Les animaux aussi sont une âme vivante
Dans la Bible, ce qui est traduit par « âme » est l’être personnel d’un humain ou d’un animal. C’est ce que nous voyons en particulier dans le récit de création de Genèse 2 :
“L’Éternel Dieu forma l’humain (adam) de la poussière de la terre (adamah),
il souffla dans ses narines un souffle de vie
et l’homme devint une âme vivante.”
Genèse 2:7
L’humain a ainsi une dimension terrestre (faite avec de l’humus, la poussière du sol) et une dimension de souffle de vie divine. C’est l’ensemble des deux qui fait de la personne humaine une « âme vivante ».
Pour les animaux, le texte continue un petit peu plus loin dans le même récit en disant :
“L’Éternel Dieu forma de la terre (adamah) tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que toute âme vivante porte le nom que lui donnerait l’homme.”
Genèse 2:19
Les animaux sont formés à partir de la poussière du sol seulement, et cela leur suffit pour être chacun « une âme vivante », dans leur diversité.
Ce que la Bible appelle notre âme vivante n’est donc pas opposé à notre corps, l’âme dans la Bible comprend notre corps car il est une des belles dimensions de notre personne humaine vivante. Elle comprend notre corps, notre esprit (psychologie), notre intelligence, notre sensibilité, et ce fameux souffle de vie que nous a donné Dieu en plus : la vie spirituelle.
Opposition âme-corps, ou chair-esprit
Une nuance entre pensée grecque et pensée biblique
L’opposition âme/corps, qui est assez courante dans notre culture, vient plus de pensées grecques ou orientales. Cette opposition n’est pas biblique. Ce type de pensée a tendance à dénigrer les plaisirs du corps, à culpabiliser nos désirs, à considérer que la virginité serait un état supérieur au fait d’avoir des enfants, à rechercher le plus possible à faire abstraction de notre individualité pour fusionner avec le tout ou avec Dieu. Ce n’est pas ce que propose la Bible, au contraire.
L’Évangile, particulièrement, montre l’attachement spécial de Dieu pour chaque personne individuelle, pour chaque jour de sa vie en ce monde. Jésus s’attache à développer la vie spirituelle de chaque personne grâce à la confiance en Dieu, et Jésus soigne aussi les corps souffrants. Jésus aime manger et boire (Matthieu 11:19), et il se préoccupe de donner à manger aux foules (Matthieu 14:16), il aime la vie en ce monde et affirme que Dieu aime ce monde (Jean 3:16).
La tension entre l’Esprit et la chair
Dans la Bible, l’opposition n’est pas entre notre âme et notre corps, c’est plutôt une tension entre deux priorités possibles dans notre façon de voir la vie : nous sommes faits d’un corps humain et d’un souffle de vie, les deux sont des bénédictionss pour nous, mais quelle est notre priorité des priorités quand il y a une tension entre les deux ?
Donnerons-nous la première priorité à ce que nous souffle l’Esprit de Dieu en nous, mettant les désirs de notre chair en second ? Ou donnerons-nous la primauté aux désirs de la chair et ferons-nous passer en second l’Esprit ? C’est concret et a des implications éthiques dans notre vie : laisserons-nous au second rang l’amour, le respect de l’autre, la dignité de toute créature pour chercher le pouvoir, le confort et le plaisir ?
Ce n’est pas conseillé : la chair est un excellent serviteur de notre âme, mais elle devient tyrannique si on en fait notre chef, chassant l’Esprit et nous ramenant à l’état d’un animal. Alors que l’Esprit aime le corps et le respecte, alors notre âme peut s’épanouir dans toutes les dimensions, notre âme est en paix, et notre être tout entier s’épanouit, âme et corps.







