Bible – Shaddaï, ou la maternité de Dieu

Une jolie fleur jaune ayant poussé dans une fente d'un sol desséché - Image par klimkin de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Shaddaï

Qualité maternelle de Dieu, nous accouchant, nous allaitant tendrement (et non pas Zeus Tout-Puissant).

Ce nom même de shaddaï a toute une histoire dans nos traductions de la Bible. Car quand les grecs ont traduit la Bible Hébraïque vers 300 avant Jésus-Christ (voir LXX), le sens de ce mot « shaddaï » s’était perdu ou peut-être qu’ils ont fait comme s’ils avaient oublié pour mettre ce qui pour eux était le plus digne d’un Dieu : la Toute Puissance, celle de Zeus, le grand dieu des grecs. Or, Shaddaï était le nom ou l’attribut d’une déesse bien connue comme on le voit sur une inscription à Deir ‘Allah, mais aussi retrouvée dans des sites archéologiques de l’âge du bronze : une déesse de la fécondité, plus précisément une déesse nourricière. En effet, en hébreu, « shad » est le sein maternel, ce qui donne au duel « shaddaï » : les deux seins de la maman nourrissant son enfant.

La déesse mère Ashéra (ou Astarté) était bien connue des hébreux, elle avait même sa statue dans le temple de Jérusalem où elle était adorée formant un beau couple avec Yhwh pendant des siècles. Ashéra était une déesse mère. En Ougarit elle était parfois appelée Shaddaï (celle qui a deux seins) ou Rarhmaï (celle qui a un utérus, celle qui a de la miséricorde puisque la racine rarham signifie à la fois tendresse maternelle et l’utérus). Dans la Genèse cette théologie se retrouve par exemple dans la bénédiction par laquelle Jacob bénit son fils Joseph dans le livre de la Genèse :

C’est l’œuvre du Dieu de ton père, qui t’aidera,
C’est l’œuvre du Shaddaï qui te bénira des bénédictions des cieux en haut,

des bénédictions des eaux en bas,
des bénédictions des seins (shaddaïm) et de l’utérus maternels (raram) !
(Genèse 49:25-26)

Ensuite, l’idée (très discutable mais solidement ancrée dans l’imaginaire humain) de « toute-puissance » de Dieu s’est emparée de cette traduction grecque pour injecter cette théologie jupitérienne dans notre Bible. En lieu et place d’une autre forme de puissance qui est la tendresse viscérale, l’amour qui donne la vie, qui nourrit, qui fait grandir.

 

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