Israël a-t-il été remplacé par l’Eglise ? Ou alors ces deux évoluent-ils en parallèle ?

illustration : un père et son fils priant au mur des lamentations - Photo by Dave Herring on Unsplash

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Israël a-t-il été remplacé par l’Eglise, en d’autres termes, l’Eglise est-elle l’Israël de Dieu (théologie de la substitution) ?
Ou alors ces deux évoluent-ils en parallèle en attendant qu’Israël se convertisse ?
Dans ce dernier cas ne s’agit-il pas plutôt des israélites en tant qu’individus et non pas d’Israël en tant que pays ?

Au final, peut-on dire que l’Eglise (ensemble des sauvés) existe depuis au moins Abraham (père des croyants) sans en avoir le nom, et qu’il y a 2000 ans certains en sont sortis (ceux qui ont refusé de voir en Jésus le messie attendu) alors que d’autres (« païens ») l’on rejointe ? Cette explication me semble résoudre toute cette problématique.

Merci

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Si l’on prend l’histoire d’Abraham, il est béni pour porter un peuple nombreux (les hébreux) et pour être bénédiction pour l’ensemble des peuples et nations.

Par conséquent, l’ouverture de l’alliance à l’humanité entière ne remplace pas l’alliance avec Abraham et le peuple hébreu dans le désert, elle en est le fruit.

Peut-être, si je puis me permettre, que le peuple juif a oublié cette vocation, cette mission de témoigner de l’Eternel, d’être ainsi à sa façon particulière une bénédiction de Dieu pour toutes les nations. A leur décharge, des milliers d’années de persécution peuvent lasser un petit peu de vouloir témoigner auprès de ceux qui vous maltraitent.

A mon avis, l’alliance et la vocation du peuple hébreu demeure, avec en plus l’alliance nouvelle en Jésus-Christ, alliance avec l’humanité et alliance avec chaque personne individuelle. Alliance sans aucun chantage ni condition, comme celle d’Abraham, une bénédiction donnée par Dieu, et une espérance de Dieu. Cette alliance n’est donc pas avec l’Eglise, mais alliance universelle et individuelle, que la personne fasse partie d’une église particulière, qu’elle soit baptisée ou non, croyante ou non, instruite de l’Evangile ou l’ignorant ou même le refusant. La grâce, c’est cela : Dieu veut que tous les humains soient sauvés, tous sont donc appelés, tous font donc partie de l’Eglise (par définition même du mot : l’ensemble de ceux qui sont appelés à sortir de chez eux – « ekklesia, église » = « ex, hors de » & « kaleo, appelé »). Cela me semble inexact de dire que l’église est le peuple des sauvés, c’est attacher trop d’importance à nos rites et confessions de foi, qui sont des outils afin de nous aider à vivre du salut de Dieu, des signes de ce salut et non la condition du salut (ce ne serait alors plus un salut gracieux, sans condition).

Bien sûr, un israélite a le droit de devenir chrétien, mais rien ne l’y oblige, Jésus lui-même n’était pas chrétien. En étant dans la première alliance ils ne sont pas hors de la foi puisque cette alliance est une relation à Dieu et une vocation, un service particulier dans le monde, demandé par Dieu. Ceux qui sont de religion juive peuvent donc rester de la religion juive, ce qui ne leur interdit d’ailleurs pas de se réjouir de la nouvelle alliance inaugurée en Jésus-Christ pour toute personne vivant au monde, en accomplissement de la bénédiction donnée à Abraham. Dans un sens, c’est la validation de la vocation particulière du peuple hébreu. Et s’ils désirent passer dans la nouvelle alliance :  bienvenue au club, il y a aussi une vocation à remplir, un service exigeant et engagé : assumer de devoir être prêtre, prophète et roi, personnellement, à sa mesure, pour ceux qui lui sont confiés. C’est l’alliance de l’Esprit-Saint.

Bien amicalement

par : pasteur Marc Pernot

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

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