On prie que Dieu nous délivre de cette situation de pandémie mais elle poursuit son cours !

Deux mains se serrent - Photo by National Cancer Institute on Unsplash

Prendre soin de l’autre et/ou prier ?

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

A propos de la prière, ça arrive souvent de prier pour une situation mais on se rend en même temps compte que rien ne change. Cas concret, on prie que Dieu nous délivre de cette situation de pendemie mais elle poursuit son cours. On prie pour le cessez-le-feu pour les pays en guerre mais la guerre fais toujours des victimes. C’est vrai que la prière n’a pas d’effet magique. Mais alors pourquoi prier si Dieu fait les choses à son temps sans se laisser influencer? Quand Jésus a guéri le paralytique qui était porté sur la civière par les gens qui ont défait la toiture de la maison où se trouvait Jesus, le Seigneur a admiré la foi des porteurs et non la foi du malade et ce dernier a été guéri. Est ce que cet exemple peut éclairer l’importance de prier pour ceux qui ne peuvent pas prier pour eux-mêmes? ( y compris les morts).

Merci pour le temps que vous consacrez pour lire et répondre aux commentaires.

PS. Auriez-vous une collection de vos textes ou audio ou un livre en vente? S’il en a j’aimerais en acheter.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Grand merci pour vos encouragements. Tout ce que j’ai est sur le site : textes, audios, vidéos, en accès libre (sans inscription) et offert par l’église protestante de Genève.

Bravo de compter sur Dieu, et de le prier, bravo pour votre sensibilité à la souffrance humaine. C’est une bonne intention d’y penser et de prier.

En même temps, qu’est-ce que vous pensez que Dieu fait pendant ce temps-là ? Qu’il n’était pas au courant qu’une pandémie tue, blesse, ruine, épuise, des personnes par millions ? Et qu’une fois qu’il sera averti par vous, il devrait faire quelque chose ? Ou qu’il était au courant mais qu’il n’était pas assez motivé pour lever un petit doigt afin d’aider, parce qu’en réalité toute cette misère de millions de personnes lui était un peu égale, mais que votre appel va l’influencer enfin positivement, l’amener à se convertir, et lui ouvrir le cœur ?

Dieu n’est absolument pas comme ça. Il n’est pas ignorant, il n’est indifférent à la souffrance même d’une seule personne,ni à celles de la création. Et il sait infiniment mieux que nous ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire, et comment il espère pouvoir agir pour le mieux, ou pour le moins de mal possible compte tenu des circonstances.

Notre rôle à nous me semble plutôt de chercher ce que, personnellement, nous pourrions faire à notre niveau. Pour cela : demander à Dieu son éclairage à lui, compter sur lui aussi pour nous coordonner avec les autres autour de nous et qu’ainsi, lui et nous tous, fassions équipe. C’est vrai que prier ainsi nous fait courir le risque de nous retrousser les manches pour agir effectivement, prendre de notre énergie et de notre temps, de nos moyens pour offrir un petit geste modeste ou de grandes œuvres, les uns comme les autres changeant le monde. C’est plus fatiguant que de faire le patron en donnant à Dieu l’ordre d’agir, avec ensuite le sentiment du devoir accompli envers ceux qui souffrent : à Dieu de jouer maintenant. Alors que c’était sur nos mains qu’il comptait pour aller tendre la main à une personne dans la peine dans l’immeuble à côté..

Cela dit, je suis du même avis que vous : c’est une excellente idée de faire part à Dieu de ce que nous avons à cœur, de nos projets, de nos lamentations, de nos regrets, de nos coups de gueule et de nos coups de cœur. Ce n’est pas pour dire à Dieu ce qu’il devrait faire, ni penser le rendre meilleur, mais je suis convaincu qu’il tient compte de ce que nous sommes et ce que nous partageons avec lui dans le projet d’ensemble et que notre prière lui permet de nous aider à faire quelque chose de bon avec ce jaillissement de notre propre personnalité.

L’histoire du paralytique descendu par le toit est un très beau texte (Marc 2). On remarque que les amis ne se sont pas contentés de prier, mais qu’ils se sont vraiment bougés, avec ardeur et hardiesse  pour aider leur ami. Ensuite, Jésus annonce le pardon de Dieu au paralysé, car les personnes de l’époque pensaient que la maladie est une punition du péché de la pardonne ou de ses parents, de ces ancêtres. Jésus n’a bien entendu pas besoin de prières pour annoncer le pardon de Dieu, car Dieu aime et donc pardonne. Mais les amis ont besoin de l’entendre, et l’homme malade a besoin de l’entendre afin d’être libéré de tout ce qui le bloquait dans sa vie. Ici, ce n’est pas Dieu, ni Jésus qui est changé par la prière, ce sont les personnes présentes qui, par leur démarche, s’ouvre à Dieu avec confiance, et cela change effectivement une vie.

Dieu vous bénit et vous accompagne

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. Jean dit :

    Qu’elle sont les prière que je peux faire l’apret midi ?

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour
      Il n’y a pas d’heure pour prier.
      Et la vraie prière ne sont pas des textes, mais de se placer devant Dieu, de méditer sur sa bonté, de faire place en soi-me^me pour la confiance en lui.
      Parfois, c’est vrai, un beau texte nous aide à nous préparer à cette prière là, comme des crackers nous mettent en appétit pour le repas. Mais les crackers n’ont aucun intérêt nutritif.
      Dieu vous bénit et vous accompagne

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *