
Peut-on être en Christ et avoir encore besoin d’une délivrance ?
Peut-on être en Christ et avoir encore besoin d'être délivré ? Un pasteur répond sur les "ministères de délivrance", le sens des démons, le péché et la place de la peur dans la vie spirituelle.

Question posée :
Bonjour,
Je viens vous porter une question sur les ministères de délivrance : je voudrais savoir si cela est biblique. Comment peut-on être en Christ et avoir besoin d’une délivrance ? Christ n’a-t-il pas tout payé et ne nous a-t-il pas délivrés de tout lien de tout péché ?
Je voudrais également savoir s’il faut tout spiritualiser : si, par exemple, on avorte, cela a-t-il des répercussions sur le monde spirituel si nous sommes en Christ ? Ou, en général, nos péchés ouvrent-ils une porte au diable, aux esprits, pour entrer en nous ? Que doit-on penser de la réalité du monde spirituel ?
Au-delà de ça, Christ nous a donné l’autorité de chasser les démons, de lier et de délier, etc. Comment comprendre cela et comment l’exercer ? Par exemple, si je couche avec une personne, je crée un lien avec cette dernière ; puis-je défaire ce lien ou dois-je aller voir un pasteur ?
Doit-on mener avec cette autorité un combat spirituel ? (Éphésiens 6.10-17)
J’ai remarqué que l’on spiritualise tout dans mon église, disant par exemple que tous les péchés ont un impact dans le monde spirituel. Est-ce véridique ?
Je m’interroge également : des gens témoignent que cela fait des années qu’ils sont en Christ, qu’ils se sanctifient, etc., et pourtant les maris de nuit continuent à venir. Mentent-ils ?
Que Dieu vous bénisse
Réponse d’un pasteur :
Bonjour,
Personne n’est parfait, même en Christ
D’abord, bien entendu, même en ayant foi en Christ, nous ne devenons pas parfaits. Car Dieu seul est bon, nous dit Jésus, et Paul confirme qu’il n’existe pas un seul juste (à 100 %).
La foi rend possible, suscite un cheminement, une poursuite de la genèse de notre être, un approfondissement de notre compréhension et de notre communion avec Dieu en Christ. Il reste et il restera toujours du chemin à faire, toujours à se convertir encore plus profondément chaque jour. Ce n’est pas magique.
De plus, notre foi ne peut pas être à 100 % non plus, cela n’existe tout simplement pas. La personne humaine est complexe, et quand bien même notre tête et notre cœur seraient d’accord et parfaitement connectés à Dieu, il resterait nos hormones, nos instincts les plus cellulaires qui, eux, sont encore dans l’égocentrisme le plus basique. C’est normal, nous sommes des animaux, certes spirituels, mais quand même. Et même en ce qui concerne notre choix de vivre selon Jésus-Christ, heureusement que nous nous posons encore des questions, car nos croyances sont évidemment imparfaites ; il n’y a pas à culpabiliser là-dessus, ni à le nier. C’est normal, car on ne peut enfermer Christ, et encore moins Dieu, dans quelques formules, dans nos petites catégories de pensée d’humains de ce monde. C’est ainsi que notre confiance ne repose pas sur nous-mêmes, mais sur le simple fait que Dieu nous aime personnellement, et qu’il nous gardera même si nous devenions son ennemi (nous dit Jésus).
Se méfier des « ministères de délivrance » qui s’interposent
Pour ce qui est de personnes qui auraient un « ministère de délivrance » : je me méfierais beaucoup d’une personne ou d’une église qui se placerait en intermédiaire entre Dieu et la personne. En Christ, par l’Esprit, chaque personne est en ligne directe avec Dieu. Le rôle de l’Église et de ses ministres est de dire à chaque personne qu’elle est digne et qu’elle en est capable. Ensuite, c’est Dieu qui travaille en chacun, directement, pour sa libération. C’est tout un travail progressif, comme dans ces paraboles de Jésus où il compare le Royaume de Dieu à une graine qui germe, un arbre qui pousse, une pâte qui lève. Le « ministère de délivrance » consiste donc, à mon avis, à délivrer la personne de sa peur de Dieu, ou de son propre sentiment d’insuffisance, pour l’appeler à se réconcilier avec Dieu, à l’encourager à compter sur Dieu pour qu’il la relève et la rende capable de faire face. C’est ainsi que Christ délivre bien des personnes en leur disant que leur péché a déjà été pardonné (par Dieu), que leur foi les a sauvées et qu’elles peuvent avancer en paix dans leur vie, librement.
