Extrait d"un tableau de Spitzweg représentant un bibliothécaire
Dictionnaire de théologie

Confession de foi (ou Symbole)

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La relation à Dieu se vit avant tout comme une démarche personnelle et libre. Cet article propose des pistes pour comprendre la différence entre croyance et foi, et montre comment l’élaboration de nos propres convictions nourrit notre cheminement spirituel et notre dialogue avec les autres.


La théologie, une recherche personnelle et spirituelle

Il est vraiment utile de réfléchir sur ce que l’on croit, de creuser la question en discutant, en lisant et en priant… C’est comme cela que l’on a une chance de progresser dans sa théologie mais aussi dans sa façon de comprendre la vie. Jésus nous a donné un coup de main essentiel pour progresser dans cette réflexion. Quand Jésus parle, ces débats duraient déjà depuis des millénaires, comme on le voit dans la Bible, et à la suite de Jésus, ces débats ont continué de plus belle.

Seulement, Jésus a plus renouvelé la foi que donné un cours de catéchisme. Il nous encourage à avoir foi en Dieu, bien entendu, mais aussi à penser notre foi par nous-mêmes (voir l’article sur l’intelligence). La foi est du domaine de la relation à Dieu, ce n’est donc pas d’abord une croyance.

Ensuite, il est vrai que cette relation à Dieu peut nourrir une pensée rationnelle, une théologie et une philosophie de vie. Inversement, notre théologie n’est pas neutre, une bonne théologie nourrit notre confiance en Dieu, elle stimule la poursuite de notre recherche de Dieu (puisque nous savons que nous ne pouvons pas l’enfermer dans une théorie sur lui), elle influe sur notre façon de comprendre ce qu’est le bien, et elle nous aide pour témoigner de notre foi auprès des autres.

Qu’est-ce qu’une confession de foi ?

C’est de cette recherche que naissent les « confessions de foi ». On dit aussi un « symbole » (littéralement « ce qui est envoyé ensemble ») quand il s’agit d’un texte non pas personnel mais qui réunit un certain nombre de personnes dans la proclamation d’un ensemble de croyances.

Une “confession de foi” est en général un texte assez court, de quelques lignes, qui cherche à dégager les principaux points de notre réflexion théologique et spirituelle, quelques points prioritaires pour nous.

Il serait donc plus juste d’appeler cela une « confession de croyances » qu’une « confession de foi », mais pourtant, à travers ces mots, c’est bien la foi qui nous pousse à parler.

La confession de foi s’exprime souvent à la première personne. « Je crois en Dieu, le Père… Je crois en Jésus-Christ, notre Seigneur… Je crois en l’Esprit… Je crois enfin… ». Au cours du culte, il arrive que la personne qui préside choisisse ou rédige elle-même une confession de foi et la propose à l’assemblée.

Jésus-Christ : le point focal des chrétiens

Pour les chrétiens, la « confession de foi » essentielle est « Jésus-Christ ». Ces deux seuls mots forment une confession de foi : ils disent que cet homme, Jésus, est le Christ, c’est-à-dire qu’il a été envoyé par Dieu comme sauveur de l’humanité tout entière, de toutes les nations et de tous les siècles (et donc en particulier mon sauveur). Cette formule dit que c’est en faisant confiance à Jésus, à ses paroles et ses gestes que nous cherchons à connaître qui est Dieu et à cheminer vers lui, avec lui. Ce n’est donc pas seulement une doctrine, c’est aussi une démarche, une façon de chercher, une façon d’être.

Cette confession de foi centrale unit absolument tous les chrétiens, quelle que soit leur église, même s’ils n’ont aucune église. Personne, sauf le Christ lui-même, ne pourrait dire que telle personne, qui pourtant reconnaît Jésus comme le Christ, ne serait pas chrétienne (ça ne veut pas dire que l’on serait d’accord nécessairement avec tout ce que pense, dit et fait cette personne, mais en tout cas, elle est reliée au Christ, ou tente de l’être).

C’est le centre, le point focal des disciples du Christ. Mais ensuite il peut être intéressant de développer cette confession de foi. Chaque mot ajouté est important, et prête alors à des discussions.

