Marc 3:29 inquiète beaucoup de croyants : le blasphème contre le Saint-Esprit serait-il vraiment un péché sans pardon ? En lisant ce passage comme une parabole (ce que Jésus lui-même indique), une autre logique s’ouvre : celle d’un Dieu qui ne travaille pas contre lui-même, et donc jamais contre nous. Cette prédication explore ce que ce texte dit réellement du pardon, de l’unité intérieure et du discernement.
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prédication (message biblique donné au cours du culte)
à Cologny le dimanche 3 mai 2026,
par : Marc Pernot, pasteur à Genève
Transcription de la Vidéo :
« Quiconque blasphémera contre le Saint-Esprit n’obtiendra jamais de pardon : il est coupable d’un péché éternel. » (Marc 3:29 ; Matthieu 12:31-32) Je reçois très souvent une question angoissée par cette parole de Jésus, certaines personnes étant persuadées que c’en est fini de leur avenir éternel. Les pauvres.
Pourquoi Jésus nous fait-il ça ? Comme le dit le texte, il s’agit d’une parabole : donnée par Jésus pour nous faire réfléchir, alors allons-y en confiance.
Il me semble que la première chose que l’on peut dire, c’est que si une personne se pose la question de son salut, cela prouve qu’elle n’a pas rejeté tout Esprit-Saint en elle. Elle n’est donc certainement pas dans cette situation de péché irrémissible et éternel.
Une parabole sur la logique de Dieu
Ensuite, ces paroles données ici par Jésus ne sont pas une simple explication sur un point particulier, mais elles sont effectivement qualifiées de « parabole ». Cela a une portée différente. Cela signifie que Jésus est en train de nous proposer une nouvelle façon de voir les choses, une autre façon d’être, une autre logique. Sa parabole, c’est qu’« un royaume divisé contre lui-même ne peut se maintenir. » C’est à entendre comme ayant des conséquences dans notre façon de faire de la théologie, de réfléchir en éthique, jusque dans notre propre façon de fonctionner dans notre tête, dans notre cœur, dans notre foi, dans nos actes.
Mais d’abord, en ce qui concerne cette question du droit à la vie future qui angoisse tant de personnes à la lecture de ce verset, qu’est-ce que cette « parabole » de Jésus nous enseigne ? Dieu nous a donné la vie, s’il abandonnait ne serait-ce qu’une seule personne à la mort, il travaillerait alors contre lui-même et c’est le royaume de Dieu en lui-même qui serait donc compromis. Faut être logique, puisque c’est à cela que nous appelle une parabole.
Selon ce qu’enseigne Jésus ici, il est donc absolument impossible que Dieu, pour quelques raisons que ce soit, se mette à faire la tête contre une personne et l’envoie à la mort éternelle, ou même la laisse en état de mort éternelle sans prendre soin de cette personne pour la ressusciter, jusqu’à ce qu’il parvienne à lui donner la vie. Et s’il n’y arrivait pas, il ne serait plus Dieu. Parce que c’est le propre de Dieu d’être source de vie, d’agir face au chaos pour faire émerger avec puissance de la lumière puis de la vie. C’est la logique que Jésus développe ici dans sa parabole. C’est cette logique de la grâce de Dieu qu’il introduit solennellement d’un « Amen, je vous le déclare » : « Tout sera pardonné aux fils des hommes, les péchés et les blasphèmes aussi nombreux qu’ils ont blasphémé. »
La logique de la parabole de Jésus, c’est que jamais nous n’aurons à craindre quoi que ce soit de Dieu, en quelque circonstance que ce soit, mais que nous avons tout à espérer de lui.
Et précisément, nous en avons bien besoin, de son aide, puisque par ailleurs un terrible danger nous guette, une question apparemment de vie et de mort éternelle contre laquelle Jésus nous met en garde : c’est le péché irrémissible, le « blasphème contre l’Esprit saint ».
Mais là encore, cette « parabole » de Jésus nous vient en aide : « Un royaume divisé contre lui-même ne peut se maintenir. » Ce n’est pas Dieu qui serait à craindre, au contraire bien sûr, mais puisqu’il s’agit de la perte de nous-mêmes, le danger est dans toute situation de « division contre nous-mêmes », c’est cela qui est terriblement nocif, autodestructeur.