Ce qui nous est proposé, je pense, c’est plutôt de visiter ceux qui sont prisonniers de quelque chose, d’annoncer aux captifs la libération par Dieu. C’est Dieu qui libère, selon la première des « Dix Paroles » : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » (Exode 20.2).
Vous avez raison, ce passage de la lettre aux Éphésiens, au chapitre 6, sur les armes du chrétien, est bien riche et affirme effectivement que le chrétien a déjà en lui-même tout ce qu’il faut pour faire face, avec Dieu, à ce qui ne va pas. Délivrer une personne, ce n’est donc pas agir à sa place ni à la place de Dieu, au contraire. Ce n’est pas se placer en médiateur, mais plutôt en portier aidant à entrer en sa présence.
Faut-il « spiritualiser » le mal et les démons ?
Pour ce qui est de « spiritualiser », je pense qu’il est exact que, quand on fait le mal, cela génère de la souffrance autour de nous et cela abîme aussi son auteur. Ce n’est pas que cela fâcherait Dieu, certainement pas, puisqu’il est amour et pardon. Mais il s’agit d’une régression spirituelle dans la mesure où nous vivons en faisant n’importe quoi. Ce n’est pas non plus que des sortes de créatures invisibles viendraient nous infester. Je ne pense pas qu’il soit bon de faire croire aux gens, ni aux enfants, qu’il y a des démons invisibles cachés sous le lit. Ce n’est pas que « les démons » n’existent pas, mais ce ne sont pas des créatures invisibles, ce serait un peu trop simple. Les démons sont une façon de parler de ce qui, en nous, dysfonctionne, nous tire vers le bas, nous fait souffrir, résiste à notre propre contrôle. Cela peut effectivement venir d’un traumatisme ancien, ou de notre faiblesse d’humain normal, ou d’un manque de croissance, ou d’un mauvais pli que nous avons pris, ou de l’influence de l’air du temps. Il est utile, je pense, de laisser le terrain de l’imagination fantastique pour identifier, nommer les choses clairement, et ensuite faire équipe avec Dieu pour qu’ensemble nous puissions avancer. Pour en parler aussi, éventuellement, avec un ami, un conjoint, un pasteur ou un prêtre (qui ne se prendrait pas pour Dieu ou pour son médiateur).
Le cas des rêves et du « mari de nuit »
Je ne sais absolument pas ce que c’est que cette histoire de « mari de nuit ». Je ne pense pas qu’il soit possible d’interpréter les rêves : ils sont le reflet à la fois de nos peurs, de nos hormones, de notre imagination, de traces de films et d’histoires entendues, et de l’Esprit aussi, qui nous souffle la Parole de Dieu, mais tout cela est tellement mélangé qu’il est impossible de trier. Ce qui est dangereux, c’est d’attacher de l’importance à ces rêves, et ce qui est plus dangereux encore, c’est de faire confiance à une personne qui prétend interpréter les rêves. Il me semble préférable de laisser les rêves au sommeil, et de vivre le jour avec les yeux ouverts, l’esprit vif, avec notre belle personnalité, avec notre petite sagesse et notre petite force, certes, mais aussi avec le pardon et l’aide de Dieu. Et faire ensuite ce que nous pourrons pour avancer de la manière la plus fidèle possible.
En tout cas, n’ayez aucune peur de Dieu : il est de votre côté pour tout, dans tous les combats et tous les chantiers, pour vous mener à la vie.
Dieu vous bénit et vous accompagne.
En écho à ce texte :
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J’ai fait des fausses couches et on me dit que pour régler cela nous devons nous repentir.
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Peur du péché contre l’Esprit et du péché originel ? On se calme, dans la confiance en Dieu
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J’espère que ma foi est sincère ? Les démons aussi reconnaissent le Christ, seront-ils sauvés ?

Bonjour,
Si l’on confesse et que l’on prie, supplie pour que Dieu nous délivre d’un mal récurrent et que l’on s’épuise à ne pas voir la libération, ne pas la vivre, que faut-il faire? Je recherche de l’aide car je dois m’en décharger. Je le dis au Seigneur, je le confesse, je le supplie de m’en délivrer mais j’ai l’impression qu’une racine est tellement enracinée en profondeur qu’il reste toujours des rejetons. Vers qui me tourner pour en parler, avoir un accompagnement même en visio si la distance est un obstacle? Merci de me lire, Annick Dehon
L’apôtre Paul lui-même a prié supplié pour être délivré d’une épine, sans être délivré.
L’action de Dieu n’est pas toujours, pas souvent magique, mais un accompagnement vers le mieux.
Pour en parler directement, je pense que vous devriez chercher une paroisse ouverte et respectueuse de la personne humaine pas trop loin de chez vous.
En tout cas, Dieu vous bénit et vous accompagne