Théologie – Capax Dei

Une jolie fleur jaune ayant poussé dans une fente d'un sol desséché - Image par klimkin de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Capax Dei

L’humain est capable de connaître Dieu, et même de le recevoir.

C’est une conséquence du fait que Dieu a créé l’humain à son image, et de la théologie de l’incarnation.

L’humain est capable de connaître (un petit peu) Dieu, alors que, par principe même, étant transcendant (tout autre que nous), Dieu devrait nous être totalement incompréhensible, inconnaissable. Saint Augustin, repris par bien des mystiques, dit qu’un contact avec Dieu peut se faire par sa présence à l’intérieur de nous. C’est ce qu’il exprime dans cette prière, où il se rappelle, devant Dieu, comment, enfin, il s’est découvert capable de Dieu :

Ce que je sais, de toute la certitude de la conscience,
Seigneur, c’est que je t’aime.
Tu as touché mon cœur de ta parole, et à l’instant je t’aimai.
Le ciel et la terre et tout ce qu’ils contiennent
ne me disent-ils pas aussi de toutes parts qu’il faut que je t’aime ?
Et ils ne cessent de le dire aux humains.

Qu’aimé-je donc en t’aimant ?
Ce n’est pas la beauté selon la dimension,
ni la gloire selon le temps,
ni l’éclat de cette lumière amie à nos yeux,
ni les douces mélodies du chant,
ni la suave odeur des fleurs et des parfums,
ni la manne, ni le miel, ni les délices de la volupté.

Ce n’est pas là ce que j’aime en aimant mon Dieu,
et pourtant j’aime une lumière, une mélodie, une odeur, un aliment, une volupté,
en aimant mon Dieu ;
cette lumière, cette mélodie, cette odeur, cet aliment, cette volupté,
suivant mon être intérieur ;
lumière, harmonie, senteur, saveur, amour de l’âme,
qui défient les limites de l’étendue, et les mesures du temps, et le souffle des vents, et la dent de la faim, et le dégoût de la jouissance,

Voilà ce que j’aime en aimant mon Dieu.

J’ai si longtemps erré comme une brebis égarée…
Je t’ai cherché dans les merveilles que tu as créées :
J’ai demandé à la terre si elle était mon Dieu,
elle m’a répondu que non.

Je l’ai demandé à la mer, à ses abîmes :
tous les êtres qu’ils contiennent m’ont répondu :
cherchez-le au-dessus de nous.

J’ai interrogé le ciel, la lune, le soleil, les étoiles,
toutes m’ont répondu : nous ne sommes pas ton Dieu.

Et je dis enfin à tous les objets qui se pressent aux portes de mes sens :
« Parlez-moi de mon Dieu, puisque vous ne l’êtes pas ;
dites-moi de lui quelque chose. »
Et ils me crient d’une voix éclatante : « C’est lui qui nous a faits (Psaume 100:3). »

Maudit soit l’aveuglement qui m’empêchait de te voir.
Maudite soit la surdité
qui ne me permettait pas d’entendre ta voix !
Sourd et aveugle que j’étais,
je ne m’attachais qu’aux merveilles de ta création.

Je me suis fatigué à te chercher hors de moi,
Toi qui habites en moi.

J’ai parcouru les bourgs et les places publiques,
et je ne t’ai pas trouvé,
parce que je cherchais en vain ce qui était en moi.

Mais tu m’as éclairé de ta lumière,
alors je t’ai vu et je t’ai aimé,
car on ne peut t’aimer sans te voir,
ni te voir sans t’aimer.

Ô temps malheureux où je ne t’ai pas aimé !

Saint Augustin (354-430), Confessions, 10:5

 

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