Des éléments apparement contradictoire : sans compromis sans dureté, constant et en conversion…

Par : pasteur Marc Pernot

Les pieds d'une funambule sur une corde - Image par Manfred Richter de Pixabay

En chemin, dans la confiance, dans l’équilibre.

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur, j’ai plusieurs questions sur des éléments apparement contradictoire.
– Comment être zélé pour Christ mais pas dur ou prosélyte
– Comment être constant en se laissant transformer par l’esprit ?
– Comment obtenir le casque du salut ?
– Comment éviter tout compromis avec le mal et toute tiédeur en restant miséricordieux ?
Et enfin comment rester zélé pour Dieu en étant sûr de porter le fardeau doux et léger ?
Merci à vous, que le Seigneur vous bénisse et vous garde.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Bravo pour cette réflexion très intéressante.
– Comment être zélé pour Christ mais pas dur ou prosélyte
  • Fondamentalement, cela consiste à être convaincu, soi-même, que Dieu est au dessus de toute religion, église, chapelle.
  • Cela consiste ensuite à aimer la personen que l’on a en face plus que notre volonté d’avoir raison. Et donc que nous chercherons non pas « à la convertir », mais à l’aider à s’épanouir.
  • Et pour cela, chercher à ce que la personne se réconcilie avec elle-même et avec Dieu.
  • La question n’est donc pas de chercher à l’attirer dans son église personnelle. C’est accepter que la personne ait une théologie, des rites, une pratique religieuse (ou non), qui ne soit pas conforme à notre propre église, conviction, rite, pratique. Sans pour autant dire que la façon de voir de cette personne est mauvaise. L’essentiel est sa propre relation à Dieu.

– Comment être constant en se laissant transformer par l’esprit ?

  • La constance fidèle me semble être dans le fait d’être soi-même en train d’avancer. On n’est pas soi-même si l’on est statique, avec une pensée figée, durcie, avec de simples automatismes. Car nous sommes une personne vivante et libre, créatrice. C’est cela, l’Esprit de Dieu qui nous est donné : une source de vie, de mouvement et d’être.
  • Concrètement, cela demande de faire confiance en Dieu, en sa grâce et son pardon. Car c’est cela qui nous libère de la peur de cheminer, de mourir à ce que nous étions anciennement pour nous convertir encore un peu, et vivre une nouveauté de vie. Pas à pas.

– Comment obtenir le casque du salut ?

  • Se rappeler encore et encore, dans la louange, que nous sommes et serons toujours quoi qu’il se passe, l’enfant bien-aimé de Dieu. Que nous n’avons donc pas à « faire notre salut ». Mais simplement, si je puis dire, à grandir dedans, à en vivre, à s’en réjouir. Alors, comme le dit Paul, nous avons le sentiment que « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?… ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Romains 8:31-39).

– Comment éviter tout compromis avec le mal et toute tiédeur en restant miséricordieux ?

  • Le propre de la foi du Christ est précisément dans cette tension entre deux dimensions, humaine et divine, terrestre et céleste, matérielle et spirituelle, temporelle et éternelle. Le Christ est « la Parole de Dieu faite chair », et nous-même sommes appelés à le suivre. Nous sommes nés de la chair, et appelés à naître d’Esprit aussi, en plus. Et donc que la Parole de Dieu, la perfection de Dieu s’incarne dans notre chair terrestre, temporaire, fragile et pécheresse.
  • C’est ainsi que Jésus va vers les pécheurs que nous sommes tous. Il fréquente des intégristes et des étrangers, il s’entoure de disciples et même d’apôtres bien imparfaits, qui le trahissent et l’abandonnent tous. Il aime la personne même s’il n’aime pas son péché. C’est ce que l’on voit quand il prie pour les soldats romains qui viennet de le crucifier et qui continuent à se moquer de lui : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ! » (Luc 23:34). Il aime la personne, sans la confondre avec ses convictions, ses actes.
  • Donc bien sûr que nous faisons des compromis, sans cesse, en pratique. Seulement, nous pouvons ne pas faire de compromis en ce qui concerne notre visée, notre idéal, notre Dieu. Par exemple, par son exemple le Christ nous appelle au don de soi pour les autres, en pratique nous sommes bien obligés de respirer de l’air, de boire de l’eau et de manger sinon nous mourrons dans les minutes qui suivent et cela ne rendra service à personne. Et pourtant, notre idéal reste le don gratuit, qui peut aller jusqu’au bout. C’est pourquoi nous conjuguons l’amour du prochain et l’amour de nous-même. C’est pourquoi nous demandons à Dieu chaque jour de nous éclairer sur notre vocation personnelle du jour. Pour savoir comment faire ce compromis, cette incarnation de la Parole de Dieu dans notre existence concrète.
  • Cette position de l’humain est à la fois sublime et tragique, à la fois merveilleuse et difficile. On le voit quand Jésus pleure dans le jardin de Gethsémanée en priant, il ne veut pas mourir, ni quitter ses frères et sœurs, ni quitter prématurément ce monde, et pourtant, sa mission l’appelle et la méchanceté des humains lui impose un choix tragique. De même, nous sommes la tête au ciel, les pieds sur terre, le cœur et les mains au milieu doivent décider de composer entre ces deux dimensions.
C’est ainsi que Christ est chemin vers le Père pour nous. Et que sur ce chemin, nous avançons pas à pas.
Pour ce qui est du « joug léger » du Christ, vous pourriez trouver un début de réflexion dans cette prédication que j’ai proposée récemment : https://jecherchedieu.ch/temoignages/le-joug-joyeux-et-le-fardeau-qui-allege-matthieu-11-siracide-6-inquietude/
Dieu vous bénit et vous accompagne

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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