Le mot « blasphème », d’origine grecque, désignait à l’origine une atteinte injuste à la réputation de quelqu’un ; en français, son sens s’est resserré sur l’offense à Dieu ou à une religion. Jésus lui-même en a été accusé, ce qui interroge la frontière entre blasphème et liberté de questionner sa foi — jusqu’à ce passage troublant sur le blasphème contre l’Esprit Saint.
Un mot grec au sens détourné
Encore un mot grec qui se retrouve tel quel, non traduit, dans le texte de nos Bibles et de là est passé dans notre dictionnaire français. « Blasphémer », c’est démolir injustement la réputation de quelqu’un, ce qui n’est pas très sympathique car cela peut vraiment blesser ou tuer quelque chose dans la personne ainsi agressée. Mais le sens de ce mot en français est devenu réservé au fait de dire du mal de Dieu. C’est en fait principalement en réalité une parole qui dit du mal d’une religion, une offense à ce que certaines personnes considèrent comme sacré.
Peut-on vraiment offenser Dieu ?
On peut calomnier Dieu, on peut dire des horreurs sur lui et sur le Christ… Ce n’est pas très positif, mais Dieu en a vu d’autres et il ne se fâche pas contre nous pour autant. Mais il arrive malheureusement que par nos paroles ou par nos actes nous fassions penser à d’autres personnes que Dieu ne serait pas bon. On fait alors un grand tort à ces personnes, en blessant ou en tuant leur foi, leur confiance en Dieu, leur soif d’aller vers lui, de s’ouvrir à lui.
Jésus, accusé de blasphème : un droit à interroger la foi
Jésus a été accusé de blasphème, ce n’est donc pas toujours si négatif que cela. Ce sont en général les intégristes qui accusent de blasphème ceux qui ne sont pas dans leurs lignes, le blasphème est alors synonyme de questionnement, de recherche, d’avancée, d’appropriation des réalités de la foi de façon personnelle. Et ça, c’est excellent. Car la foi est avant tout une sincérité et une confiance dans l’ouverture de la personne à Dieu, à ce Dieu qui dépasse de toute façon tout ce que l’on peut en dire et même en penser. C’est pourquoi le droit au blasphème nous semble important dans la loi civile et dans l’église, ce qui ne veut pas dire que toute provocation ou horreur soit intelligente ni que ce soit sympathique quand cela injurie non seulement Dieu (passe encore), mais la foi d’autres personnes. si ce n’est pas toujours intelligent ni gentil pour les autres personnes.
Le blasphème contre l’Esprit Saint
Dieu ne craint pas l’offense, il aime même ses ennemis. nous révèle Jésus-Christ par ses actes et par ses paroles (Matthieu 5:45), mais il y a quand même un passage curieux où Jésus dit que Dieu pardonne tout blasphème contre Dieu et contre lui, mais que même Dieu ne peut nous sauver du blasphème contre l’Esprit Saint (Matthieu 12:31). Jésus nous mettrait-il ainsi en garde contre une phrase qu’il ne faudrait surtout pas dire parce qu’elle pourrait complètement fâcher Dieu contre nous ? C’est impossible car l’Évangile annonce le pardon de Dieu de façon radicale.
Un risque de dépérir, non une punition divine
Mais Jésus nous met en garde contre un danger mortel : en méprisant l’Esprit, nous nuisons à notre propre être, c’est comme si une personne s’empêchait de respirer. Dieu ne la punit pas pour autant, mais son cerveau et son corps tout entier manqueront vite d’oxygène. L’Esprit est précisément le nom donné dans la Bible à la dynamique d’évolution offerte par notre créateur et sauveur. Rejeter l’Esprit, cela veut dire cesser d’espérer, cesser de regarder vers le haut, être coupé de la source de vie. Alors, malgré la bonne volonté de Dieu et malgré tout son amour pour nous, nous risquons de régresser, de n’être pas en forme, de ne pas avancer, et de dépérir. Mais ayons confiance, Dieu est puissant et patient, il trouvera bien le chemin de notre cœur, finalement.
Cet article est extrait de notre Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), voir aussi les Définitions de base (niveau 1), les Mots qui piquent (niveau 3), et les Notions (niveau 4).
Pour aller plus loin sur ce thème
Des pistes de réflexion (Prédications & Méditations)
- Prédication : Blasphème contre le Saint-Esprit : un péché impardonnable ? (Marc 3:20-30)
- Prédication : Horrible fait divers : rongé tout vivant par la vermine ! (Actes 12 ; Matthieu 12 :22-33)
Études
- Péché impardonnable (Blasphème contre l’Esprit) dans ce même dictionnaire
- L’anthropomorphisme : un blasphème ou une nécessité philosophique ?
Vos questions concrètes
- Le Père, le fils… C’est ok pour moi… Mais le Saint Esprit ? Et le « blasphème contre le saint esprit » ?
- En temps que croyant avons nous le droit de blasphémer Dieu ? Le pire est user de violence au nom de Dieu.
- À mon esprit viennent des pensées de blasphèmes de plus en plus souvent, d’où viennent elles ?
- Le professeur a parlé du droit de blasphème, des élèves se sont alors indignés…
- J’ai injurié Dieu et l’Esprit Saint, est-ce récupérable ?
- Ai-je péché contre le Saint-Esprit, comment éviter ce péché impardonnable ?
- Le protestantisme et la confession, la repentance, le pardon ?





Bonjour Marc
Pouvez nous donner les versets ou des passages qui annoncent le pardon radicale de dieu j’ai besoin de les méditer pour avancer d’une autre façon.
Merci et belle journée
Bonjour
Bravo de vous interroger et de méditer sur cetet question oh combien délicate et souvent, douloureuse.
Comme votre question me semble devoir être plus largement partagée, je l’ai faite passer en article : https://jecherchedieu.ch/question/pouvez-nous-donner-des-passages-bibliques-qui-annoncent-le-pardon-radical-de-dieu-jai-besoin-de-les-mediter-pour-avancer/
Merci ! Dieu vous bénit et vous accompagne