
« Souviens-toi que ma vie est un souffle ! » (Job 7:7)
Ces mots se trouvent incrustés dans une longue tirade où Job égrène ses difficultés, ses souffrances. À qui est-ce qu’il dit alors « souviens-toi » ? Il est possible que Job s’adresse à Dieu, il est possible aussi que c’est à lui-même que Job s’adresse ainsi, commençant à se souvenir qu’il est certes au plus mal, mais qu’il n’est pas réduit à rien : que sa vie est en réalité un souffle. Or, le souffle, en hébreu c’est la rouar de Dieu, en français l’Esprit Saint, c’est le cœur battant de notre être, cela nous donne une qualité d’être infinie, divine.
Il peut nous arriver plus d’une fois dans la vie d’en être à ruminer nos malheurs, dans une insomnie, quand nos pensées tournent en rond comme un hamster dans sa roue.
La mémoire, porte d’accès à l’Esprit
Ce « souviens-toi » est une fulgurance : « ma vie est un souffle ». Ma vie n’est pas déterminée par la somme de mes malheurs et de mes succès. « Ma vie est un souffle », en réalité : le souffle divin. Comment cela peut-il émerger à ma conscience au milieu de la tempête ? Par la mémoire. Au jour le jour, l’intimité de la prière avec Dieu nous permet de nous constituer un trésor de souvenirs de ce souffle au fond de nous. À tout moment par la suite cela peut affleurer à notre mémoire, et ce sursaut est alors possible : mon âme, « souviens-toi que ma vie est souffle ! » et repartir de là, de la source de vie en nous.
Alors la prière devient possible, non plus seulement la relecture de notre vie, souffrante par certains côtés, magnifiée par d’autres, mais une pensée qui cherche Dieu comme à tâtons : Éternel, souviens-toi de ton enfant, issu de ton souffle, vivant par toi. Bien sûr qu’il s’en souvient avant que je l’appelle, mais ce cri exauce son espérance pour nous.
Dans la Bible, ce « souviens-toi » n’est pas seulement le souvenir, il dit la fidélité à une personne et à une alliance passée avec elle. Se souvenir que notre vie est un souffle, c’est être fidèle à nous-mêmes, au meilleur de nous-mêmes, au-delà de ce qui nous arrive. En nous jaillit une vie comme une source.
Ce « souviens-toi que ma vie est Esprit » : c’est aussi une fidélité à Dieu : c’est se tourner vers lui qui est Esprit, c’est lui tendre la main, c’est lui saisir la main.
par : pasteur Marc Pernot
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En écho à ce texte :
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Je dis à Dieu « Tu m’as donné la vie et la bonté, en me rendant visite, tu gardes mon Esprit. » (Job 10:12)
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« Dès qu’il flaire l’eau, l’arbre bourgeonne et se fait une ramure comme un jeune plant. » (Job 14:9)
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« Dieu forma l’humain de la poussière du sol, il insuffla dans ses narines un souffle vital. » (Genèse 2:7)


