Dieu déciderait-il librement et inconditionnellement qui sera endurci et qui ne le sera pas  ?

Par : pasteur Marc Pernot

Un doigt venant du ciel désigne une personne parmi d'autres - Image par Gerd Altmann de Pixabay

L’arbitraire de Dieu, une autre face de sa grâce ? Calvin aurait été content de cette question. Un peu moins de la réponse peut-être.

Question d’un visiteur :

Bonjour
Que pensez-vous de ceux qui disent que Dieu décide librement et inconditionnellement qui sera endurci et qui ne le sera pas ?

En effet, Paul dans Romains 9:18 dit que Dieu « endurcit qui il veut », cela pourrait faire penser que sans qu’il n’y ait rien dans le passé ou le présent de la personne ne change la décision de Dieu d’endurcir ou au contraire de pardonner et sauver cette personne. Ce serait la libre décision de Dieu et de sa providence.

Cordialement,

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Je dirais que cela donne une épouvantable idée de Dieu. Un tyran arbitraire.

Que dirions nous d’un père ou d’une mère qui aurait le type d’attitude vis à vis de certain de ses propres enfants ? Que c’est un montre, digne éventuellement de la prison à perpétuité si c’est allé jusqu’à laisser un de ses enfants aller à la mort par manque de bons soins.
Bien sûr on peut tirer ce genre d’interprétation de ce type de versets de l’apôtre Paul.

Seulement, il y a d’autres passages des épîtres qui disent l’inverse :
« Dieu notre Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Timothée 2:3-4).

Et il y a cette fameuse parabole du Christ disant que Dieu est comme un berger qui est prêt à tout pour sauver même la plus perdue des brebis perdue et qui finit par la trouver (Luc 15:5)

C’est ensuite comme pour tout quand il y a deux théories possibles (A et B) à partir de différents passages bibliques : va-t-on interpréter les passages plus proches de A à la lumière de ce que disent les passages annant dans le sens de B ? Ou va-t-on faire l’inverse afin de tirer notre interprétation dans le sens de B ? Les deux sont possibles. La Bible est ainsi ouverte, par son pluralisme, à une multitude d’interprétations. C’est subjetcif, offert à l’interprétation de chacun.

Dans le cas général, il est vrai que je retiens que le message du Christ s’appelle l’Evangile : c’est à dire la bonne, la meilleure des nouvelles pour toute personne et pour l’humanité. C’est ainsi que par sa vie, par ses paroles et par sa mort : Jésus a manifesté l’amour de Dieu même pour le pécheur que nous sommes tous et chacun.

Dans ce cas précis, quelle interprétation donnerais-je de passages comme celui que vous citez ?

Dieu dit à Moïse: Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde et j’aurai compassion de qui j’ai compassion.
Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.
Car l’Ecriture dit à Pharaon: Je t’ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre.
Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut.

(Romains 9:15-18).

C’est qu’il s’agit d’une typologie, et qu’il y a à la fois du mauvais pharaon et du fidèle hébreu en chaque personne. La question en Christ n’est pas de sélectionner telle ou telle personne, abandonnant telle ou telle autre à la mort, mais de sauver le meilleur de chaque personne, la délivrant des griffes de cette part d’elle-même qui l’opprime, l’empêche d’avancer librement.

Cette interprétation n’est pas très originale puisque Paul l’utilise lui-même, comparant le baptême à la traversée de la mer rouge par les hébreux et noyant les armées du pharaon (1Corithiens 10:2), cela signifie que pour l’apôtre Paul l’individu baptisé est noyé à sa vie ancienne pharaonique pour vivre en nouveauté de vie avec les hébreux, traversant la mer et le désert, nourri et abreuvé par le Christ, sa vie et ses paroles.

Donc, je dirais que Dieu, effectivement, décide librement et inconditionnellement de sauver la personnalité profonde précieuse de chaque personne, et pour cela doit travailler avec puissance contre ce qui est endurci en nous.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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