sculpture d
Question

Je devrais être dans la joie de Pâques, pourtant je suis inquiète. Malgré l’action de Dieu, l’humanité n’a jamais été aussi mauvaise !

Question posée :

Bonjour Monsieur le Pasteur
Aujourd’hui je devrais être dans la joie de Pâques, pourtant je suis inquiète :
Dieu a envoyé aux hommes le déluge parce que l’humanité était mauvaise.
Puis, comme l’humanité était toujours mauvaise, il a envoyé son fils pour la racheter.
Mais ça n’a servi à rien, l’humanité n’a jamais été aussi mauvaise !
Et si le Christ était mort pour rien ???

S’il vous plaît, répondez moi !
Merci d’avance

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir
Je comprends tout à fait votre message.
L’humanité est décevante. C’est effectivement ce que la Genèse fait dire à Dieu quand il regarde sa création :

L’Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal.
L’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur.
(Genèse 6:5-6)

C’est vraiment pathétique.
Et ce constat rejoint le vôtre.
Sauf que, peut-on dire que l’humanité n’a jamais été aussi mauvaise ? Un sage de 98 ans de la paroisse nous disait l’autre jour que même s’il y a des points d’inquiétude actuellement, c’était bien bien pire dans sa jeunesse, avec des guerres partout, avec des conditions infiniment pires dans les pays sous développés et dans les colonies. Avec une condition de profonde misère des personnes pauvres même dans nos pays d’Europe. Au XIXe siècle encore, il y avait l’esclavage, les femmes, même dans nos pays, n’avaient pas de statut de citoyenne, ne pouvait être pasteure… Donc non, nous disait ce sage : l’humanité était encore très récemment bien plus mauvaise encore.

Hélas, bien des personnes cherchent à augmenter l’inquiétude de la population. Christ est celui qui vient à nous dans la tempête et nous dit « N’ayez pas peur ! ».

C’est bien de se tenir au courant de l’actualité mais on ne peut pas demander à une personne de porter la préoccupation de toutes les guerres du monde entier, la polution du monde entier et nous raconter en plus qu’un car scolaire a eu un accident en chine du nord. Ce n’est plus de l’information, c’est une campagne visant à augmenter l’angoisse de la population, sa culpabilité. Cela participe à désespérer les pauvres humains qui sont le déversoir de cette hyper médiatisation de tout ce qui ne va pas. Alors je reconnais que le constat de Dieu en Genèse 6 reste encore trop vrai en partie, même si le constat de Genèse 6, vieux de 3’000 à 6’000 ans montre une humanité encore bien plus violente que la nôtre.

Alors Dieu va-t-il en avoir assez et envoyer un déluge ? Certainement pas. L’histoire du déluge est précisément écrite pour Dieu que Dieu n’est plus, ou n’est pas, comme ça : l’histoire se termine du déluge sur la promesse de Dieu d’aimer l’humanité même si elle respire souvent la violence (Genèse 8:21 et suivants)
Le Christ est bien le signe que Dieu aime même ses ennemis. C’est tout l’inverse d’un geste de menace, mais de pardon et d’espérance.
Le Christ montre que jamais Dieu ne se lassera d’aimer, même pour les pécheurs.
Dieu n’est jamais et n’a jamais été source de mort.

Par contre, c’est vrai que l’humanité progresse peu. Ce n’est pas faute que Dieu s’y emploie. La difficulté est que chaque personne humaine repart en quelque sorte d’une seule cellule : ayant à vivre des millions d’années d’évolution lors de la genèse de son corps, ayant aussi à assimiler pour le meilleur des milliers d’années de culture, de valeurs, de foi en quelques dizaines d’années seulement de vie consciente. Dieu le sait, Dieu comprend le défi que cela représente. Dieu est patient, il nous envoie son Esprit pour continuer à nous faire évoluer et participer à cette évolution.

C’est vrai que les progrès de l’humanité existent, mais sont très très lents : mais il y a des progrès : la place des femmes, l’esclavage, la peine de mort, la conscience de la fragilité de notre planète, la santé et l’éducation pour le plus grand nombre : tout cela n’existait pas il y a mil ou dix mille ans. Encore mois il y a cent mil ans.

Ensuite, ce n’est pas à nous de juger, mais de faire modestement au mieux en fonction de ce qui nous est donné à nous personnellement, là où nous sommes. Il n’y a que comme cela que ça avancera. Et c’est déjà immense.

Christ n’est pas mort pour rien : puisque vous en parlez encore aujourd’hui. Et dimanche dernier, le temple était plein de personnes pour qui il est une source d’inspiration.

Donc merci à vous.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Partagez cet article sur :
  • Icone de facebook
  • Icone de twitter
  • Icone d'email

Articles récents de la même catégorie

Articles récents avec des étiquettes similaires

Un commentaire

  1. Elisabeth dit :

    Peut-être a-t-on l’impression que c’est pire qu’avant car nous sommes constamment bombardés d’infos et images anxiogènes…Autrefois c’était un peu pareil, mais les drames n’avaient pas la visibilité qu’ils ont aujourd’hui, si je puis dire…l’esprit humain était un peu plus « protégé » de l’angoisse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *