La « communion » donne-t-elle des grâces, selon la théologie Protestante ?

La Cène, par Léonard de Vinci.Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour
Je suis Catholique et je m’intéresse à la sainte Cène selon l’Église Protestante. Pourriez-vous m’expliquer ce qu’est la « présence dynamique » de Christ lors de la sainte Cène ? La « communion » donne t’elle selon la théologie Protestante « des » grâces ? Et qu’en est-il des dispositions intérieures que doit avoir le communiant ?

Merci !

Je vous salut fraternellement en notre Seigneur Jésus.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour, et bravo de vous intéresser à la théologie et de chercher à vous donner les moyens d’avancer.

Merci de vous intéresser à la façon dont d’autres personnes vivent leur foi, cela est sympa et tisse des liens.
A mon avis nous sommes, catholiques et protestants bien plus en communion qu’on le pense parfois. Ce qui n’est pas très étonnant puisque nous avons en comme Jésus-Christ (excusez moi du « peu ») !

Est-ce que la « communion » donne « des grâces » (selon la théologie protestante) ?

D’abord, et heureusement, il n’y a pas une « théologie protestante » officielle et obligatoire. Chaque fidèle a le droit d’avoir sa propre façon de voir les choses. Ce qui nous rassemble est la personne de Jésus Christ, qui n’a pas écrit de traité de doctrines ni de morale. Il nous invite à une qualité de relation avec Dieu, avec notre prochain et avec nous-même. Dans la sincérité et la bienveillance active. Il y a donc bien des façons de considérer la communion selon telle ou telle branche du protestantisme. Et aussi entre les fidèles d’une même paroisse. Cela fait partie de la richesse de l’humain de comporter une multitude de sensibilités.

Il y a quand même une chose essentielle dans la théologie protestante c’est que la grâce de Dieu est totale et sans autre cause que ce qu’est Dieu lui-même. Que rien ne peut ni ajouter ni retrancher à son amour pour chaque individu, comme s’il était l’unique.

Donc nous pensons effectivement que les sacrements ne sont pas la cause de la grâce de Dieu, qu’ils ne l’augmentent pas, et qu’une personen qui ne serait pas baptisée et qui n’aurait jamais communié ne serait pas moins aimée de Dieu pour autant. Quand on aime, on aime.

Les sacrements, précisément, signifient cette grâce de Dieu. L’eau versée sur la tête d’un personne signifie cette grâce de Dieu ruisselant sur elle, sur sa vie présente et sa vie future. le pain et le vin offert sont in signe de la grâce de Dieu, comme Jésus a offert de sa propre main, de sa main propre (aussi), au traître Judas. Signifiant bien que la grâce de Dieu est pour chacune et chacun.

Ensuite, c’est vrai que pour bien des personnes, l’expérience de ce geste qu’est la Cène permet d’avancer sur le chemin de la foi. Cela peut être un moment fort spirituellement. Un moment de communion avec Dieu impliquant non seulement notre cerveau mais aussi notre corps. Et cela aussi compte et est signifiant. Car l’amour de Dieu est aussi sur notre corps et notre vie présente, pas seulement sur notre personnalité et notre vie spirituelle.

Même si nous savons intellectuellement que Dieu nous aime, c’est fort aussi de recevoir d’une communauté de chrétiens ce geste concret, bien réel, qui nous est donné à nous individuellement cette grâce de Dieu sur nous en particulier. Que nous ayons ou non la foi, des doutes, des erreurs. C’est ce que manifestent les sacrements, le baptême et la Cène pour nous.

Il est vrai que cela peut produire de belles choses dans le cœur, dans la foi de personnes, dans leur vie.

Donc oui, je dirais que souvent les sacrements sont efficaces. Non pour convaincre Dieu mais efficaces pour nous aider à avancer, à faire plus de place en nous à l’amour puissant de Dieu.

C’est ainsi que, je pense, on peut parler de présence dynamique du Christ dans ces gestes, ils actualisent l’amour de Dieu manifesté en Christ, spécialement pour une personne. Et oui, c’est vrai que pour bien des personnes cela fait une différence. C’est un fait d’expérience. Le sacrement est fait pour nous aider à avoir de meilleures dispositions intérieures pour recevoir Dieu. C’est pourquoi même le pécheur est digne de recevoir le sacrement, comme Jésus le montre pour Judas. Car plus on est pécheur et plus on a besoin de l’aide de Dieu.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Voir aussi :

 

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *