Deux mains, paumes vers le haut en signe de réceptio, dans l'obscurité - recadrage d'une Photo de jörg meier sur https://unsplash.com/fr/photos/personne-tenant-des-paumes-9loYNAWmtm0

La prière de demande ou d’intercession : impliquer Dieu dans notre vie

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Cet article explore la signification de nos prières face à un Dieu bienveillant. À travers l’approche de l’Évangile, il met en lumière la façon dont l’expression de nos espoirs interagit avec la confiance, offrant de nouvelles perspectives sur l’exaucement et notre rôle dans le monde.


Une intuition spirituelle universelle

Depuis les temps préhistoriques, l’humain a senti qu’une puissance spirituelle existe et a une puissante importance dans notre vie. Ce n’est pas une illusion, c’est une expérience que beaucoup ont faite et font actuellement. L’existence de l’Univers, l’existence de la vie et de la possibilité d’aimer ont aussi laissé penser qu’il pourrait y avoir une source puissante de création.

Dès lors, il est tentant de chercher à s’ouvrir à cette puissance et à sa présence, et d’espérer pour notre vie et pour ceux que nous aimons. La prière vient ainsi à notre cœur, notre âme, nos lèvres. Cette prière devient assez spontanément une prière de demande. C’est aussi naturel que la prière de louange et la plainte.

Dans certaines religions, cette prière de demande était pensée comme un commerce : on attendait quelque chose de Dieu ou des dieux, alors on offrait un sacrifice comme on avance de l’argent à la boulangerie pour avoir son pain. Ce sont des rites, des prières, des offrandes, des sacrifices, des temples et des statues, et parfois des épreuves que l’on s’inflige comme des exercices pénibles et des jeûnes dans la pensée que cela pourrait fléchir la divinité et qu’elle accorde ses dons. C’est la même logique que nous trouvons dans la corruption auprès d’un pouvoir politique.

Le changement de paradigme apporté par l’Évangile

Le Christ rompt avec cela. Il nous a apporté une nouvelle, une excellente nouvelle (en grec un « évangile« ) : Dieu est grâce, c’est-à-dire qu’il nous aime, et qu’il nous aime gratuitement sans rien attendre en échange. Il prend soin de nous quand nous faisons le bien, mais il prend soin de nous aussi quand nous faisons n’importe quoi en espérant que nous irons mieux (Matthieu 5:45). Il prend soin de chacun de ses enfants tout simplement comme une mère ou un père prend soin de son bébé, ou même comme une poule prend soin de ses poussins, nous dit Jésus (Luc 23:37). C’est tout naturel.

Dès lors, à quoi bon demander à Dieu ? Il n’est pas utile de chercher à le convaincre de nous accorder des bénédictions : il n’a jamais demandé mieux que de nous aider du mieux possible. Et il sait mieux que nous le chemin qui mène du chaos vers la vie : il fera de toute façon au mieux pour nous.

Pourtant Jésus nous encourage à prier, bien sûr, et à demander :

La promesse de la confiance

« Tout ce que vous demanderez dans une prière, ayant confiance, vous recevrez » (Matthieu 21:22)

C’est une magnifique promesse que Jésus nous donne ainsi. Et nous le voyons : il n’y a rien à payer, le service de Dieu est offert. La confiance en Dieu est une ouverture aux bons soins de Dieu pour nous, cela l’aide, mais ce n’est pas une condition pour que Dieu ait de la bonne volonté pour nous aider. Dieu fait tout, même pour la plus perdue des brebis perdues (Luc 15:4).

Ce qu’il est juste de demander

Mais que demander ? Jésus déconseille de rechercher auprès de Dieu nourriture, vêtement, santé, etc. (Matthieu 6:25-32) Pourquoi ? parce que quand on prie Dieu pour la santé, c’est le corps que nous adorons, c’est lui en réalité notre Dieu, et nous transformons Dieu comme notre serviteur au service de notre dieu-santé. Et pourtant, bien sûr que notre santé et celle des personnes que nous aimons est essentielle car nous sommes un corps, un corps pensant, aimant et priant, mais un corps, et Dieu bénit notre corps et notre santé. Il sait très bien de quoi nous avons besoin avant même que nous le demandions (Matthieu 6:8). Dieu n’est jamais du côté de la maladie, bien sûr, il est un soin pour nous, jamais une menace. Seulement Dieu n’est pas un magicien : il est source d’évolution, il nous accompagne, il nous apprend à chercher comment nous soigner, il encourage la médecine et la solidarité, mais il arrive que la maladie soit la plus forte et ce n’est alors jamais la volonté de Dieu. C’est pourquoi Jésus nous encourage à prier Dieu pour nous associer à lui et à prier « Père, notre Père à tous, que TA volonté soit faite » (Matthieu 6:10), car elle n’est actuellement pas encore toujours faite sur cette terre.

Alors comment marche la prière de demande ? Regardons attentivement le verset ci-dessus : « Tout ce que vous demanderez dans une prière, ayant confiance, vous recevrez. » (Matthieu 21:22) Il n’est pas écrit que Dieu nous donnera ce que nous demandons ! Mais il est écrit que nous recevrons ! Quoi ? Nous recevrons ce que Dieu aura trouvé de mieux, ce qu’il aura pu faire : faisons confiance dans ces dons.

Une vocation inattendue comme exaucement

Nous pouvons donc effectivement demander, pour nous et pour ceux que nous aimons, pour les sujets qui nous préoccupent et ceux qui nous inspirent. Mais ne soyons pas fixés sur la manière dont Dieu exaucera notre prière.

