Extrait d"un tableau de Spitzweg représentant un bibliothécaire
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L’idée de Dieu (traduit de l’hébreu Élohim) soulève des questions fondamentales sur l’origine et le sens de l’univers. Entre déductions rationnelles face à la complexité du monde et expériences spirituelles intimes, la conception du divin reste profondément personnelle. Cette réflexion explore comment la foi propose la vision d’un Dieu transcendant, source de vie, qui s’intéresse à chaque être humain et offre une boussole précieuse pour l’existence.


Voir aussi « YHWH – l’Éternel » pour une autre facette de Dieu. Le mot « Dieu » dans la Bible traduit le mot hébreu Elohim qui désigne plus particulièrement l’idée d’un Dieu fort, puissant (même s’il n’est pas « tout-puissant »). Ce mot, Élohim, est un pluriel, c’est à comprendre comme un pluriel de respect car quand il est sujet d’un verbe, celui-ci est alors conjugué au singulier. Mais en même temps, ce pluriel évoque qu’il y a bien des facettes et des reflets différents à cette notion de Dieu.

D’un point de vue rationnel, il est probable que Dieu existe.

Certaines choses sont invisibles, mais existent pourtant. C’est, par exemple, le cas de l’air : on ne le voit pas, mais s’il manque, on s’en rend vite compte. Et quand on voit bouger les branches des arbres, nous déduisons logiquement qu’il y a quelque chose qui les agite.

De même, Dieu est invisible mais on a besoin de sa présence et on peut voir son action dans le monde visible. La science nous apprend que le monde est en évolution. L’explication la plus vraisemblable de ce mouvement est l’existence de « quelque chose » d’extérieur à l’univers qui en est la cause, l’origine et le sens. Ce n’est pas une preuve absolue, mais c’est assez raisonnable de le penser. Si on découvre une maison isolée dans une forêt, il n’est pas absolument impossible que le seul hasard ait déposé des pierres en forme de murs, puis des gros morceaux de bois taillés en forme de charpente, puis des morceaux de fer en forme de clous, et de la terre en forme de tuiles… Rien ne le prouve absolument, mais il est quand même assez raisonnable que cette maison ait été construite par quelqu’un. Or, le monde est encore en évolution, mais déjà en l’état, il est infiniment plus complexe et merveilleux qu’une petite maison.

En science, le 2ᵉ principe de la thermodynamique (ou principe d’entropie) : « Dans un système isolé, l’entropie est une fonction qui ne diminue pas avec le temps », c’est-à-dire en français courant : toute évolution spontanée va dans le sens d’un désordre grandissant. Ce qui est une loi bien réelle ; une maison non entretenue a bien des chances de se dégrader quelque peu.

Dieu existe, on peut le rencontrer.

« J’ai rencontré Dieu » ou pour le moins « Dieu a fait ceci ou cela dans ma vie », c’est ce que nous disent les milliards de croyants du monde entier, même si certains croyants très sincères n’ont jamais eu l’impression de faire cette expérience. Cette relation à Dieu a commencé il y a des centaines de milliers d’années : il existait à l’époque une douzaine d’espèces d’hominidés, deux de ces espèces, l’homo sapiens et l’homo neanderthal, ont commencé à prendre conscience que la vie humaine dépasse la simple survie de notre corps, dépasse nos sensations et nos jouissances, et qu’il y a aussi une dimension de la vie humaine qui est de l’ordre du spirituel. Les plus anciennes tombes, creusées, ornées, recouvertes sont datées de -100 000 ans. Nous descendons de ces hominidés.

Dans tous les peuples, il existe ainsi des personnes qui ont une « vie spirituelle », qui se concrétise et s’exerce avec des actes religieux, des rites, des recherches de relation avec cette source de vie au-delà de la simple matière : un être que nous appelons Dieu (en français), God (en anglais), Allah (en arabe)… Aujourd’hui des quantités de personnes, des chercheurs en physique quantique, des cuisiniers, des philosophes, des artistes ou des chasseurs de phoques prient et peuvent témoigner de cette expérience de Dieu. Et ils disent souvent que cette réalité est fondamentale pour eux.

