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Développement

Anxiété, TOCs et foi : quand on a peur que Dieu ne nous pardonne pas

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Lorsque l’anxiété ou des troubles obsessionnels compulsifs perturment la vie spirituelle, la peur de ne pas être pardonné par Dieu ou d’avoir des pensées blasphématoires peut devenir très lourde. Le pasteur Marc Pernot apporte un éclairage théologique apaisant sur l’amour inconditionnel de Dieu, offrant des repères bienveillants pour dissocier détresse psychologique et relation avec le divin.


Question de Lucie : Anxiété, TOCs et peur du jugement divin

Bonjour Monsieur le Pasteur,

J’ai 28 ans et je vis une période compliquée depuis plusieurs années : je suis assaillie d’anxiété et de tocs dans la peur que Dieu ne me pardonne pas.

J’ai travaillé sur moi et je me suis rendue compte que Dieu pardonne tout à partir du moment où c’est sincère. Cette pensée m’a apaisé, mais j’ai d’autres peurs qui en ont découlé.

Depuis plusieurs jours, je remets en question ma foi, j’essaye de trouver des explications rationnelles à des œuvres de Dieu alors que je suis intimement convaincue que Dieu est le créateur.

Mais j’ai l’impression que mon esprit se rebelle contre moi en créant des pensées néfastes ou blasphématoires contre Dieu. J’ai l’impression de perdre le contrôle de tout cela, malgré mes prières, confessions et messes.

Je suis perdue car je ne sais pas comment retrouver le bon chemin. J’ai l’impression de perdre le combat de plus en plus.

J’ai aussi peur d’autre chose : je sais que je veux choisir Dieu, mais j’ai peur qu’au moment de ma mort, je change ma façon de penser et que j’aille dans le Mal.

Cette pensée me terrifie mais je n’arrive pas à la chasser, comme si une partie de mon esprit était d’accord. J’ai peur de ne plus croire, car je sens que mon esprit se détache de Dieu.

Pourriez-vous m’aider et m’informer ?

Je vous remercie infiniment pour votre réponse,

Dans la grâce de Dieu,

Réponse du pasteur : L’amour et le pardon inconditionnels de Dieu

Chère Lucie,

Dieu pardonne encore bien plus que vous ne le pensez. Nous le voyons clairement quand le Christ, du haut de la croix, prie en faveur des soldats romains qui viennent de le crucifier, et qui, en plus, continuent à se moquer de lui et à lui voler ses affaires.

Ils n’ont pas même un début de repentance, aucune foi, ce qu’ils ont fait et ce qu’ils continuent de faire est pour eux une occasion de rire, de se moquer, et de s’enrichir un petit peu.

Pourtant Jésus, manifestement, fait plus que leur pardonner, il prie pour eux, il leur veut donc du bien : c’est de l’amour inconditionnel, ce qui est plus encore que le pardon : il comprend qu’au fond, ils sont bien meilleurs que ce que leurs actes abominables laissent voir. C’est ainsi que Dieu pardonne car il aime. C’est ce qui nous est révélé en Christ, par sa vie et par sa croix.

Un salut qui ne dépend pas de nos craintes

N’ayez donc absolument aucune crainte, votre salut ne dépend pas de votre foi, et quand bien même maintenant, ou plus tard, vous vous tourneriez vers le mal, cela n’empêcherait absolument pas Dieu de vous aimer.

Or, quand on aime une personne, on la regarde de façon favorable, on lui pardonne et on la garde. On ne l’abandonne pas à la mort. Bien sûr.

Gérer les variations de la foi et du sentiment religieux

Ensuite notre sentiment religieux a des hauts et des bas, c’est tout à fait normal, c’est comme une humeur. Dans les sommets comme dans les creux, il est bon de faire comme vous faites, de tenir bon, de continuer à chercher Dieu, à le prier, à le célébrer à l’église… même si vous doutez à certains moments, il n’y a pas de problème, c’est normal. Tout le monde est comme ça.

D’ailleurs Mère Teresa avait parlé de ça elle aussi avec honnêteté. Et en réalité, c’est même particulièrement important de continuer à chercher Dieu, particulièrement quand vient une tempête sur notre foi.

Votre anxiété ne vient pas de Dieu, elle s’est simplement manifestée dans une dimension importante pour vous : la foi. Elle peut aussi impacter votre moral, votre santé, vos relations. Bravo de tenir le cap comme vous le faites, c’est favorable.

La foi n’est pas une faiblesse, au contraire, elle est un atout dans les bons jours pour approfondir encore, et elle est un atout dans cette démarche que vous entreprenez pour être plus en forme.

Elle fait partie d’un programme qui gagne à être complet : d’hygiène de vie, de rythmes, de soins peut-être, de s’entourer que de bonnes personnes qui vous font du bien et pas du mal. Et je pense que ça devrait aller de mieux en mieux.

Dieu vous bénit et vous accompagne avec tendresse, il sera toujours là en votre faveur, mais jamais contre vous.

pasteur Marc Pernot

Seconde question de Lucie : La culpabilité face aux TOCs de vérification

Bonjour,

Merci beaucoup pour votre réponse.

J’ai beaucoup médité sur votre mail, qui m’éclaire, et je vous en remercie.

Cependant, une question persiste : je suis atteinte de tocs de vérification, dans la crainte que quelque chose se produise et dont je sois responsable. Si je choisis de ne plus faire de tocs, cela signifie que j’accepte de mal agir devant Dieu. Et cela, je ne veux pas.

Un exemple très concret : si j’ai peur d’avoir mal éteint le four, « j’accepte » qu’un potentiel incendie se déclare. Mais je ne sais pas comment réagir face à cette pensée.

Que pourriez-vous m’en dire ?

Je vous remercie pour votre réponse,

Très belle semaine,

Lucie

Réponse du pasteur : Trouver l’apaisement et faire équipe avec Dieu

Chère Lucie,

Dieu lui-même apprécie certainement vos efforts de bien faire, mais ne veut certainement pas que vous vous fassiez un sang d’encre en pensant à lui, il espère qu’en pensant à lui vous ressentiez un apaisement, une confiance dans son pardon, bien sûr. Et donc que vous avanciez dans la vie vers plus de paix et de confiance vis-à-vis de lui.

Je pense à ce bout de Psaume 131. « Éternel… Je suis calme et tranquille, mon âme est comme un enfant sevré sur le sein de sa mère. Mon âme est comme un enfant sevré. »

Voilà le Dieu que nous avons dans les cieux et dans le cœur.

C’est pourquoi il donne à Jacob, par exemple, cette promesse : avance librement, je t’accompagnerai, si tu vas dans une mauvaise voie je t’aiderai simplement à revenir vers quelque chose de meilleur. Ayez donc confiance, s’il y a un truc qui ne va pas, Dieu ne vous laissera pas tomber, il est à vos côtés pour vous soutenir, encore et toujours. C’est un travail d’équipe avec lui.

Mais si ça vous rassure d’aller vérifier trois fois que vous avez bien éteint le four, ce n’est pas grave. C’est comme ça, voilà tout.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

pasteur Marc Pernot

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