je suis tombée sur ce verset où Jésus dit d’aimer le Christ plus que ceux qui nous sont chers. J’ai peur que Dieu ne nous sépare avec mon copain athée.

Par : pasteur Marc Pernot

Une jeune femme et sa mère alongées dans l'herbe tête à tête - Photo by Bence Halmosi on https://unsplash.com/photos/0eErMhzFgvE

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis chrétienne depuis quelques temps mais quand je lis certaines versets je ne comprends pas tout. La Bible n’est pas facile à lire parfois et je ne suis pas la seule à le penser mais j’aimerais mieux comprendre.

Il y a pas longtemps je suis tombée sur ce verset Matthieu 10:37 qui dit « celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; »

Suite à ce verset j’ai vu plusieurs personne dire « ah c’est pour ça », si nous aimons quelqu’un que ce soit nos parents ou même notre compagnons très fort, est ce que Dieu voudra nous séparer de lui ou elle ?

Dieu est amour et paix et il veut que notre bien, mais je suis perdue sur ce verset.

J’ai un grand cœur mais comment est ce qu’on sait que nous aimons Dieu/Jésus plus que les autres ? Parfois je ressens tellement de choses comme je peux ne pas sentir grand chose.

Parfois j’ai peur aussi que Dieu soit contre ma relation avec mon copain car il est athée. On en a déjà parlé plusieurs de l’existence de Jésus et lui penses qu’il y a quelque chose mais ne sait pas vraiment si c’est Dieu. Moi je lui ai dit que pour moi Jésus était la vérité et il respecte totalement mes croyances et ma religion.

Merci de votre bienveillance.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Encore désolé pour le délai de réponse, c’est ici la rentrée de l’église, en particulier pour les groupes de jeunesse, et plein d’autres choses sur la paroisse, et cela m’a pris beaucoup beaucoup de temps (joyeusement, mais au détriment d’autres choses).

Bravo de lire la Bible. Vous avez bien raison de vous pencher sur les textes difficiles aussi, pas seulement sur les textes les plus faciles et les plus sympas. Même si, effectivement, les paroles et les gestes de Jésus sont par définition « l’Évangile », c’est à dire la meilleure de toutes les bonnes nouvelles pour nous. L’essentiel est bien ce qui est de l’odre des paroles de foi, d’espérance et d’amour de Dieu pour nous. Un appel aussi à aimer, et à faire confiance en Dieu.

Mais quand même, il y a des passages qui sont durs, même dans les évangiles.

Quand on ne les comprend pas, le premier conseil est de passer, de les laisser pour une prochaine lecture. Ces textes forment comme une vaste tapisserie, et c’est parfois quand on voit l’ensemble que l’on comprend enfin le sens et l’importance des détails.

Ce n’est certainement pas pour rien que Jésus a l’art de ce type de paroles provocantes. Cela lui arrive à plusieurs reprises. C’est manifestement une volonté délibérée de sa part, je pense que c’est afin de faire choc sur la pensée trop simpliste des personnes qu’il cherche à toucher, et donc de nous-même. Il est intéressant de prendre au sérieux ces textes. En tout cas dans un second temps, après avoir bien saisi l’Évangile, c’est à dire ce qui est pour nous doux et encourageant.

Prenons donc ce verset qui est certainement un des plus pénibles à lire dans les évangiles. Jésus dit « celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; »
Cette phrase est insupportable, et pourtant, elle est essentielle, fondamentale.

