Bible – Propitiation, Victime propitiatoire

Une jolie fleur jaune ayant poussé dans une fente d'un sol desséché - Image par klimkin de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Propitiation

Action pour s’attirer la faveur d’un dieu.

L’usage de ce mot dans la traduction de la Bible est discutable, car c’est un emprunt à d’autres religions environnantes, avec une autre « économie du salut » que dans la Bible.

Nulle prière, nul culte, nul rite, nul sacrifice n’est nécessaire pour gagner les faveurs de Dieu, ou son pardon. Il nous a aimé le premier. Il nous aime d’un amour infini comme si nous étions son enfant unique. Et nous le sommes, unique, pour Dieu. C’est donc par gratitude et pour notre joie que nous aimons Dieu, que nous le cherchons, le prions, lui rendons un culte. C’est nous qui exauçons la prière et l’espérance de Dieu quand nous pensons à lui.

L’idée de « propitiation » est étrangère à l’Évangile du Christ. Quand il est apparaît des expressions comme « victime expiratoire » ou « victime propitiatoire » dans nos traductions de la Bible, rien n’oblige de prendre ce terme au sens païen du terme : où la victime était sacrifiée dans le but de calmer la fureur de la divinité. Dans la Bible Hébraïque, le mot traduit parfois traduit ainsi est le mot kippour qui signifie aussi le pardon, par exemple dans le Psaume 130:4 « le pardon se trouve auprès de toi », car Dieu est miséricordieux, pas parce qu’on l’aurait acheté.

Avec le Christ, nous découvrons que la justice de Dieu est d’aimer et de soigner, pas de punir. Il aime et va jusqu’à faire du bien à ses ennemis nous dit Jésus (Matthieu 5:44-45). Dans ces conditions, il n’y a pas besoin d’offrir un sacrifice de propitiation ou d’expiation pour acheter son pardon. Si pour la justice humaine il fallait que le coupable paye (ou que quelqu’un paye pour lui). Avec le Christ, on comprend que pour Dieu, il faut que le coupable, au contraire, soit aidé. Dieu n’attend pas que le coupable paye pour lui vouloir du bien. Au contraire, Dieu se donne pour soigner le coupable et pour soigner la victime.

Par ses paroles, par sa vécue vécue intensément pour le service de tous, Christ montre que l’expiation ou la propitiation sont inutiles pour que Dieu nous sauve.

Plutôt que de dire que Christ est « la victime propitiatoire » ou « victime expiatoire », il me semble donc juste de traduire que Christ est « signe de notre pardon ». En effet, le mot traduit ainsi vient de l’hébreu kippour. Cela renvoie à la fête juive du kippour, du grand pardon, au cours de laquelle était offert un sacrifice qui n’avait pas pour but de soudoyer Dieu mais qui était signe de notre pardon. Comme le souligne bien des prophètes l’idée même que Dieu puisse avoir besoin de sacrifices est ridicule, lui qui possède toute chose (voir Amos 5:22, par exemple).

 

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