
Je crois en Jésus-Christ : sens, histoire et théologie du Credo

Les 12 apôtres contribuant chacun à composer le « Symbole des apôtres ». Manuscrit de 1321.
- Voir le premier document sur le contexte de rédaction ainsi que la partie « Je crois en Dieu ? »
- Vous lisez actuellement le deuxième document sur ce texte que l’on appelle le Crédo ou Symbole des apôtres.
- Voici le troisième document portant sur « Je crois en l’Esprit-Saint ? »
- Voir le quatrième document sur « Je crois la sainte Église ?? »
Le texte actuel
Je crois en Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre.
Je crois en Jésus-Christ, son fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la vierge Marie. Il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli, il est descendu aux enfers. Le troisième jour, il est ressuscité des morts, il est monté au ciel, il siège à la droite de Dieu, le Père tout puissant, il viendra de là pour juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit-Saint.
Je crois la Sainte Église universelle, [l’église romaine dit « catholique », ce qui signifie « universel » en grec] la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle.
Amen.
Je crois en Jésus
Croire QUE Jésus a existé, c’est facile : c’est l’hypothèse la plus raisonnable. Presque tous les historiens universitaires s’accordent pour dire que Jésus est un personnage historique, et cela, quel que soit leur religion ou leur athéisme. Les opposants à Jésus et à son mouvement, juifs comme romains, existaient dans les premiers siècles, mais aucun n’a jamais dit que le héros des chrétiens, Jésus, n’avait pas existé.
Croire EN Jésus, c’est autre chose. Comme nous l’avions vu à propos du « je crois en Dieu », qui est bien différent de « je pense que Dieu existe », dire « je crois en Jésus », c’est mettre sa confiance en lui. C’est dire que cette référence est déterminante pour sa propre façon de vivre, même si ce n’est pas nécessairement exclusif.
Le personnage historique a eu une influence immense dans le cours de l’histoire de la pensée mondiale. Les évangiles rédigés sur lui sont reconnus comme faisant partie du patrimoine majeur de l’humanité pour leur apport philosophique et littéraire.
Je crois en Jésus-Christ
Christ (traduction en grec du mot hébreu Messie) est une fonction dans le judaïsme de l’époque. C’est le sauveur ultime de l’humanité entière. Le pluralisme de la Bible hébraïque propose plusieurs interprétations possibles sur ce que serait le Messie :
- Soit un chef de guerre du type David. Jésus n’a pas endossé ce rôle et ne s’est pas mêlé de résistance armée.
- Soit un nouveau prophète comme Moïse. Jésus n’a rien écrit et annonce que l’Esprit est donné à toute personne.
- Soit un grand prêtre comme Melchisédek. Jésus a plutôt relativisé la religion institutionnelle pour privilégier une relation directe et personnelle avec Dieu.
- Soit un messie collectif comme Israël, lumière des nations.
Jésus correspond finalement mieux au « serviteur souffrant » annoncé par le prophète Isaïe, incarnant la compassion plutôt que la toute-puissance.
Je crois en Jésus-Christ, son fils unique
Que Jésus soit fils de Dieu peut s’entendre de diverses manières : d’une façon charnelle (conception virginale), spirituelle (lors de son baptême), ou par vocation en incarnant la « Parole de Dieu ». Jésus est l’archétype de l’humain tel que Dieu l’espère : confiant en Dieu et soucieux de son prochain.
Notre Seigneur
L’expression « Jésus-Christ est le Seigneur » exprime notre confiance dans sa puissance d’action au présent. Le Christ est notre frère, et si nous sommes tous enfants de Dieu, sa vocation unique dans l’histoire justifie pleinement ce titre de Seigneur.
Qui a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la vierge Marie
La naissance de Jésus interroge la part de l’histoire et du symbole. Le récit de la conception virginale peut se comprendre au sens spirituel : notre être et notre vie peuvent être fécondés très concrètement par l’Esprit de Dieu.
Il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié
Jésus a été condamné comme agitateur politique, victime d’un supplice romain particulièrement cruel. Sa mort ne doit cependant pas être vue comme un « rachat » sacrificiel apaisant la colère d’un Dieu vengeur, mais comme l’aboutissement tragique d’une vie d’amour radical.
Il est mort, il a été enseveli, il est descendu aux enfers
La mort de Jésus a d’abord désarçonné ses disciples avant de devenir la conviction profonde que la mort n’est pas la fin de tout. Sa descente aux enfers symbolise le fait que le Christ va libérer et sauver l’humanité jusque dans ses détresses les plus profondes.
Le troisième jour, il est ressuscité des morts
La résurrection de Jésus a pour effet immédiat de ressusciter la foi et l’espérance des disciples. C’est le signe éclatant que l’amour est plus fort que la mort, et que Dieu est l’acteur infatigable de notre réveil et de notre relèvement.
Il est monté au ciel, il siège à la droite de Dieu
Cette montée au ciel signifie que Jésus n’est plus physiquement sur terre, mais qu’il est présent dans la dimension spirituelle, inspirant nos vies et notre action au service du prochain.
De là il reviendra pour juger les vivants et les morts
Loin d’être une menace de condamnation implacable, le jugement du Christ est une bonne nouvelle : c’est un amour puissant qui soigne, purifie et fait naître en nous le meilleur.
À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Confession de foi (ou Symbole), voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.