deux tout petits champignons s'élèvent courageusement sur de la mousse dans une forêt sombre - Image by Jürgen from https://pixabay.com/photos/mushrooms-small-mushrooms-slats-7596258/
Texte Biblique

« Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus… ne me tourmente pas. » (Marc 5:7)

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« Ne me tourmente pas » : la peur d’évoluer

C’est le cri déchirant d’un démon craignant que Jésus ne le chasse afin de libérer la pauvre personne qui en était affligée. Cela correspond à un phénomène étrange que l’on observe parfois : des personnes qui répugnent à se poser des questions et à travailler sur leur intériorité. Comment cela est-il possible ? C’est effectivement plus fatigant de se poser des questions que de faire la sieste. On a parfois honte de visiter notre intériorité, mais c’est comme cela que l’on a des chances de débusquer un démon tapi dans un coin et qui nous pourrit la vie. C’est vrai aussi que c’est un peu déstabilisant de se découvrir de nouvelles possibilités : même si nous étions moins évolués avant, cet état nous était familier.

Il y a donc plein de raisons d’être comme le démon et de dire « non merci » à la puissance de Dieu qui s’offre à nous aider en profondeur. Mais je pense qu’il y a une raison plus profonde à ce manque d’intérêt.

Spinoza : chaque chose s’efforce de persévérer dans son être

Un élément clé de l’Éthique de Spinoza est de relever que « Chaque chose, selon sa puissance d’être, s’efforce de persévérer dans son être. » (E3P6). Le caillou s’efforce de persévérer dans son être de caillou, sans doute. Alors nous, êtres humains, quel est « notre être » pour que nous nous efforcions d’y être fidèles ? Ce serait une profonde erreur de penser que l’humain serait comme une pierre, car l’humain a ceci de particulier qu’il évolue tout au long de sa vie, qu’il le veuille ou non. S’il bâtit son être sur le roc, c’est pour le mieux. S’il cesse de travailler à son édification ou s’il bâtit sur n’importe quoi, alors, comme toute construction, il ne va pas seulement stagner, mais se dégrader.

Persévérer dans son être, pour un humain, c’est s’élever encore

La pierre ne se trompe pas sur « son être » pour persévérer. Mais l’humain ? Stagner dans notre état actuel, c’est renoncer à la nature même de cet être merveilleux que nous sommes en réalité, et c’est le laisser s’abîmer. « Persévérer dans son être » pour un humain, c’est partir de là où nous en sommes et s’intéresser à apprendre, à se bonifier, à s’élever… et cela, aussi peu que ce soit. « Persévérer dans notre être », c’est se donner toutes les chances et aller au-delà, comme Pierre qui demande au Christ : « Seigneur, sauve-moi ! » (Matthieu 14:30). C’est ce que nos démons craignent : que Dieu nous tire de notre poussière et nous aide à nous édifier.

par : pasteur Marc Pernot
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