Christ a prié pour l’unité des humains, donc, elle doit bien exister un peu, non ? Si on regarde bien.

Christ, portrait fait avec de multiple visages - église du Canada

Nous sommes le corps du Christ. C’est ce que dit ce collage fait par des jeunes de l’église du Canada, composant un visage du Christ avec de multiples petites photos de visages.

Par : pasteur Marc Pernot

Le Christ a prié pour que ceux qui croient en lui soient unis, par conséquent, si nous croyons que la prière du Christ a quelque efficacité ( ! ) cette unité existe d’une certaine façon, d’une façon infiniment profonde et vraie. À nous de vivre maintenant de ce qui nous unit en Christ.

L’unité visible des chrétiens n’a jamais existé, heureusement. Par exemple, nous voyons dans les évangiles que la façon d’être en relation avec le Christ de Pierre n’est pas la même que celle de Jean ou de Thomas, que celle de Marthe diffère de celle de sa sœur, qui est plus contemplative. Il s’agit là de différences très profondes puisqu’elles concernent la foi personnelle de chacune de ces personnes. Dans l’Église des premiers temps des différences de pratiques religieuses existent tout naturellement. Nous voyons dans les livres des Actes des apôtres et dans les lettres de Paul qu’autour de Jacques (appelé « frère du Seigneur »), des chrétiens d’origine juive désirent continuer à suivre les préceptes religieux de la Loi de Moïse. Autour de Pierre et de Paul, par contre, des chrétiens ne suivent pas ou plus ces pratiques. Qu’il existe des chrétiens ayant une expérience des « dons de l’Esprit » et d’autres non. Que certains vient en Jésus un maître en philosophie et d’autres comme le Messie qu’ils attendaient. Ces différences de sensibilités de foi et de pratiques vont être heureusement reconnues et acceptées par chacun de ces grands témoins du Christ vivant.

Au-delà de toutes ces différences, il existe une unité en Christ, une unité qui est plus profonde que tout. En Christ, « Dieu opère tout en tous », comme le dit l’apôtre Paul (1 Corinthiens 12:6), il y a donc une seule foi, un seul baptême, et une diversité de dons, de services, et d’actes.

Il est vrai que cette diversité qui existe entre les disciples du Christ n’est pas seulement normale et heureuse, elle est en partie, quand même, due à notre « péché », si on veut appeler ainsi nos faiblesses et notre tentation de prendre l’idée que nous nous faisons de Dieu avec Dieu lui-même, l’idée que nous nous faisons du Christ pour Christ lui-même, et que ce qui nous convient à nous devrait convenir à tout le monde. C’est un problème pour vivre avec les autres et c’est aussi un problème spirituel pour nous-même. Car cela n’aide pas à avancer. Car les différences avec les autres est une chance pour nous faire voir plus loin, pour affiner, rendre plus riche notre façon de voir, réviser une chose ou deux qui ne vont pas chez nous, peut-être… Cela n’est possible que si l’on a cet état d’esprit que nous propose l’apôtre Paul : « que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. » (Philippiens 2:3) Il ne serait pas faux non plus de dire qu’en certains points je suis supérieur à l’autre, et qu’il a besoin de moi comme j’ai besoin de lui.

C’est la vision de l’unité que propose Paul quand il compare l’humanité à un corps avec des membres multiples, différents et complémentaires. L’unité n’est pas une uniformité, elle n’est pas une contrainte de l’extérieur. L’unité vient de fond de chacun, par l’Esprit, et se manifeste par des liens de compassion entre les membres, et de complémentarité des vocations.

Cette unité, au delà de nos faiblesses, existe donc réellement, même si ce n’est pas encore de façon suffisante. Nous voyons bien des manifestations de cette unité, et c’est une occasion de rendre grâce.

Vous aimerez aussi...