merci beaucoup encore, et que Dieu vous bénisse.

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