Bible – Vanité des vanités

Une jolie fleur jaune ayant poussé dans une fente d'un sol desséché - Image par klimkin de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Vanité des vanités

Tentative de traduction poétique d’une fameuse expression du livre de l’Ecclésiaste (Qohélet) : « Vanité des vanités, tout est vanité. » (Ecclésiaste 1:2).

Ce mot traduit par « vanité » est en hébreu hével, qui désigne cette légère buée qui est devant notre bouche quand on respire en hiver. C’est aussi le nom de Abel, le frère que Caïn va tuer par jalousie. Ce « tout est vanité » signifie donc aussi « tout est Abel », même Caïn dont la descendance disparaitra dans les eux du déluge, laissant surnager la descendance spirituelle d’Abel). Or ces deux frères expriment deux dimensions de l’humain, Caïn évoque notre côté terrien vivant de la terre et dans la possession (c’est le sens de son nom), Abel évoquant notre dimension spirituelle, dans la mobilité et dans la compassion (il est berger). Le livre de l’Ecclésiaste semble comme un dialogue où deux voix se répondent, discutent, s’interrompent. Dialogue entre la vrai sagesse et une fausses sagesses, entre philosophes et mystiques, entre rabbins, entre imagination et foi.

A cause de sa complexité et de ce ton si particulier, le livre de l’Ecclésiaste a bien failli ne pas être retenu pour faire partie du Canon de la Bible, comme le Cantique des cantiques, très curieux aussi et appartement au même courant de pensée. L’école de Hillel (le maître de l’apôtre Paul) pensait qu’il n’avait pas sa place, alors que l’école de Chammaï (l’autre parmi les plus importantes de la pensée rabbinique au 1er siècle) pensait qu’il avait sa place dans le canon (ces débats épiques entre Hillel et Chammaï ont donné en français le verbe se chamailler ?). Heureusement, ces livres si particuliers ont été retenus. Un bel exemple de l’ouverture à la diversité des écoles et des sensibilités théologiques, spirituelles, philosophiques en dialogue.

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Liste des 'mots qui piquent' en théologie et sciences bibliques

 

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