Tête de Jésus par Rembrandt - musée de Harvard
Bible

Résurrection de Jésus : que s’est-il vraiment passé après sa mort ?

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Que peut-on dire, historiquement, de la crucifixion, du tombeau vide et des apparitions de Jésus ressuscité ? Un pasteur explore les degrés de plausibilité et propose une lecture des apparitions comme expériences de foi, encore vivantes aujourd'hui.


Question posée :

Bonjour Marc,
Les discours théologiques cherchent à nous expliquer le sens de Pâques, les conséquences pour les disciples, éventuellement ce que la résurrection n’est pas.
Au-delà des récits évangéliques, est-il possible, à votre avis, de se faire une idée des événements réels qui sont à l’origine de ce changement de perception ?
Qu’est-il arrivé au corps de Jésus de Nazareth, absent du tombeau ? Les apparitions du Christ à ses disciples sont-elles des événements réellement arrivés ou de simples hallucinations collectives ? Si oui, comment peut-on expliquer ou au moins imaginer ces événements pour le moins surnaturels ?
Bien amicalement

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir,

Merci pour cette intéressante recherche.

Une question légitime : quel degré de plausibilité historique ?

Les recherches sur le Jésus historique avaient été abandonnées au milieu du XXe siècle avec un haussement d’épaules et cette leçon : « on ne peut rien en dire ». Ce jugement est simpliste, car il est binaire. Effectivement, comme nous n’étions pas présents, il n’y a pas de certitude à 100 %, mais il peut y avoir des degrés de plausibilité qui ne sont donc ni à zéro pour cent ni à cent pour cent, mais toujours entre les deux. Et nous ne sommes pas totalement démunis pour évaluer la plausibilité des éléments mis en jeu.
Donc votre question est tout à fait légitime.
On pourrait répondre que peu importe, l’essentiel est ce que nous disent ces récits. En un sens c’est vrai, mais cela doit aussi être nuancé. Car un récit des évangiles peut répondre à deux objectifs : mettre en récit une vérité spirituelle, ou essayer de donner du sens à un événement historique embarrassant. Dans les deux cas, le sens du récit est intéressant, mais c’est plus particulièrement vrai dans le premier cas, alors que les explications embarrassées du second cas peuvent ne pas nous concerner autant.

La fin de l’histoire de Jésus de Nazareth : trois éléments à examiner

En ce qui concerne la fin de l’histoire de Jésus de Nazareth :
  • Sa mort sur la croix est extrêmement embarrassante pour les disciples, aussi bien pour les Juifs que pour les Grecs, par exemple de sensibilité stoïcienne ou platonicienne. Donc cette piteuse et infamante exécution ne s’invente pas : la plausibilité de la crucifixion au sens historique me semble très élevée, ainsi que la trahison et la débandade de ses disciples — très contre-productives dans un récit qui est rédigé à l’époque où l’Église commence à se structurer autour du témoignage de ces flamboyants témoins de la vie et des paroles de Jésus. Donc la plausibilité du caractère historique de la crucifixion de Jésus me semble très élevée, proche de la certitude.
  • Le tombeau vide me semble également vraisemblable, car sinon ses disciples en auraient fait un mémorial. Il n’y a qu’à voir le « barnum » sur les traces de Jésus en Israël. Cette histoire de tombeau de Jésus retrouvé vide pourrait-elle être une mise en récit d’une affirmation théologique ? Peut-être, mais Paul n’a pas besoin du tombeau vide, ce n’est donc pas tout à fait probant. Donc là encore, la plausibilité du tombeau historiquement vide me semble forte. Ensuite, qui est l’auteur de ce fait ? Personnellement, je pense que Dieu lui-même n’a pas de mains, ce qui ne fait pas de lui un très bon suspect. Cela peut être Joseph d’Arimathée et les saintes femmes, cela peut être Pilate et ses soldats pour ne pas multiplier les ennuis, cela peut être Nicodème, ou quelques apôtres. Là encore, il ne peut y avoir de certitude, mais chacun peut se faire son opinion. Personnellement, je soupçonne Pilate. Mais je n’y étais pas, et des prélèvements ADN ne sont pas faciles à faire, bien que, peut-être un jour, qui sait…
  • Les apparitions sont plus faciles à comprendre : ce sont toutes des expériences de foi. Paul appelle son expérience mystique sur le chemin de Damas une rencontre avec le Christ ressuscité ; le récit avec les retournements de Marie-Madeleine, comme le récit du chemin d’Emmaüs, sont à mon avis très clairs là-dessus. Je dirais que la plausibilité d’un Jésus réanimé en chair et en os est proche de l’infiniment petit. C’est donc d’autant plus intéressant, car ces récits d’apparition du Christ sont des récits de résurrection des disciples, et nous pouvons les vivre encore, à notre façon, selon notre sensibilité. Et ce n’est pas rare, parmi des personnes tout à fait équilibrées, de vivre cette expérience de passage du désespoir à la confiance de la foi.
Mais ces recherches autour du Jésus historique ont été pas mal poursuivies ces dix dernières années : les fouilles archéologiques ont permis de mieux connaître la vie au Moyen-Orient à l’époque du Christ. Ce travail d’enquête est donc en cours et les marges d’incertitude se réduisent.
Avec mes amitiés,
Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Réponse du visiteur :