Dans les Évangiles, nous avons un bon nombre de « confessions de foi » qui tiennent souvent en quelques mots proclamés par un témoin face à Jésus-Christ (voir ce texte qui en retient 12).

Jésus-Christ est le Seigneur

L’apôtre Paul retient avec certaines des premières églises chrétiennes cette courte confession de foi : « Jésus-Christ est le Seigneur » (1 Corinthiens 12:3 ; Philippiens 2:11), cela signifie :

  • Que cet homme, Jésus, est le Christ, comme nous l’avons vu.
  • Avec en plus le fait de reconnaître ce Jésus-Christ comme le Seigneur, c’est-à-dire comme ayant une importance capitale pour ce que je veux être, sur ce que je connais de Dieu, sur ma façon de vivre, de prier et d’espérer. Cela laisse chacun libre, car ces conséquences, il appartient à chaque personne de les chercher en termes de croyances, d’actes de services, d’actes religieux, de spiritualité… selon ce que sa conscience lui dictera, éclairée par Dieu lui-même.
  • Si certains entendent que cette formule dit que Jésus-Christ serait Dieu (le Seigneur), c’est possible, mais ce n’est pas non plus une évidence qui s’imposerait. Là aussi, chaque chrétien peut s’y retrouver à sa façon.

C’est ainsi que bon nombre d’églises protestantes ont choisi cette confession de foi « Jésus-Christ est le Seigneur » comme étant la confession de foi proposée aux personnes pour devenir membre de l’église quand elles le demandent, le reste étant libre.

Liberté et diversité dans la foi

Comment est-ce qu’une telle liberté, et donc une telle diversité, est possible dans une même église ? C’est le miracle de l’Esprit Saint, dirait Paul (1 Corinthiens 12-13), c’est lui qui nous assemble en un corps, de l’intérieur, et non de l’extérieur, par la contrainte d’adhérer à telle ou telle croyance. Le fait de regarder tous vers le même point (Jésus-Christ), le fait de chercher à avancer vers notre Père à tous par lui : c’est cette dynamique qui fait que nous sommes déjà assez en communion entre nous pour lire la Bible ensemble, prier ensemble, participer à la Sainte-Cène ensemble.

La diversité des confessions de foi est même une chance car elle nous rappelle qu’aucune confession de foi n’est parfaitement fidèle à Dieu et au Christ. Cette diversité nous encourage ainsi à poursuivre le chemin dans l’humilité et le dialogue avec les autres.

La plus connue des « confessions de foi » chrétiennes est appelée le « Symbole des apôtres ». Dans notre église, chacun est libre de trouver ce texte génial ou discutable, mais en tout cas, ce texte a accompagné la réflexion des églises depuis la fin du IIIᵉ siècle (environ), a évolué jusqu’au VIIᵉ siècle, il est souvent utilisé lors des célébrations œcuméniques (rassemblant des chrétiens de différentes églises).

pasteur Marc Pernot

 

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En écho à ce texte :

2 Commentaires

  1. Pascale dit :

    Depuis que j’ai lu pour la première fois cet article, je me suis amusée régulièrement à rédiger pour moi-même une confession de foi afin de m’obliger à faire le point de temps en temps. M’autoriser à le faire n’était pas une évidence et a déjà été une première étape. Ensuite, je me suis étonnée moi-même car l’écriture ce n’est pas trop mon truc et l’exercice est somme toute plutôt intellectuel, mais je ne le regrette vraiment pas. Cela a constitué un outil pour reconstruire un édifice qui s’était écroulé, en espérant que maintenant il se construit sur des bases plus solides. Merci donc pour cette incitation permanente à la réflexion et à l’appropriation personnelle des idées … même s’il est clair que je suis grandement influencée par tout ce que je lis ici !

    1. Marc Pernot dit :

      Chère Pascale
      Est-ce que vous accepteriez de m’envoyer ce texte ? je suis persuadé que nous en serions enrichi. Par le contenu et par le geste même que vous décrivez.
      Ce serait un grand service.

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