
Romains 10:9 : « confesser Jésus-Christ » suffit-il pour être sauvé ?
Un lecteur demande comment comprendre Romains 10.9, qui affirme que confesser Jésus-Christ de sa bouche suffit pour être sauvé. Le pasteur Marc Pernot met ce verset en dialogue avec d’autres textes bibliques pour montrer que cette confession, loin d’être une simple formule, se vérifie dans l’amour concret du prochain.
Question posée :
Bonjour pasteur, comment interprétez-vous Romains chapitre 10 verset 9 quand il dit que si on confesse Jésus-Christ de notre bouche on est sauvé… ?
J’aimerais savoir quelle Bible vous lisez, est-ce Louis Segond ?
Merci pour votre dévouement pour nous, c’est très apprécié.
Réponse d’un pasteur :
Bonsoir
- Par exemple ce passage où Jésus dit : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Matthieu 7.21-23).
- Donc, il ne suffit pas de bien tout confesser de sa bouche, mais de faire la volonté du Père, c’est-à-dire aimer. Jésus dit donc apparemment l’inverse de ce que dit Paul !
- Jean, lui, réconcilie les deux dans son extraordinaire première lettre. Il dit : « Celui qui déclarera publiquement que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. » au verset 4.15, laissant penser que l’important serait donc la confession de foi proclamée de la bouche. Et au verset suivant, Jean ajoute : « Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. » (4.16), puis « Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. » (4.20-21). Par conséquent, « confesser Jésus-Christ de notre bouche » c’est, en réalité, aimer : aimer Dieu et aimer son frère ou sa sœur en humanité.
- Si l’on en croit ce que dit Paul dans son fameux hymne à l’amour de 1 Corinthiens 13, je pense que lui-même serait d’accord avec cela, puisque même celui qui a les plus hautes connaissances, la plus haute mystique, religiosité et foi, s’il n’a pas l’amour, tout cela ne sert à rien.
par : Marc Pernot, pasteur à Genève
À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Confession de foi (ou Symbole), voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.
En écho à ce texte :
-
Bible – Kérygme
-
un dictionnaire grec-français permettant de mieux goûter les nuances des versions grecques des textes bibliques ?
-
Marc 16, 16 : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » — comment le comprendre ?

Une question me titille, confesser que Jésus est seigneur et sauveur bien, alors pour les autres religions qui ne le reconnaissent pas en tant que tel que se passe t il?