1ᵉ division : entre notre âme et notre corps
Cet épisode fondateur de la vie de Jésus pose d’abord la question de la division en nous-mêmes entre notre légitime instinct de survie et notre vocation au service des autres. En effet, Jésus est tellement accaparé par sa vocation d’annoncer l’Évangile et de soigner ceux qui se portent mal qu’il ne prend pas le temps de manger. Sa famille n’a pas tort de s’inquiéter : peut-être est-il « hors de lui-même », ils y voient une sorte de folie. Ce serait le cas si Jésus était « divisé en lui-même », son âme, sa vocation luttant contre son corps, le détruisant. Mais ce n’est pas le cas, en réalité. Jésus ne méprise ni ne lutte contre son corps. Au contraire, son corps et sa vie sont soulevés par l’Esprit, pas écrasés. Son corps et ses forces sont mis au service de sa vocation divine, ce qui est tout autre chose qu’une survie, c’est une « vie en abondance », une « vie qui déborde de vie » (Jean 10:10). Dans une autre situation comparable, Jésus explique : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. » (Jean 4:34)
Là où sa famille voit de la folie, une division interne en leur fils et frère, il y a bien au contraire une unification de tout son être, corps, intelligence, âme : c’est ce qu’opère l’Esprit saint en lui.
Mais c’est vrai que si l’on entend bien la parabole de Jésus, il y a là un vrai danger : que notre être intérieur se déchire entre notre corps et notre esprit, entre notre puissant ego et notre soif d’aimer, d’être utile autour de nous ; une déchirure entre notre dimension de « fils de l’homme », fils de l’humus, enfant de la poussière du sol, et l’enfant de Dieu que nous sommes aussi par notre cœur et par l’Esprit.
Cette réconciliation entre les deux est plus naturelle qu’il ne semble, mais c’est quand même un travail : un travail de hiérarchisation de ce qui nous anime, un travail de réconciliation au sein même de notre être. L’esprit a un grand rôle pour cela, mais aussi l’écoute de notre être et la réflexion, c’est pourquoi Jésus nous invite ici à nous ouvrir à l’Esprit-Saint et à réfléchir. Jésus parle de cette unification de notre être à une de ses amies qui souffrait d’une tension entre sa volonté de servir et son épuisement. Jésus lui dit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule est nécessaire. » (Luc 10:41-42), ce que l’on peut comprendre comme « l’unification de ton être est nécessaire » : nos forces et notre âme. C’est une adaptation permanente. Ici, Jésus choisit de faire passer les besoins de son corps après son service, mais à d’autres moments il renvoie les foules assoiffées de sa Parole afin d’être seul, de pouvoir se reposer, se ressourcer. C’est ça l’unification de notre être : ni l’âme contre le corps, ni le corps contre l’âme, mais l’Esprit Saint faisant des deux une équipe.
Le risque quand on ne laisse pas agir l’Esprit, c’est celui du chaos en nous-mêmes, de division au sein même de notre Royaume, avec des problèmes d’épuisement, de perte de sens, ou les deux. Bien entendu, ce n’est absolument pas la volonté de Dieu de nous voir ainsi en souffrance, comme s’il était en colère que nous n’ayons pas laissé l’Esprit nous unifier, de l’avoir blasphémé en quelque sorte. Notre souffrance est alors seulement un symptôme.