Merci Marc d’avoir pris le temps de me répondre aussi longuement et aussi rapidement.
Juste un éclaircissement sur ce que vous entendez précisément par des « expériences de foi ».
Y a-t-il eu une rencontre réelle et si oui sous quelle forme ?
Est-ce une expérience spirituelle, une sorte de dialogue avec l’Esprit saint qui leur a permis de soudain comprendre le message de Jésus sans une rencontre physique avec le corps ressuscité et l’esprit de Jésus ?
Bien amicalement.

Réponse d’un pasteur :

Je dirais cela, oui, un dialogue avec l’Esprit saint, avec Dieu. Même si ce n’est pas aussi spectaculaire que pour Paul ou Blaise Pascal, cela peut être une résonance plus diffuse.

En tout cas pour Paul, oui, ce n’est pas une rencontre corporelle mais une voix, une lumière. Techniquement, c’est ce que l’on appelle une théophanie.
Oui, pour les personnes qui vivent cela, c’est une rencontre « réelle », même s’il n’y a pas de « chose » à toucher. En préparant des adultes à l’entrée dans l’Église, j’ai constaté qu’une bonne proportion avait vécu quelque chose de ce type, sans que ce soit non plus le cas de tous.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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En écho à ce texte :

4 Commentaires

  1. C92 dit :

    Bonjour
    Qu’est-ce que vous pensez des autres théories approuvé par pas mal d’historiens, le fait que Jésus aurait été enterré dan une fosse commune ?

    Pour ma part je crois vraiment que Jésus a vraiment été ressuscité physiquement, cela est ma foi.

    Meilleures salutations

    1. Marc Pernot dit :

      Bonjour
      Comme votre commentaire m’a semblé bien intéressant, je l’ai mis, ainsi que la réponse que vous me demandiez, sous forme d’article ici :
      https://jecherchedieu.ch/question/pas-mal-d-historiens-pensent-que-jesus-aurait-ete-enterre-dans-une-fosse-commune/
      Merci pour votre contribution 🙂
      Dieu vous bénit et vous accompagne

  2. Christine dit :

    Oui mais…. Et si nous étions trop incrédules ? et si notre Foi n’était pas assez grande ? ….car « Rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1 : 37) ou « Si vous aviez la fois comme un grain de sénevé » ( Luc 17 : 5) ou encore « Jésus répondit: Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ».(Luc 18 : 27) etc etc etc….Si Dieu est Dieu, Il est bien plus que tout ce que nous pouvons imaginer….Si le fait de n’utiliser que 10 % de notre cerveau est un mythe, utilisons nous en 100 % ? Nous n’arrivons pas à bien définir l’âme ou l’esprit….Alors comment savoir ce que peut faire l’ Esprit ( Dieu) ? Sommes nous capables de comprendre le rapport entre Jésus et Dieu ??? ….plus j’avance, plus j’ai de questions….aurons nous des réponses après notre passage à travers la mort ? je crois personnellement que oui ! et d’ici là que faire de nos questions ?
    Merci Pasteur, belle journée, que notre Foi nous guide…

    1. Marc Pernot dit :

      Merci pour ce témoignage.
      Cependant, En Luc 1:37 la traduction « Rien n’est impossible à Dieu » que l’on trouve en bien des « traductions » est du roman, où le « traducteur » injecte sa propre théologie, très discutable. Ce qui me semble être assez sournois comme procédé. Il y a marqué littéralement « Il ne sera pas impossible de la part de Dieu toute Parole ». Cela veut dire qu’avec Dieu on peut s’attendre à tout, qu’il est le Dieu des surprises.
      Pour le reste, Il y a des tas de choses qui sont impossible à Dieu de faire. Il ne peut pas faire qu’il n’existe pas, puisqu’il est.
      Nos questions sont un extrêmement bon aliment pour être en chemin, pour prier, réfléchir, approfondir, affiner notre théologie et notre façon d’être. Et nous pouvons le faire en confiance, car Dieu est amour.

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