Une enfant baptisée - Photo SHP
Question

Baptême refusé par le père : que faire face à l’inquiétude d’une mère ?

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Un mari refuse le baptême de leur fils : une mère s'inquiète et voudrait le protéger avant un voyage. Un pasteur répond que la bénédiction de Dieu ne dépend pas du rite, et éclaire ce que le baptême apporte vraiment — et ce dont un enfant a réellement besoin.


Question posée :

Bonjour pasteur,

Ma question vous semblera étrange.
Mon mari ne veut pas faire baptiser notre fils de 4 ans. Jusqu’à maintenant, je me suis dit qu’il finirait bien par accepter, mais là je commence à m’inquiéter.
Nous partons sans notre fils en voyage et je suis stressée pour lui.
Je me dis que si je ne fais rien, quelque chose peut lui arriver.
Je voudrais lui donner une bénédiction, pour le protéger, le faire reconnaître religieusement avant de partir.
Que puis-je faire ?
Je vous remercie pour votre réponse.

Réponse d’un pasteur :

Chère madame,

Aimé par Dieu même sans baptême

Franchement, je vous envoie très sincèrement une bénédiction immense et solennelle, sans réserve, sur votre enfant ! Il est connu de Dieu, il est reconnu par lui comme son enfant bien-aimé. Sans réserve. Vous sentez comme vous aimez ce garçon ? Dieu l’aime pour le moins autant, et cet amour de Dieu est éternel, sans limite ni condition. Vous pouvez compter dessus.

Le baptême sert à manifester cette bénédiction, pas à l’acheter auprès de Dieu. Car Dieu n’est absolument pas un fonctionnaire des douanes qui ne laisse passer que ceux qui ont le coup de tampon du consulat !

Cela ne veut pas dire que le baptême ne sert à rien, bien au contraire.

Le baptême est utile : pour nous

Le baptême vient manifester cette bénédiction.

  • Pour vous, les parents, pour vous dire que vous n’êtes pas seuls à vouloir et à faire du bien à votre enfant.

  • Pour la personne baptisée enfant, elle a alors été baptisée sans qu’on lui demande son avis. Comme l’enfant a été, le cas échéant, aimé par ses parents sans qu’on lui demande s’il avait envie d’être aimé. Du coup, ce baptême vient dire précisément que cette bénédiction de Dieu est sans chantage. Qu’il bénit et qu’il bénira même si l’enfant devenu grand choisit de tourner le dos à Dieu ou de devenir un brigand. Ce qui ferait vraiment de votre enfant un chrétien, c’est s’il venait ensuite à « confirmer » son baptême par une profession de foi libre et responsable.

Si l’enfant venait à mourir

Au cas épouvantable où votre enfant viendrait à mourir, il resterait important pour les parents que l’on puisse leur dire la bénédiction de Dieu sur l’enfant. Malheureusement, on le ferait au cours d’un service funèbre. Ce genre de cérémonie est parmi les plus dures que j’aie eu à faire, bien entendu. Mais en ce qui concerne un enfant de cet âge, le baptême lui aurait été d’une utilité très restreinte. À cet âge, c’est vrai qu’il pourrait déjà apprendre qu’il a été baptisé pour dire qu’il est aimé par Dieu, et il pourrait déjà entendre parler de Dieu, de Jésus, et il pourrait déjà être initié à une prière sincère et personnelle. C’est cette éducation à la réflexion théologique et à la prière qui permettra à votre enfant de choisir plus tard en connaissance de cause, et donc en liberté, de devenir lui-même chrétien s’il le désire.

Respecter les réserves du père

Il me semble donc bien de respecter les réserves de son père, et de me concentrer sur l’essentiel : non pas le rite, mais le fond de la relation confiante à Dieu.

Dieu vous bénit et vous accompagne, vous, votre enfant, son père.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel du baptême voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.

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