Que miséricorde, paix et amour vous soient multipliés. »
(Jude 1:1-2)
Deux frères de Jésus ont été actifs : Jacques qui devient chef de l’église de Jérusalem, et Jude qui a écrit cette lettre. Il se présente ici comme frère de Jacques, comme son égal, mais comme serviteur de Jésus-Christ : là, il reconnaît une différence de niveau.Jude aime bien les formules à trois termes : dans la culture de l’époque, cela veut dire qu’il y a du divin dans ce dont il parle, quelque chose de solide et d’éternel.
Le sens de la foi : un amour inconditionnel et premier
Dans cette salutation que Jude nous adresse à travers les siècles, il commence par trois choses certaines, solides et vraies : nous sommes aimés, gardés et appelés. L’ordre est important. Nous sommes d’abord aimés par Dieu parce que nous sommes ses enfants, cela n’attend aucune autre justification, aucune condition, c’est universel.
L’amour universel de Dieu face à l’institution de l’Église
Nous sommes ensuite gardés puis appelés par Jésus-Christ. Certaines traductions mettent en premier le fait que nous sommes appelés avant d’être aimés et gardés, ce n’est pas innocent, cela pourrait laisser penser que l’amour de Dieu serait réservé aux personnes qui sont dans l’église (ek-kaleo, littéralement : ceux qui ont validé l’appel (kaleo) à sortir (ex) de l’ordinaire). Ce n’est pas ce que dit Jude : en vérité, nous sommes déjà aimés par Dieu, et nous sommes en conséquence « absolument gardés ». L’appel est seulement une troisième grâce : Dieu espère en nous. L’Église est alors comprise comme une équipe de serviteurs, témoins de cet amour universel. L’ensemble fait un processus sacré : aimés, donc gardés, puis appelés.
Une source d’évolution pour notre spiritualité contemporaine
C’est la fondation de notre être et de tout être. Une fondation stable posée par Dieu en Christ. Toutefois, Jude ajoute qu’une croissance peut être espérée : une multiplication de miséricorde, de paix et d’amour. C’est vrai que nous avons une marge de progression dans ces domaines. Notre monde et nous-mêmes en avons tant besoin. Cela, oui, est au conditionnel, même si le mode passif montre que c’est Dieu qui peut les multiplier en nous. C’est un bon sujet d’attention et de prière, pour nous-mêmes, pour ceux que nous aimons, et pour notre humanité. La miséricorde, la paix et l’amour se multiplient, font boule de neige ou tache d’huile. Haut les cœurs.
par : pasteur Marc Pernot
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