2ᵉ division : entre les individus particuliers
Les intégristes de l’époque sont tellement certains que leur vérité est la vérité même de Dieu qu’ils traitent Jésus non pas de fou comme sa famille, mais de diabolique en voyant Jésus être en dehors de leur ligne officielle. Aussi bien sa famille que ces intégristes refusent que Jésus soit particulier. Ces deux groupes réagissent différemment : sa famille veut se saisir de lui pour le réintégrer de force à l’unité, les intégristes l’accusent d’être possédé par Belzébul, et se préparent donc à l’exécuter (Deutéronome 13:2-6). Dans les deux cas c’est une négation, un rejet de ce que Jésus a de particulier et de sa vocation particulière. Selon cette logique courante : l’union de la famille, de la nation ou de l’église exigerait l’uniformité des membres. La parabole de Jésus nous appelle à une autre logique, celle de l’Esprit comme source de ce que chacun a de plus unique, et permettant aussi d’assembler ces membres en un corps. Cette force, c’est l’amour du prochain et de soi-même : les deux. (Marc 12:31)
Seulement, ce n’est pas si simple, il y a aussi des particularités d’une personne qui ne sont pas positives mais qui peuvent relever d’une pathologie faisant que la personne est comme hors d’elle-même (c’est ce que l’on appelle dans ce langage imagé « avoir un démon »). Dans ce sens, la famille et les scribes n’ont pas tort, la question se pose. Seulement, ils ont manqué de discernement, de ce discernement que seul l’amour peut apporter. Jésus, lui, n’écrase pas la personne, il la délivre au contraire de ce qui l’aliène et la renvoie libre dans sa propre vie, parmi les siens : la personne n’en est que plus particulière, dans le bon sens du terme, et elle est alors à même d’apporter quelque chose d’unique dans le corps de l’humanité. Mais pour les scribes, tout ce qui sort du cadre de leur vérité (confondue avec la Vérité de Dieu) est démoniaque et doit être détruit.
Or, comme le remarque l’apôtre Paul, dans un corps il faut à la fois des yeux, des oreilles, une bouche, des mains et des pieds… Si les mains décidaient de couper tout ce qui n’est pas une main dans le corps, nous serions en situation de « royaume divisé contre lui-même » et c’en serait fini du corps. C’est l’Esprit qui, seul, peut faire que chaque membre particulier soit en forme, c’est-à-dire à la fois appliqué à sa propre vocation tout en se souciant des autres membres du corps (1 Corinthiens 12-13). C’est un fruit de l’Esprit, qui se manifeste par l’amour. Il est donc vital de s’ouvrir à cela, volontairement, consciemment.
Ce que me semble dire Jésus avec ce « blasphème contre l’Esprit », c’est tout simplement que plus on méprise le spirituel, plus rapidement c’est le chaos dans quelque personne et quelque groupe que ce soit. Hélas. Ce n’est pas la volonté de Dieu, c’est seulement un symptôme, comme la fièvre.
Ah que souffle l’Esprit en nous, et vite !










Impressionnant. Tout autant ce passage que votre réflexion, mais « Allons-y en confiance » 😉 pour rajouter un truc ou deux.
Lu littéralement, Jésus passerait en mode girouette car 1) « tout sera pardonné », or tout c’est tout, on ne peut rien retrancher à tout et ensuite une opposition est introduite 2) « par contre, pour qui a blasphémé contre l’Esprit Saint, il n’y a pas de pardon pour l’éternité ». Il faudrait savoir… Mais cela ne s’arrête pas là et devient très intéressant car il y a encore un autre « mais » : « mais il est coupable de péché éternel ». Normalement, d’un point de vue sémantique, ce second « mais » devrait relancer la machine et permettre de sortir de la première opposition toute binaire : tout pardonner/un truc impardonnable.
Est-ce que cela offre un dépassement du problème ? C’est possible, on pourrait comprendre le propos ainsi : tout sera pardonné au pécheur mais le blasphème contre l’esprit, ce pécheur là ne peut être pardonné car son péché est éternel. On voit que l’absence de pardon va au péché et pas à la personne. Il me semble que c’est la nuance introduite par la dernière opposition « mais il est coupable de péché éternel » alors qu’on attendrait : « il est éternellement coupable de péché ». On pourrait tellement l’attendre que cette lecture paraît d’ailleurs fréquente. Cela paraît cohérent car comme vous le dites, il est possible de conserver une bonne partie d’une personne, même d’un grand criminel, sur laquelle un amendement puisse être fondé. Cela a donc du sens de dire « tout sera pardonné » sans qu’il y ait pour autant un laxisme massif puisque personne n’est mauvais à 100%.
Ensuite qu’est-ce qui est mauvais à 100% dans lequel aucun pardon ne puisse s’infiltrer ? Je ne vois qu’une réponse possible : le mal lui-même. Toute action fautive ou mauvaise le reste définitivement. En effet, le mal ne peut devenir le bien, ni l’injuste le juste sans perversion, sans qu’on se rapproche dangereusement de la déraison, sans qu’on ait perdu le sens intuitif du bien (l’Esprit Saint). On peut appeler cela non pas péché mais racine du péché. Et cette racine du péché, l’origine de ce blasphème impardonnable est précisée : la confusion des valeurs, l’absence de discernement.
