La force des images dans la spiritualité chrétienne
Dans ce langage, nous avons par exemple l’image classique de Dieu comme un rocher solide, éternel et sûr pour appuyer nos pas et bâtir nos vies. Dans notre verset du jour, c’est le Christ qui est un rocher spirituel, à la fois roc solide de l’amour de Dieu pour nous, et souffle de vie de Dieu, source d’eau vive, source de vie pour nous.
Ailleurs, le Christ est comparé à la pierre angulaire (Éph. 2:20), assurant la solidité de notre humanité. Ailleurs, Dieu, dans son immanence (ce qu’il nous apporte concrètement), prend la figure d’un arbre de vie au cœur de notre jardin d’Éden (Gen. 3:22) et dans notre Jérusalem céleste (Apoc. 22:2). Le Christ est comparé à un olivier, et même à un double olivier (Apoc. 12:4) : source de bénédictions multiples selon l’image si importante dans le bassin méditerranéen de l’huile d’olive. Dieu est comparé à un aigle (Deut. 32:11), Jésus est comparé à un agneau et se compare lui-même à une poule qui couve ses petits (Mat. 23:37).
Une théologie nourrie par les quatre règnes de la nature
Ce langage métaphorique nourrit avec poésie notre théologie et aussi notre foi, notre prière et notre espérance de Dieu et notre éthique. Il est remarquable que Dieu ne soit pas seulement comparé à un surhumain ayant toutes les qualités à un degré infini (c’est aussi une image fréquente et inspirante pour nous) : les quatre règnes de la nature sont dignes de servir d’image de Dieu :
- La pierre pour sa solide fidélité,
- Le végétal pour sa croissance,
- L’animal pour sa générosité,
- L’humain pour sa conscience et sa créativité.
Un continuum entre le monde et le divin
Ces métaphores créent un continuum depuis la pierre jusqu’au Christ, et même jusqu’à Dieu. Dès lors, pourquoi l’animal serait plus précieux pour nous que le végétal ou le minéral ? Nous avons tendance à mépriser la pierre comme morte (alors qu’elle nous porte), le végétal pour végéter (pas tant que ça), l’animal pour être bête (non), l’humain comme méchant (pas toujours) : chaque élément est pourtant bien digne de parler de Dieu ! C’est en conscience et avec gratitude que nous vivrons les uns grâce aux autres.
par : pasteur Marc Pernot
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