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Bible

Qu’est-ce qu’un croyant ? Comprendre la différence entre foi et simple croyance

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Question posée au pasteur

Bonjour Pasteur,

Je voudrais avant tout vous remercier pour toutes ces réponses qui font réfléchir, merci pour votre dévouement. Ma question du jour est assez courte : qu’est-ce qu’un croyant ? Car je crois que, malheureusement, il y a beaucoup de chrétiens mais peu de croyants, peu de fidèles. C’est compliqué car on ne peut pas mesurer cela avec justesse, savoir si l’on va à l’église ou si l’on lit la Bible tous les jours. Qu’est-ce qu’un croyant ? Pouvez-vous m’éclairer ?

Cordialement

Réponse du pasteur Marc Pernot

Bonsoir,

Excellente question, car il y a effectivement une ambiguïté très regrettable derrière la notion de « croyant ».

Par exemple, quand on lit dans l’Évangile « quiconque croit en lui a la vie éternelle » (Jean 3:15-16 ou Jean 14:1), on peut penser qu’il s’agit d’une simple croyance en Dieu ou en Jésus comme Christ. Mais non, car le verbe « croire » ici est le verbe pisteuo en grec, le verbe de la foi, de la confiance, le verbe qui exprime une relation tenue.

Ce qui est traduit par « le croyant » dans les lettres de Paul est également un dérivé du mot foi, et non d’une croyance ou d’une doctrine dont on serait convaincu (par exemple : « Ceux qui croient sont bénis avec Abraham le croyant », Galates 3:9).

  • Cela vaut d’ailleurs mieux, car toute connaissance sur Dieu, toute théorie sur la nature du Christ est relative et schématique. Il serait dangereux de chercher à imposer un savoir sur ces réalités qui nous dépassent. Le doute et l’évolution de nos convictions sont le signe d’une foi vivante.
  • La foi est une recherche, un attachement vivant qui évolue en fonction du temps et de ce que nous vivons, connaissant ses hauts et ses bas comme toute relation.

L’ambiguïté est maintenue quand on parle de « confession de foi » ou de « credo » pour désigner un catalogue de croyances. On devrait plutôt parler de « convictions » ou d' »affirmations ». La foi est une relation : elle se manifeste par une pensée, un soupir ou une prière, même lorsqu’elle exprime un doute, comme Jésus sur la croix s’écriant : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » C’est là une immense marque de foi, car la relation est maintenue alors même que la croyance vacille.

L’importance de nourrir sa foi

Cela dit, il est utile d’affiner ce en quoi l’on croit. Si l’on s’attache à un Dieu terrible qui éprouve par des catastrophes, cela influera sur notre façon d’être avec les autres. Mieux vaut pouvoir dire comme Paul : « Je sais en qui j’ai cru » (2 Timothée 1:12). C’est là que la lecture de la Bible, les prédications et les formations bibliques prennent tout leur sens, chacun à son rythme.

Pour ce qui est de l’écart entre « croyant » et « chrétien », la situation a bien changé. Aujourd’hui, aller à l’église relève le plus souvent d’une conviction sincère et d’une vraie recherche personnelle, libérée du qu’en-dira-t-on d’autrefois.

Pour réduire l’écart entre l’objet de notre foi et nos actes, trois pistes peuvent nous aider :

  1. Un exercice régulier de connaissance de soi et d’observation de nos actes.
  2. Une réflexion théologique pour affiner notre vision de Dieu.
  3. Une prière personnelle pour mettre en regard ce que nous sommes et ce Dieu auquel nous nous attachons.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

Par : pasteur Marc Pernot

Réponse du visiteur

Pasteur,

Merci pour votre réponse fort intéressante qui m’éclaire beaucoup. Justement, le verbe pisteuo est également utilisé dans Jacques 2:19 : « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils tremblent. » Comment doit-on le comprendre ?

Cordialement

Seconde réponse du pasteur Marc Pernot

Bonjour,

À mon avis, c’est une façon pour Jacques de nous appeler à une foi qui produise des fruits de solidarité et de service très concrets, et non pas seulement une foi éthérée.

Jean exprime la même idée : « Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur » (1 Jean 4:20). Ce n’est pas une question de croyance abstraite, puisque Jésus a loué la foi d’un centurion romain qui adorait par ailleurs l’empereur.

Belle journée !

Par : pasteur Marc Pernot

Pour approfondir : Retrouvez l’éclairage théologique sur ce que signifie croyant – fidèle au sein du Petit Dictionnaire de Théologie.

À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Confession de foi (ou Symbole), voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.