Qui est Dieu ?

« Dieu », quel que soit ce que l’on entend par ce mot pour s’y intéresser, pour le prier ou pour le nier, ce mode de « Dieu » peut désigner bien des notions différentes. Pour les croyants, Dieu est de toute façon transcendant, c’est-à-dire qu’il dépasse totalement tout ce qui est de ce monde. Il est donc normal que chaque personne se fasse une idée de Dieu, aucune n’est parfaitement exacte, il n’y a pas deux personnes qui ont exactement la même conception, car la façon de voir Dieu est une chose en réalité très personnelle. C’est d’ailleurs déjà le cas si l’on demande à plusieurs personnes de décrire un même individu donné, les façons de le voir seraient relativement différentes sur certains points et semblables sur d’autres. Les mêmes personnes diraient encore un peu autre chose un an après… Il y a ainsi des différences entre les religions et des différences de théologie entre les gens d’une même religion, et il y a évidemment une différence radicale avec ceux qui choisissent de ne pas s’intéresser à Dieu ou de nier toute idée de dieu.

Le point commun entre tous les chrétiens est de faire confiance en Jésus de Nazareth pour savoir qui est Dieu. Cela implique en particulier l’idée d’un Dieu unique qui aime chaque être humain sans condition, qui aime la vie et qui la rend plus forte que tout et si belle.

Personnellement je trouve cela vraiment excellent comme conception de Dieu, et tout en respectant les autres religions, plus je les découvre, plus je me réjouis de faire confiance au Père de Jésus-Christ, cela me convient mieux que de prendre l’humanité comme dieu, ou mon ventre comme dieu, ou l’argent, ou mes petits loisirs…

Est-ce que je m’intéresse à Dieu ?

La majorité des personnes croient en l’existence de Dieu, même dans les pays occidentaux qui sont parmi les pays où il y a le plus d’athées. Mais cela ne veut pas dire pour autant que tous ces gens choisissent de faire une place à Dieu dans leur vie. Sans être athées du point de vue de leurs convictions, ils vivent néanmoins comme étant sans-dieux (athées).

Le point délicat est donc en réalité là : est-ce que l’on choisit de se donner une orientation pour son existence, et est-ce que l’on choisit Dieu comme orientation, est-ce que l’on compte sur lui pour avancer ?

Mais dans tous les cas, même si l’on ne s’intéresse pas à lui, Dieu s’intéresse à chacun de nous parce qu’il considère chacun comme un être unique et irremplaçable. Même si on ne croit pas en Dieu, il est bon de savoir que Dieu, lui, croit en nous. C’est ce que l’on appelle la grâce.

Et si, finalement, Dieu n’existait pas ?

Cela ne rendrait pas du tout inutile de chercher à savoir qui est Dieu, c’est une façon de chercher à définir notre idéal de vie, de se donner une visée, ce qui est fort utile pour cheminer dans la vie d’une belle façon. Cela me semble de toute façon une excellente pratique de fonder notre réflexion sur l’Évangile car il offre une des plus belles philosophies de vie. Ce ne serait vraiment pas du temps perdu de prier Dieu, ce serait alors au moins une façon sincère de placer sa journée passée et sa vie future devant cet idéal et de travailler sincèrement une mise en cohérence entre ce que l’on vise et ce que l’on vit.

Mais en plus, Dieu existe. Il existe à sa façon unique en son genre. Et il a quelque chose de fantastique à nous apporter, à apporter à chacune et chacun, quel qu’il soit, où qu’il en soit.

pasteur Marc Pernot

Cet article est extrait de notre dictionnaire des Mots qui piquent (niveau 3). Voir aussi le Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), les Définitions de base (niveau 1), et les Notions (niveau 4).

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