Une jolie fleur jaune ayant poussé dans une fente d'un sol desséché - Image par klimkin de Pixabay
Dico de mots qui piquent

Théologie – Théodicée

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Théodicée

Une réponse à la question : si Dieu est juste, pourquoi y a-t-il le mal ?

Ce mot de « théodicée » a été créé par le philosophe Leibniz dans un livre publié en 1710 qui traite de cette question en combinant ces deux mots grecs : theos qui désigne Dieu et dikè qui veut dire justice.

Cette question théologique et philosophique est tout à fait essentielle pour comprendre quelle est notre propre compréhension de Dieu, de la vie, de la souffrance, de notre vocation d’humain, de notre espérance, de ce que l’on entend par « justice », du statut de la souffrance pour nous… Bref, c’est vraiment un des nœuds de la pensée humaine.

« Ô Dieu, pourquoi ? Pourquoi permets-tu ce monde avec ses drames, ses misères et ses cruautés ? Qu’attends-tu pour intervenir et faire cesser ces horreurs ? » Bien des pages de la Bible posent, sur le ton de la plainte ou sur celui de l’accusation, cette question : des psaumes, des prophètes, Job et Jésus lui-même avec son cri sur la Croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Nombreux sont les croyants que la souffrance, la leur ou celle des autres, tourmente et révolte. Toutefois se débattent avec le malheur et le malheur, probablement plus que toute autre chose, ne cesse de menacer, d’ébranler et de saper la foi.

Les réponses à cette question de la théodicée sont multiples :

  1. La pire est peut-être « c’est un mystère ! », qui vise à empêcher les gens de réfléchir à l’incohérence de la théologie proposée (la finale du livre de Job va en ce sens, mais ce livre questionne cela durant 42 chapitres, et la finale n’est qu’une réponse possible, peut-être même pas présente dans la version d’origine du livre).
  2. La réponse « il n’y a pas de réponse » est la même que précédemment mais dite en termes laïcs. En réalité, il existe quantité de réponses.
  3. Certains estiment que, oui, Dieu peut faire le bien et il peut faire le mal, que c’est sa liberté et ses raisons. Qu’il ne revient pas à l’être humain de juger Dieu et de lui demander des comptes.
  4. D’autres estiment que ce qui nous semble être un mal ne l’est pas en réalité et qu’il faut apprendre à voir dans nos souffrances, même les plus grandes, des bienfaits de Dieu (c’est proche de ce que pensait Calvin).
  5. Certaines estiment que Dieu n’est pas tout-puissant ; le mal arrive contre sa volonté ; Dieu s’oppose à lui et finira par l’éliminer dans ce qui sera alors son Royaume (c’est à peu de choses près, la thèse de la théologie du Process).
  6. Et il y a quantité d’autres réponses.

Bilan personnel (qui n’engage que moi) :

Je pense que la pire des réponses est quand même de dire que : oui, Dieu peut vouloir faire souffrir, et que cela lui arrive de le faire ! Cette réponse me semble être la pire au point de vue spirituel parce que cela atteint profondément la confiance que la personne peut avoir en Dieu. Cette réponse me semble aussi un vrai problème philosophiquement et moralement car elle consiste à appeler « bien » un mal, brouillant le sens même du langage, et que cela est bien commode pour justifier plus ou moins consciemment ses propres turpitudes.

Jésus, face à un aveugle né, remarque que l’urgence n’est pas d’expliquer le mal ni d’accuser quiconque de ce mal, mais de le combattre et de le faire reculer. Cela me semble excellent au point de vue pastoral et théologique, mais en même temps cela affirme quand même un point essentiel de réponse : nous pouvons combattre le mal et les souffrances avec ardeur, sachant qu’en faisant cela nous serons avec Dieu et Dieu avec nous. C’est donc que le mal ne vient absolument pas de Dieu, jamais, et que sa volonté est toujours de voir la souffrance reculer. C’est un indice intéressant dans notre réflexion.

Ma réponse à la question de l’existence de la souffrance (cela n’engage que moi), hyper-résumée, serait : Dieu y travaille de toutes ses forces ! Il est à 100 % du côté du bien, de la vie, de l’épanouissement. Seulement :

  1. La création est encore en cours, elle continue, par conséquent il reste encore du chaos dans l’univers. Dieu continue à créer.
  2. L’humain est parfois méchant, parfois aveugle, il lui arrive de faire du mal. Dieu réagit en nous appelant, en nous prenant par la main.

Dieu nous bénit et nous garde dans son amour !

par : pasteur Marc Pernot

Voir Mal (Existence du mal & de la souffrance)

Voir cette prédication : « Théodicée : Dieu est bon, pourquoi le mal ? » (Ésaïe 42:1-10)

Suite :
Liste des articles du Dictionnaire de Théologie développant quelques notions
Liste des 'mots qui piquent' en théologie et sciences bibliques

 

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