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13 Commentaires

  1. Marie dit :

    Marc vous savez combien je vous apprécie, mais là, je ne suis pas d’accord avec vous ! SI vous priez soyez logique ! Vous êtes croyant ! Vous ne savez peut pas qui vous priez exactement ? Mais vous êtes croyant ! Un non croyant ne prie pas ou alors c’est qu’il se ment à lui même ! Non désolée… Je n’adhère pas du tout à vos propos… Il faut croire que l’on ne peut pas être d’accord tout le temps ?😶

    1. Marc Pernot dit :

      Heureusement qu’on a le droit de ne pas être d’accord. Manquerait plus que ça.
      🙂
      Se poser calmement, méditer sur ce que nous pensons qui rend ou rendrait la vie élevée, belle et bonne. Placer sa vie, son être et le monde, ceux que l’on aime, face à « ça ». Ce geste est déjà de la prière, selon moi, alors que la personne pense peut-être que c’est « seulement » un exercice spirituel, qu’elle affirme ne pas « croire » en Dieu. Mais oui, personnellement, je suis d’accord avec vous, je pense que cette personne est « croyante ». Mais comment lui dire cette communion avec assez de délicatesse pour qu’elle ne prenne pas cela pour de la récupération ? En tout cas, je ne lui dirais pas qu’il se ment à lui-même en faisant cette méditation intérieure qu’il pense comme seul avec soi-même.

  2. T dit :

    La pratique ce n’est pas que le culte public, bien sûr. La pratique essentielle de sa foi est intérieure, en privé. C’est penser à Dieu, prier, nourrir sa réflexion, discerner sa propre vocation, l’exercer comme on peut. La « pratique » est ainsi quelque chose de profondément intime. C’est ce qu’enseigne Jésus dans son enseignement de Matthieu 6. C’est aussi ce qu’il enseigne quand il dit que l’essentiel est d’aimer Dieu et d’aimer son prochain comme soi-même. Aimer est une relation de qualité, que serait un amour qui ne pense jamais à l’autre, qui n’appelle jamais l’autre qui pourtant est là, tout proche, qui ne pense jamais à l’autre ? Qui ne cherche pas à mieux connaître l’autre et de le respecter comme une énigme que l’on ne possède pas ?
    La pratique collective en église est autre chose, comme le dit encore Jésus « le shabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le shabbat ». Ce que l’on pourrait traduire : l’acte religieux est « pour l’humain », ce que je comprends : pour son développement. La pratique extérieure de la religion est comme une salle de musculation est pour la santé, la pratique collective du culte et de formations est un exercice pour entraîner notre personne, notre foi, notre réflexion. C’est donc une pratique seconde, et qui doit rester seconde par rapport à la pratique personnelle, intime, cœur à cœur et tête à tête avec Dieu. Il est possible de se ressourcer ainsi de bien des façons. Le culte en église est une de ces possibilités,

    1. Marc Pernot dit :

      La pratique ce n’est pas que le culte public, bien sûr. La pratique essentielle de sa foi est intérieure, en privé. C’est penser à Dieu, prier, nourrir sa réflexion, discerner sa propre vocation, l’exercer comme on peut. La « pratique » est ainsi quelque chose de profondément intime. C’est ce qu’enseigne Jésus dans son enseignement de Matthieu 6. C’est aussi ce qu’il enseigne quand il dit que l’essentiel est d’aimer Dieu et d’aimer son prochain comme soi-même. Aimer est une relation de qualité, que serait un amour qui ne pense jamais à l’autre, qui n’appelle jamais l’autre qui pourtant est là, tout proche, qui ne pense jamais à l’autre ? Qui ne cherche pas à mieux connaître l’autre et de le respecter comme une énigme que l’on ne possède pas ?
      La pratique collective en église est autre chose, comme le dit encore Jésus « le shabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le shabbat ». Ce que l’on pourrait traduire : l’acte religieux est « pour l’humain », ce que je comprends : pour son développement. La pratique extérieure de la religion est comme une salle de musculation est pour la santé, la pratique collective du culte et de formations est un exercice pour entraîner notre personne, notre foi, notre réflexion. C’est donc une pratique seconde, et qui doit rester seconde par rapport à la pratique personnelle, intime, cœur à cœur et tête à tête avec Dieu. Il est possible de se ressourcer ainsi de bien des façons. Le culte en église est une de ces possibilités, et n’est pas, en théorie, une consommation mais un exercice.

      1. Pascale dit :

        On pourrait peut-être même dire que la « pratique », c’est tout simplement mettre en pratique sa foi, c’est-à-dire que la foi ait une implication concrète dans sa vie, dans sa façon de vivre. Si quelqu’un accomplit des actes en étant motivé par sa foi, voire sa croyance, il y a là aussi une pratique religieuse, certes réduite à sa plus simple expression, mais cependant bien réelle.

        1. Marc Pernot dit :

          Exactement !

          1. Il y a la « pratique » visant à exercer et à nourrir sa foi.
          2. Et il y a la « pratique » qui est le fruit d’une foi vivante, en aval.

          L’une ne dispense à mon avis pas de l’autre, ces deux « pratiques » se corrigent et s’interpellent, se complètent.

  3. Biduline dit :

    heu… Pratiquant non croyant ? lol ! excusez moi ça m’a échappé ! ce que vous dites en gros c’est faire du vélo même si on sait pas faire de vélo ? arf !

