Jean : « Avec nous seront grâce, miséricorde, paix,
de la part de Dieu le Père et de la part de Jésus-Christ, le Fils du Père,
en vérité et amour. » (2 Jean 1:3)
La révolution théologique de l’apôtre Jean
Ces mots de Jean sont une révolution théologique et spirituelle dont les églises peinent encore à assumer les fruits. En effet, au lieu de supplier Dieu d’accorder ses bénédictions, Jean les présente comme déjà données. Il n’emploie pas l’impératif (« Ô Dieu, bénis-nous »), ni même l’optatif (« Que Dieu nous bénisse »), mais il pose une conviction : « Dieu nous bénira ». En effet, Jean a vraiment saisi en Christ que Dieu est à la fois « amour » et qu’il est « vérité », c’est-à-dire qu’il est entier et fidèle dans sa façon de nous aimer.
Une parole d’expertise et de proximité
Jean parle avec son expertise d’apôtre particulièrement proche de Jésus. Il décide de dire la bénédiction à l’affirmatif, en faisant cela, Jean rompt avec des millénaires d’emprise des institutions sur les fidèles. Il renonce à se placer en intermédiaire entre les humains et Dieu, ce n’est plus Dieu qu’il exhorte de bénir, ce sont les fidèles qu’il appelle à s’ouvrir à ce que Dieu nous a déjà donné en Christ. Jean renonce à jouer au shaman.
La distinction entre Jean et l’apôtre Paul
L’apôtre Paul a plus de mal à franchir ce pas. Il a fait de la grâce de Dieu le socle de sa théologie et de sa foi, il lui arrive pourtant encore de dire ce genre de formules à l’optatif : « Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix » (2 Thessaloniciens 3:16). Même avec les meilleures intentions du monde, les mots ont un sens : quand il dit « Qu’il vous donne… », cela signifie que Dieu pourrait ne pas donner et que lui, Paul, agit généreusement afin que cela ait plus de chances d’être le cas.
Le risque de la médiation religieuse
Il se place en intermédiaire, cherchant à changer Dieu en faveur de certaines personnes. Je ne sais si Paul fait cela pour renforcer son autorité sur les autres (c’est tellement humain), ou s’il utilise machinalement des formules traditionnelles sans faire attention (ce qui est bien dommage) ?
Évangéliser notre liturgie et nos actes
Jean rompt avec ce genre de pratiques et c’est puissant. Il évangélise l’église : la grâce de Dieu est bien affirmée, le fidèle est encouragé à vivre plus encore de ces dons. Il se met avec les fidèles en disant « nous » afin d’avancer, et non au-dessus d’eux comme représentant de Dieu… Notre liturgie doit sans cesse être évangélisée, tout comme nos actes, évidemment, mais de manière résolue. « Allons en paix, par la grâce de Dieu ».
par : pasteur Marc Pernot
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