La parabole se termine en effet par l’explicitation de sa propre présence : « cela parce qu’ils disaient : il a un esprit impur ». Pourquoi cette formule déclenche-t-elle la proposition du blasphème impardonnable ? On peut supposer que Jésus n’a pas un esprit impur, ni personne d’ailleurs. Je ne pense pas que Jésus rétorque aux scribes et à ses proches parce que cela l’aurait contrarié qu’on dise de lui : « il a un esprit impur ». Il semble plutôt agacé par la confusion des idées. La preuve : Jésus ne peut plus être compris par ses proches : ce qui est juste est devenu injuste. Il chasse un démon et au lieu de le féliciter pour cela, on l’accuse de connivence avec le mal. C’est le monde à l’envers !
Le post précédent est arrivé à la même conclusion mais je n’irais pas jusqu’à dire que cela empêche le pardon qui, je crois, ne dépend pas de la bonne ou mauvaise volonté de la personne. C’est que parfois cette personne est incapable de se rendre compte, ce que vous indiquiez avec l’image de Hitler qui, une fois mort, s’aperçoit devant Dieu de l’immensité du drame. Et ensuite, c’est surtout que Dieu serait soumis aux circonstances si le pardon dépendait de leur dépassement car qu’est-ce qui empêche le discernement juste ? bien des choses qui nous échappent souvent : notre milieu, les idées qui y sont véhiculées, des habitudes de penser, des traditions, de mauvaises rencontres, notre paresse, etc… ce sont des carcans difficiles à desserrer. Cela ne ferait pas tellement sens que Dieu attendent que nous dépassions ce qui est indépassable, nous ne vivons pas dans des contes de fées. Il existe des psychés si abimées que le retour à la raison est parfois impossible. Si tout pécheur est pardonné, il faut que d’une façon ou d’une autre, il puisse l’être aussi même celui qui est incapable de reconnaître le problème. Mais ce n’est pas évident à penser, je suis bien d’accord.
Ce n’est donc pas illogique qu’un péché soit impardonnable parce qu’il est impossible que le bien devienne le mal, même aux yeux de Dieu (et heureusement). Cela dit aussi que notre travail à nous est d’opérer ces distinctions le plus possible pour éviter de faire n’importe quoi et vivre ensemble plus agréablement. Mais voilà, ce n’est pas toujours facile à distinguer. On voit tous les jours que ces notions de pureté/impureté ou d’autres qui ne sont que des variations de la confusion bien/mal sont capables de dresser violemment les hommes les uns contre les autres, d’engendrer la frayeur, la séparation et sont donc diaboliques au sens étymologique de division. Cela ne veut pas dire que ces distinctions ne puissent être utilisées mais avec précaution et discernement. On voit dans la parabole comment cela est répété à l’envi sans ce discernement par l’entourage de Jésus, sa parenté ou les scribes, comment cela fait écho immédiatement, se transmet comme un virus et cela fait peur à voir. On n’est pas très loin du lynchage.
Je lirais donc ce passage sous l’angle particulier d’une alerte : la distinction du bien et du mal, du juste et de l’injuste, du vrai et du faux doit être sauvegardée à tout prix. Pour moi, ce n’est peut-être pas très théologique comme représentation, mais c’est le sens que je donne à la Croix.
Chère Lili,
Grand merci pour cette magnifique analyse, réflexion. C’ets hyper intéressant.
Bonjour, J’apprécie votre commentaire et en partage les analyses fines de nos comportements, de nos incohérences.Mais je suis étonné que vous ne vous référiez pas aux propos qui vont motiver ces déclarations de Jésus, à savoir : « Cet homme expulse les démons, il a Baalzebuth », autrement dit il fait le bien (expulser les démons) par le principe même du mal, Baalzebuth, on est devant une véritable perversion de la conscience humaine ! Le propre de la conscience est d’être le lieu intime, très profond, de la présence de l’Esprit de Dieu en nous, qui nous guide, nous travaille sur nos choix, nos décisions de vie. Dès lors, proférer des jugements aussi insensés sur Jésus et son action, ses intentions, c’est manifester que la conscience n’est plus capable d’exercer son rôle d’outil de discernement, qu’on a en quelque sorte détruit sa conscience… et donc l’Esprit de Dieu ne peut plus agir car il n’en a plus les moyens. Dieu ne peut rien faire si nous ne coopérons pas en lui permettant de le faire, en sabotant les moyens par lesquels il peut passer. en particulier le pardon
Merci pour cette recherche.