    1. Marc Pernot dit :
      • On peut lire l’Odyssée sans croire que Zeus existe.
      • On peut lire et étudier la Bible et en tirer grand profit même si on ne pense pas qu’une personne gouverne depuis les cieux.
      • On peut même faire de la théologie, chercher quelle est notre notion du bien ultime, chercher qu’est-ce qui, pour nous, fait que la vie humaine dépasse la simple survie.
      • On peut « prier » en se plaçant soi même et sa vie face à ce qu’esquisse notre théologie.
      • On peut aller au culte pour nourrir cette réflexion, pour prendre avec quelques autres un temps de recul ou de hauteur sur son existence quotidienne.

      Donc oui, on peut être pratiquant non croyant et y trouver grand intérêt,bénéfice, et ces personnes ont toute leur place dans nos églises.

      Et chemin faisant, il se trouve que la personne fasse l’expérience que « quelque chose » existe qui nous dépasse et nous rejoint, ce sera une bonne surprise.

      1. Sophie dit :

        Oh que oui ! On trouve pléthore de choses sur les “croyants non pratiquants”, mais presque rien sur les “pratiquants non croyants”, et pourtant je pense qu’ils sont bien plus nombreux qu’on ne le pense, avec des profils très différents : personnes dont la foi s’est “usée” mais qui continuent de venir au culte par habitude ; personnes qui fréquentent les églises par habitus social ; personnes attirées par l’aspect communautaire, ou par la réflexion théologique, ou encore par d’autres choses, bien qu’iels doutent de l’existence de Dieu (voire de la pertinence même de cette notion). Je ne sais pas s’il existe des travaux de sociologues et/ou de théologiens sur ces personnes, mais je serais fort curieuse de les lire si c’était le cas…

        1. Marc Pernot dit :

          Ce que je trouve beau et intelligent parmi ces « pratiquants non croyants », ce sont ceux qui ont une vraie démarche sincère, profonde, intelligente, solidaire.
          Connaissant un peu nos églises, rencontrant bien des personnes en recherche (dans les paroisses et sur internet), je dirais effectivement qu’ils sont bien plus nombreux qu’on le pense. Car personne n’est à l’abri d’une personne donneuse de leçon (cela existe aussi dans les églises, bien sûr, alors que le respect de l’autre devrait régner). C’est que la Bible et la théologie chrétienne, branche de la philosophie, sont passionnantes et nourrissantes. Que les cultes et autres groupes de formation offrent des exercices souvent bien efficaces pour avancer…

  4. ANDIRAN NATHAN dit :

    Les pharisiens allaient au Temple chaque jour ? Anne et Siméon aussi ?
    Je pense qu’on doit se demander pourquoi on s’y rend ? En quoi la parole entendue influence ma manière de considérer Dieu et les autres.
    Une parole qui me rappelle que l’homme ne se nourrit pas seulement de pain. Dans un monde qui n’a que d’autre but que la possession de biens matériels {morts] ,de biens dits « utiles », je crois important de dire stop à ce type de vécu. Je ne me considère pas comme un « homo productus » qui perd sa dimension spirituelle. Une relation avec Dieu est nécessaire et doit s’entretenir par des réflexions, des actes …. En ce moment, j’ai eu le plaisir de rencontrer Yvan Illich, un être exceptionnel, tant par son intelligence et sa piété. C’est aussi cela, on apprend chaque jour et on peut évoluer dans sa foi.

  5. Cédric dit :

    Et là inévitable, je pense au début d’Esaie ou d’Osée voire à la parabole des brebis et des bouc et je me dit que la pratique religieuse est en réalité secondaire.

    1. Marc Pernot dit :

      Il y a aussi 1 Corinthiens 13 qui dit ça, d’une bien belle façon.

      Quand je parlerais en langues,
      celle des hommes et celle des anges,
      s’il me manque l’amour,
      je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante.

      Quand j’aurais le don de prophétie,
      la science de tous les mystères et de toute la connaissance,
      quand j’aurais la foi la plus totale,
      celle qui transporte les montagnes, s’il me manque l’amour,
      je ne suis rien.

      Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés,
      quand je livrerais mon corps aux flammes,
      s’il me manque l’amour,
      je n’y gagne rien.

      L’amour prend patience, l’amour rend service,
      il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil,
      il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt,
      il ne s’irrite pas, il n’entretient pas de rancune,
      il ne se réjouit pas de l’injustice,
      mais il trouve sa joie dans la vérité.
      Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.

      L’amour ne disparaît jamais.
      Les prophéties ? Elles seront abolies.
      Les langues ? Elles prendront fin.
      La connaissance ? Elle sera abolie.
      Car notre connaissance est limitée, et limitée notre prophétie.
      Mais quand viendra la perfection, ce qui est limité sera aboli.
      Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant,
      je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant.
      Devenu homme, j’ai mis fin à ce qui était propre à l’enfant.

      A présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse,
      mais alors, ce sera face à face.
      A présent, ma connaissance est limitée,
      alors, je connaîtrai comme je suis connu.

      Maintenant donc ces trois-là demeurent,
      la foi, l’espérance et l’amour,
      mais l’amour est le plus grand.
      Recherchez l’amour.
      (édition TOB)

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