Je cherche toujours à comprendre les raisons de l’existence même de la vie ?

Par : pasteur Marc Pernot

main ayant receuilli une motte de terre avec des petites fleurs - Photo by Tom Ezzatkhah on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour
Pourquoi je cherche toujours à comprendre les raisons de l’existence même de la vie ?
J’ai le sentiment que cela bloque considérablement ma vie à tous moments !
Merci infiniment de bien vouloir m’aider à ce sujet, car même dans mes prières à Dieu je suis perdue

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bravo pour cette belle interrogation. Tellement profonde. C’est donc une chance à saisir que vous vous posiez cette question. Seulement, ce serait dommage que cette question vous bloque, car elle me semble au contraire tout à fait utile pour vivre d’une très belle façon, d’avancer en vivant plus profondément.

Quelles raisons de l’existence même de la vie ?

  • Je dirais d’abord : nous sommes une œuvre d’art. Comme une rose dans le désert. Ni plus ni moins. Chaque être avec sa beauté propre.
  • Ensuite, le pourquoi de notre existence : c’est une bonne question aussi. C’est une merveille d’organisation pour que la vie existe. Il me semble que le plus plausible est que la vie réponde à une intention : elle est voulue, aimée. Nous sommes voulu et aimé, individuellement. Au moins par Dieu, et parfois par quelque(s) personnes(s).
  • Enfin, je verrais bien une raison au sens de but, ou d’espérance à la création de la vie et de nous-même en particulier : libérer, offrir une plus grande autonomie, et même de la créativité, en ce qui nous concerne tout particulièrement. Que cela soit apparu me semble nécessiter de l’amour car c’est un pari risqué, et à l’inverse de l’égocentrisme.

Cette raison première de l’existence de la vie, la source de cette espérance de voir la vie rayonner, je pense que cela fait partie de ce que l’on appelle « Dieu ».

Il me semble qu’il est donc essentiel de se placer face à la question que vous vous posez, dans la prière, comme vous dites. Et que cette prière soit d’abord une louange à la vie. C’est à mon avis la raison première de notre existence, ou en tout cas une des plus profonde façon de considérer l’existence de se réjouir de la vie, de la nôtre et d’autres vies qui nous entourent et avec qui nous faisons en quelque sorte, un corps. De nous réjouir et que nos réjouissances forment un concert. Il est possible qu’il émerge alors, ou ensuite, comme une inspiration à faire quelque chose de beau. Pas comme une obligation, mais comme une envie de faire un geste. Et une raison nouvelle se vivre, une raison supplémentaire, s’ouvre.

Mais même dans les temps calmes et paisible, vivre, exister en tant qu’individu personnel est déjà une raison en soi de vivre. C’est, je pense, un point fondamental de la théologie biblique et plus précisément de la théologie de l’Evangile du Christ : la grâce de Dieu, son amour sans condition sur notre personne, nous dit cela : que notre être, en lui-même, a sa raison d’être, et que le monde y gagne de le savoir. Ce n’est pas toujours facile à sentir soi-même. Le « jour du repos » (le « shabbat » juif dont parle la Bible Hébraïque) est utile en ce sens : on ne produit rien pendant ce jour, et pourtant, ce jour est particulièrement saint. Cela dit l’importance de notre être, même quand il semble ne servir à rien puisqu’il ne produit pas de jour là. Le fait que nous existions est déjà une raison d’exister. Le fait que nous soyons aimé par le créateur, aussi. Le dimanche reprend ce sens du shabbat et ajoute même une dimension d’éternité à notre existence et à notre vie en tant que personne déjà ressuscitée.

Le temps de notre prière, comme vous dites, est un temps de shabbat pour nous. C’est un temps pour nous rappeler l’extraordinaire valeur de notre être, de sa personnalité, de son temps. C’est aussi un temps où nous nous laissons particulièrement aimer par Dieu, ou en tout cas méditer sur le fait que nous sommes aimé de Dieu, « justifié » dans notre existence même.

C’est vrai que cela aide quand une personne nous dit, ne serait-ce qu’en passant : merci d’exister. Ou nous le fait sentir. Alors nous pouvons toucher du doigt dans quelle profondeur, toute simple, s’enracine notre raison d’exister. C’est le service le plus fondamental que nous pouvons nous rendre mutuellement.
En tout cas, lui : Dieu vous bénit et vous accompagne

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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