Heureusement que Dieu ne cesse d’agir malgré nos blocages, car nous sommes souvent incapables de les lever tant ils sont profondément enracinés en nous. Dieu nous bénit ainsi.
Penser que les miracles provenant du Saint-Esprit sont l’œuvre du diable. Cela me semble être une explication plus simple pour comprendre le péché contre l’Esprit. C’est impardonnable, car cela empêche le Saint-Esprit d’entrer dans nos vies. Or, Jésus ou Dieu le Père peuvent entrer dans nos vies, même si on les critique et les blasphème. C’est comme un malade qui refuserait de prendre son médicament en pensant qu’il s’agit de poison. Mais s’il change d’avis, tout va bien.
Bonjour, merci de rappeler cette interprétation traditionnelle.
Personnellement il me semble que Dieu a bien des ressources et de la puissance, c’est pourquoi Jésus ne doute pas une seconde que le berger finira par retrouver même la plus perdue des brebis perdues (Luc 15:5). Ayons confiance.
alors, qu’est-ce que Dieu a pu faire de Hitler et ses semblables? J’aurais tendance à penser que Dieu, l’Existant (Je Suis), s’est détaché de ces gens à leur mort.
Dieu est Amour
Oui, c’est pourquoi le jugement considéré comme une sélection des individus pose un problème : d’abord parce qu’on n’imagine pas croiser Hitler dans les allées du Vert Paradis. Mais aussi parce qu’il y a continuité entre les meilleurs des hommes et les pires : le meilleur est au mieux bon à 99 % (Jésus refusait lui-même quand on l’appelle « bon », Dieu seul étant bon, explique-t-il), et le pire des hommes est peut-être à 99 % mauvais et 1 % bon (il a pu arriver à Hitler d’avoir une seconde de bonté pour sa chienne Blondi). Avec un jugement comme retenant certaines personnes, il y aurait de toute façon du mal accepté dans la vie future, même si Dieu ne retenait que le 1ᵉʳ % des meilleures personnes. Et énormément de bonnes choses qui existaient chez des personnes non retenues seraient négligées, abandonnées à la mort, ce qui ne ressemble pas à une bonté comme celle de Dieu.
C’est pourquoi le jugement est plutôt une purification de chaque personne, gardant justement 99 % ou 1 % de bon qui existe dans l’un ou dans l’autre. En effet, le jugement dans la Bible est souvent comparé à une moisson suivie d’un vannage des grains pour enlever la balle, avant d’être dégrossis, moulus, levés avec du levain pour donner le bon pain qui est une image de la vie dans le royaume. Ou bien le jugement est comparé à des vendanges qui ne retiennent que les fruits de la vigne, avec ensuite le pressoir qui enlève encore les branches, les pépins et les peaux pour garder la moindre goutte de bon jus, et par fermentation donne le vin qui est l’image de la joie dans le Royaume. Ou bien l’image du feu qui vient purifier le minerai pour garder la moindre parcelle d’or, d’argent ou de platine en éliminant les scories. (1 Corinthiens 3:15)
C’est ainsi que l’amour de Dieu, à mon avis, est un amour qui garde chaque personne, mais aussi qui la transforme, la purifie afin de garder ce qu’il y a de bon dans la personnalité de chacun. C’est ainsi que l’on comprend que la « justice » de Dieu justifie, rend juste la personne, au lieu d’effectuer une élection. Il restera donc peut-être seulement un tout petit bébé Adolf tout mignon, pas l’épouvantable fou.
Voir les articles jugement, rédemption dans le petit dictionnaire.
Ensuite, je pense qu’en arrivant devant Dieu, enfin on comprend ce qu’on a fait. Et que cela effectivement change complètement notre perspective vis-à-vis de la vie, du bien, du mal, mais aussi vis-à-vis des victimes.