  • Remarquons d’abord que Jésus nous dit heureusement qu’il est bon (si possible) d’aimer nos parents (hélas, il y a des enfants qui ont été si profondément traumatisés par leurs parents qu’il leur est insupportable de les aimer, mais ce n’est pas de cela dont parle Jésus ici).
  • Ce qu’il dit c’est qu’il faut l’aimer, lui le Christ, plus que nos propres parents et enfants. C’est à dire que notre amour pour eux ne soit pas n’importe quel amour banal. Mais que notre amour pour eux soit transformé, vivifié par une qualité d’amour plus grande et plus forte qui est l’amour que Christ a manifesté.Que notre affection pour eux soit augmentée d’une espérance supérieure, comme celle que le Christ, à l’image de Dieu, place en nous. Ce n’est plus seulement de l’affection venant des tripes, c’est cela et plus encore, c’est une ouverture vers plus grand encore.
  • Par exemple, nous avons de l’affection naturelle et même viscérale pour nos parents qui nous sont donné la vie. Dans un sens, cet amour est personnel, nous aimons ou nous aimerions avoir une belle affection mutuelle avec nos parents. Les aimer comme le Christ aime, cela veut dire que nous les voyons comme pouvant s’épanouir, se développer encore, et espérer pouvoir participer à cela, et les servir comme Christ s’est fait serviteur. Que nous serions prêt même à donner notre vie pour eux.
    Bien sûr, nous n’en sommes que faiblement capable. Assurément, puisque nous ne sommes pas le Christ. Donc, oui, évidemment, comment serions nous « digne du Christ » ?
  • Nous ne le sommes pas, et le Christ ne nous en veut pas pour autant, lui qui est venu pour les pécheurs, les indignes, par amour pour nous. Dans l’espérance de nous élever un tant soit peu.
  • Donc en même temps cette très curieuse phrase de Jésus nous a fait sursauter, nous a ainsi éveillé, elle nosu a aussi donné une piste pour augmenter infiniment la qualité d’amour dont nous aimons nos proches, ne nous contentant pas d’une simple et basique affection. Et enfin, cette curieuse phrase de Jésus nous permet de nous rendre compte que nous aurions grand bénéfice à « travailler » sur la qualité de notre amour; tel que nous le vivons tout à fait concrètement.

Donc non, absolument NON : Dieu ne désire pas nous séparer d’un personne pour laquelle nous avons une très forte affection : parents, enfants, conjoint, meilleur ami… Coment serait-ce possible que Dieu, qui est amour cherche l’inverse de ce qu’il est : augmenter encore l’amour ???

Ne craignez pas de ne pas assez aimer Dieu ou le Christ. Vous les aimez un peu, vous espérez un peu, vous avez un petit peu confiance. Cela suffit à Dieu pour vous aider à cheminer, à vous améliorer encore. Vous pouvez demander à Dieu de vous donner de l’aimer plus et mieux encore, d’approfondir encore votre confiance en lui, à force de méditer sur la bonté de Dieu, sans une ombre de mal ou de ténèbres ou de violence en lui, c’est Dieu lui-même qui fera grandir en vous son amour. Et de toute façon, sur ce qui nous manque d’amour, Dieu ne nous en veut pas. Bien sûr, puisque lui nous aime infiniment, et que son espérance pour nous est que notre qualité d’amour grandisse encore : amour de ceux que nous aimons, amour de Dieu, et aussi bien sûr nous aimer nous-même d’une belle et juste façon.

Votre copain est athée. Mais Dieu ne l’aime pas moins pour autant. Bien sur. Rassurez vosu tout à fait là dessus. Dans l’amour de Dieu pour lui, comme dans tout véritable amour, il n’y a pas de chantage. Heureusement.

Ensuite, tout dépend de ce que l’on entend par « athée ». Jean nous dit très justement : « Dieu est amour, quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1 Jean 4:7,16) Avec cette définition, peut-on dire que votre copain est athée ? Il y a bien une fois ou l’autre où cet homme est capable d’un peux de bonté gratuite, pour aider une personne, vous par exemple ou une personne qui est en soucis, ou triste ? Au sens de Jean ce serait le signe qu’il a déjà reçu une bonne part d’Esprit Saint, même s’il n’utiliserait pas ce langage pour dire ce qui l’a poussé à ce geste de simple bonté qu’il considère comme tout à fait naturel. Mais de toute façon, Dieu ne nosu aime pas à cause de nos performances mais parce que Dieu aime, que c’est sa nature, et que nous sommes son enfant.

Je vous conseille de ne pas lui mettre la pression, ce serait un contre témoignage. Respectez-le, aimez le tel qu’il est. C’est ça l’amour. Et travaillez vous-même votre propre foi, la profondeur et l’élévation de votre amour.

Dieu vous bénit et vous accompagne

Marc

PS. Comme votre question est intéressante, et qu’elle m’a trotté dans la tête toute la semaine, je vais la travailler pour la prédication de dimanche lors du culte dans ma paroisse. Donc merci pour cette belle réflexion que vous avez apportée. .

par : pasteur Marc Pernot

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