Quand nous prions pour une situation, faisons confiance que Dieu fera ce qu’il pourra, mais souvent cet exaucement sera de nous aider, nous en particulier qui prions, à participer à faire avancer les choses dans ce domaine que nous avons à cœur. La prière de demande est souvent exaucée par une vocation qui nous est adressée. Dieu embauche les bonnes volontés, en priant nous avons manifesté notre bonne volonté. C’est ainsi que la prière de demande n’est pas une façon de nous défausser sur Dieu, c’est déjà une façon de dire : « Me voici, envoie-moi » (Ésaïe 6:8). Même quand nous prions comme un patron donnant des ordres à Dieu, nous sommes exaucés en ayant le privilège de devenir serviteurs, envoyés par Dieu afin « que nous accomplissions ses œuvres » (Jean 9:4) avec lui.

Prier en demandant pour nous et pour d’autres aussi : c’est impliquer Dieu dans notre vie, cela ne reste pas sans de belles conséquences.

« Que ta volonté soit faite » : la sagesse de l’ouverture

Dieu sait de toute façon mieux que nous, et pourtant Dieu a besoin de nous entendre demander, intercéder, espérer devant lui dans la prière : car « Dieu nous a créés à son image » (Genèse 1:27) : il nous a créés créateurs, c’est-à-dire que nous avons cette capacité divine d’avoir un point de vue, des valeurs, des situations et des projets qui nous tiennent à cœur. Si Dieu nous a donné cette incroyable qualité d’être, c’est que notre vision originale enrichit le monde. Nos projets l’intéressent et forment avec ceux des autres et son propre projet un bouquet merveilleux à ses yeux. Il tient compte de tout cela au mieux possible.

N’hésitons pas à partager avec Dieu ce que nous avons à cœur comme plainte, comme louange, comme joie et comme projets, comme espérance. Mais en conclusion de cette prière, Jésus conclut très finement par « Que ta volonté soit faite et non la mienne » (Luc 22:42)

Heureusement que Dieu n’est pas obligé de nous obéir ! Ce serait marcher sur la tête. C’est Dieu qui est Dieu et nous sommes ses créatures. Il voit les choses à un autre niveau que nous, avec l’ensemble des possibles, dans le temps, avec la multitude des humains. Ce serait plutôt à Dieu de nous suggérer de nous aider de ses lumières à lui !

Faire confiance à l’inattendu

« Que ta volonté soit faite et non la mienne« , mais il est quand même utile d’exprimer notre volonté devant lui, puis de faire confiance : Dieu exauce toujours. Même nos prières maladroites, même nos prières injustes et folles comme serait de lui demander de faire du mal à quelqu’un (ce que Dieu ne sait pas faire). Quand même : Dieu exauce comme il peut et comme il veut, mais il nous exauce. Il nous apporte un bon soin et par ailleurs il fera ce qu’il pourra faire à son niveau, dans l’espace et le temps.

« Que ta volonté soit faite et non la mienne » : c’est sage car il y a des risques à être trop fixé sur ce que nous attendons de lui :

  1. Nous prendrions d’abord le risque d’être déçus, car Dieu ne peut pas faire tout et n’importe quoi en un instant comme s’il était magicien.
  2. Ensuite, parce qu’en étant trop fixés sur tel exaucement, nous risquerions bien de manquer la merveille que Dieu voulait nous donner comme exaucement. C’est cela que corrige ce « que ta volonté soit faite » de Jésus. Notre prière attend mais sans « attendus », finalement. Et c’est mieux.

D’une manière générale, il me semble préférable de dire à Dieu ce que nous avons à cœur, puis de lui demander de faire au mieux, dans la confiance en lui, confiance qui est le fruit de ce que le Christ nous a manifesté, confiance qui est aussi le fruit de notre expérience de vie où Dieu ne nous a jamais déçus, à vrai dire.

Je partage avec Dieu ce qui me tient à cœur, mais j’évite de parler à Dieu à l’impératif. Il m’arrive, comme à tout le monde je pense, que cela m’échappe et que nous lui demandions de faire ceci pour nous, de nous donner cela… C’est alors que le « que ta volonté soit faite et non la mienne » de Jésus vient couvrir cela du baume de la confiance en Dieu et de l’ouverture à l’inattendu qui est la caractéristique d’un créateur.

Mais en même temps il est certain, bien sûr, que jamais la bonne volonté de Dieu ne fait défaut, même envers la plus perdue des brebis perdues. Surtout pas.

Même si l’essentiel de notre prière est intime, dans notre cœur à cœur avec Dieu, il arrive que nous ayons besoin de partager avec d’autres quelque chose dans la prière, c’est pourquoi nous accueillons vos prières pour penser à vous et prier avec vous : c’est ici. N’hésitez pas à répondre à ceux qui prient, par un encouragement, et en priant pour eux, avec eux.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

pasteur Marc Pernot

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Des textes de prière

Vos questions concrètes

2 Commentaires

  1. Pascale dit :

    Je trouve cette page absolument exceptionnelle de justesse, d’intelligence, de réalisme et de foi. Une excellente synthèse de ce que vous semez à  droite et à  gauche. Puissent un maximum de personnes « tomber » là-dessus et peut-être évoluer dans leur conception de la prière de demande !

    1. Marc Pernot dit :

      Chère Pascale,
      C’est très touchant pour moi, car j’ai trouvé cette page particulièrement délicate à faire. C’est pourquoi j’avais tant différé sa rédaction.
      Ça touche à notre espérance dans la foi, la placer. Et cela peut coûter. Mais pour le mieux, je pense.
      Donc merci pour les encouragements.

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