Théologie – Parousie, fin du monde

Une jolie fleur jaune ayant poussé dans une fente d'un sol desséché - Image par klimkin de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Parousie

Le retour du Christ à la fin du monde ?

Du grec παρουσία « présence »

La pensée générale des contemporains de Jésus était que la venue du Christ coïncidait avec la « fin des temps », la fin de l’histoire. Les personnes qui ont reconnu en Jésus le Christ, se sont donc logiquement dit que la fin du monde était pour tout de suite. Certains chrétiens ont arrêté ainsi de travailler, de se marier et d’avoir des enfants (voir dans la Bible le livre des Actes des apôtres et des lettres de Paul (1 Corinthiens 7:26). Cette visée était moins évidente pour les non-juifs qui s’intéressaient au message de l’Evangile. Les années passant, l’attente des disciples se modifiera progressivement, introduisant une période de temps de durée indéterminée « les temps messianiques » entre le temps de l’histoire et la fin des temps.

D’autres comprennent la fin du monde et le retour du Christ autrement.

Le retour du Christ est à attendre dans notre être, dans notre communauté humaine, et cela se réalise par notre conversion. C’est ce dont témoigne la fin de l’Évangile selon Matthieu : il conclut son livre en annonçant que le Christ n’est pas absent, mais vivant et présent à nos côtés tous les jours (Matthieu 28:20). C’est ce que vient à dire également l’apôtre Paul quand il nous dit que nous sommes collectivement le corps du Christ, un corps composé d’une multitude de membres dont le Christ vivant est actuellement la tête, coordonnant l’ensemble (1 Corinthiens 12). C’est ce que dit aussi Jean quand il témoigne de cette promesse du Christ de demeurer en nous par l’amour (Jean 14:23).

Ce débat n’est pas une simple question de théologie abstraite, cela concerne notre vie quotidienne. C’est aujourd’hui qu’il faut vivre du salut de Dieu donné en Christ. Attendre encore la venue du messie, c’est passer à côté, attendre et attendre toujours le lendemain, cela fait 2000 ans que des chrétiens attendent ainsi que Jésus revienne établir son règne, alors que cette réalité est déjà donnée, et elle est à vivre maintenant. Cette façon d’annoncer le retour du Christ pour bientôt ressemble à cette blague que l’on raconte, où un barbier astucieux avait mis dans sa vitrine une affiche disant « demain, on rase gratis (gratuitement) », les passants venaient le lendemain se faire raser, mais comme l’affiche était encore dans la vitrine, c’était demain, toujours le lendemain que ce serait gratuit.

Le Royaume de Dieu est ainsi à la fois déjà partiellement là, en Christ, tout a été donné comme une graine de vie nouvelle dont nous voyons déjà les premières pousses. Mais l’accomplissement de son Royaume est encore à attendre et à construire. Comme le dit Jésus l’heure (du Royaume) vient encore mais elle est aussi vraiment déjà venue (Jean 4:23), nous sommes à la fin des temps et cela a des chances de durer encore…

Le bien et le mal coexistent encore et nous attendons avec un peu d’incertitude pour savoir comment évoluent les choses. L’attente de la fin du monde (ou pour ceux qui veulent parler en franco-grec = l’eschatologie) est cette espérance qu’en définitive, le mal, la souffrance et la haine ne l’emporteront pas, mais que Dieu aura la victoire, que le bonheur et la vie auront le dessus (Romains 8:31).

Voir aussi Maranatha.

 

Suite :
Liste des 'mots qui piquent' en théologie et sciences bibliques

 

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