15 juin 2018

Confirmation – Profession de foi
La confirmation et la profession de foi marquent une étape personnelle et libre dans le cheminement spirituel. Loin d’être une obligation, cette démarche permet à l’adulte ou au jeune d’exprimer son désir de faire place à Dieu dans sa vie, en réponse à l’alliance inconditionnelle offerte lors du baptême.
Le baptême, fondement de la liberté
Un adulte qui a reçu le baptême quand il était un bébé n’est pas obligé de devenir chrétien. C’est même ce baptême qui est le signe de sa liberté. En effet, le baptême est un « sacrement« , il exprime la grâce de Dieu, son amour inconditionnel pour cette personne en particulier qui est baptisée. C’est la fin de tout chantage : ce baptême dit précisément que la personne pourra choisir de s’intéresser, ou non, à Dieu : Dieu, lui, l’aimera de toute façon et donc la gardera.
Quand une personne a été baptisée bébé ou enfant, elle n’a pas (ou pas vraiment) choisi de recevoir le baptême : c’est un cadeau, de même que l’on ne choisit pas d’avoir des parents qui vous aiment (si on a cette chance). C’est la liberté de Dieu d’aimer cette personne, c’est la liberté de ses parents qui désirent offrir à leur enfant de laisser une place à la recherche de Dieu dans l’éducation qu’ils donnent. La liberté de l’enfant, en grandissant, est de faire ce qu’il voudra de ce qu’il a reçu. Il pourra répondre à l’amour de ses parents (même s’ils ne sont pas parfaits, bien sûr), en étant capable de gratitude et d’amour. Il peut répondre à cette découverte de Dieu en s’y intéressant, en priant, en s’inspirant du Christ… ou non.
Quand la personne choisit de s’intéresser à Dieu : c’est une bonne surprise pour Dieu, c’est même une joie (nous dit Jésus en Luc 15:7), mais Dieu n’aimera pas plus pour autant la personne puisqu’il l’aimait déjà au maximum. L’amour de Dieu appelle ainsi la foi de l’homme.
La confirmation : une démarche personnelle
L’essentiel se joue ainsi dans le secret de cette relation entre une personne et Dieu. Cette relation peut évoluer tout au long de notre vie (ça vaut d’ailleurs mieux, c’est cela, une foi vivante). Mais bien souvent nous sommes aidés dans notre chemin de vie si l’on marque chaque étape importante par un geste solennel. L’humain est sensible aux rites car nous ne sommes pas de purs esprits, nous sommes aussi un corps, nous sommes un animal qui vit dans le temps et au sein d’une société humaine. C’est pourquoi le baptême est important, mais aussi le geste que peut choisir de faire une personne adulte en disant solennellement qu’elle désire faire place dans sa vie au Dieu manifesté par Jésus-Christ. C’est ce que l’on appelle la « confirmation« .
- Le baptême disait que Dieu établit, même unilatéralement, une alliance avec la personne : Dieu ne la laissera pas tomber.
- Lors de sa confirmation, la personne répond « oui » à cette alliance de Dieu, il confirme cette alliance en disant qu’il désire aujourd’hui lui aussi cheminer dans sa vie avec Dieu.
- En même temps, ce n’est pas un serment à vie. C’est une étape, une pierre blanche dans le cheminement d’une vie.
À quel âge faire sa confirmation ?
Une personne de plus de 15 ans est suffisamment autonome pour pouvoir faire sa confirmation. À cet âge, un « oui » est déjà un « oui » personnel et libre, un jeune de cet âge est assez grand pour refuser à ses parents de les suivre sur ce point. Les parents peuvent demander à l’enfant de suivre un catéchisme, c’est leur choix d’éducation, voulant offrir à l’enfant cette connaissance afin qu’il puisse ensuite choisir en toute liberté, c’est-à-dire en connaissance de cause. Mais la confirmation est précisément la liberté de la personne elle-même, ce choix n’appartient pas aux parents, ni au conjoint de la personne.
La « confirmation » peut être faite à tout âge : soit après le catéchisme, soit quand on est adulte ou âgé. C’est excellent. Cela se fait en général au cours d’un culte du dimanche dans la paroisse de son choix. La personne qui « confirme » offre souvent une confession de foi libre et personnelle à l’assemblée, mais c’est à discuter avec le pasteur lors de la préparation afin que la personne ne soit pas exagérément stressée (bien sûr).
Profession de foi et renouvellement
La confirmation n’est faite qu’une fois dans la vie, mais on peut désirer faire une profession de foi publique (au cours d’un culte) à l’occasion d’un nouveau départ dans sa foi ou d’une étape importante pour la personne.
Cela se déroule exactement comme un baptême d’adulte, sauf qu’un geste d’imposition des mains remplace la main mouillée du baptême. L’Église catholique donne une onction d’huile à l’occasion de la confirmation, cela se pratique aussi dans certaines paroisses protestantes (ou à la demande de la personne elle-même). C’est un beau symbole car l’huile est à la fois un signe de bénédiction et un signe de vocation à faire du bien, comme nous pourrons. Cela dit que la personne est un ou une christ (qu’il y ait l’huile ou non, bien sûr).
Lors de la communion, le pain et le vin offerts sont signe de ce que Dieu nous donne en Christ (sa grâce), et le fait de prendre le pain et/ou le vin, de l’assimiler est signe de notre foi, de notre oui à Dieu : la communion est comme un rappel, un renouvellement du baptême et de la confirmation.
Pour aller plus loin sur ce thème
Études
- Confession de foi : définition, types et enjeux théologiques
- Rites religieux et sacrements : quel sens pour la vie chrétienne ?
- Le baptême chrétien protestant : un signe de grâce inconditionnelle.
Vos questions concrètes
- Pourquoi la confirmation n’est-elle pas un sacrement chez les protestants ?
- Se rapprocher de la religion : comment débuter son chemin spirituel ?
- Se faire débaptiser pour être rebaptisé : est-ce une erreur théologique ?
- Pourquoi faire baptiser son enfant ?
- Quelles sont les différences entre catholiques et protestants ? Le guide pour comprendre
- Se faire baptiser une deuxième fois par choix : est-ce possible ?
- Faut-il obligatoirement être baptisé pour entrer dans le royaume des cieux ?
- Devenir protestant sans trahir ses racines catholiques : le chemin de la liberté
- Entre plusieurs dieux et l’appel de Jésus : comment trouver son chemin spirituel ?
En écho à ce texte :
-
Le baptême chrétien protestant : un signe de grâce inconditionnelle
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Faut-il attendre que l’enfant choisisse pour le baptiser ?
-
Seuls les baptisés seraient reconnus par Dieu comme ses enfants ? Et les autres alors ?
