
Peur du diable, fantômes et possession : une réponse chrétienne
Peur du diable, des fantômes, des maisons hantées ou de la possession : le pasteur Marc Pernot répond avec une réflexion théologique sur le mal, l’absence de symétrie entre Dieu et Satan, et propose des pistes concrètes pour se libérer de l’angoisse spirituelle et vivre plus sereinement.
Question posée :
Bonjour Pasteur, j’espère que vous allez bien. Je suis de nature très peureuse / anxieuse, j’ai probablement vu trop jeune quelques films d’horreur et j’ai donc très peur du diable, car j’imagine qu’il pourrait apparaître physiquement ou prendre possession des personnes. Je m’aperçois qu’il m’arrive aussi d’avoir peur de Dieu et j’avoue que si je prie tous les jours depuis des années, c’est aussi par crainte que, si je ne le fais pas, Dieu s’offense / soit déçu / ne me protège plus du mal. Mes peurs sont sans doute irrationnelles mais je ne parviens pas à m’en défaire, je sursaute souvent pour un rien, si j’entends un craquement dans les escaliers, si je ferme les yeux. Je suis prisonnière de ma peur et je ne sais pas comment m’en libérer. Pensez-vous qu’il soit possible que des créatures maléfiques existent et entrent en contact avec ce monde ? Les fantômes ? Des signes de l’au-delà ? Je me dis que si la vie est « magique », que si je crois que Dieu existe, que des miracles se produisent, comment d’autres choses qui nous échappent ne pourraient-elles pas exister ? Croyez-vous que des maisons puissent être hantées ? Des personnes possédées ? Cela fait beaucoup de questions mais cela me tracasse depuis longtemps, alors j’aurais souhaité avoir votre avis / éclairage. Merci infiniment par avance pour votre aide. Bien fraternellement, Anne
Peur du diable et des forces du mal
Chère Anne,
Vos peurs ne sont pas imaginaires, elles ont sans doute des raisons profondes comme vous le soupçonnez. Ce sont de vraies peurs, il n’y a aucune honte à cela. La personne humaine est une réalité très complexe. Nous avons tous des faiblesses et des forces, des talents et des difficultés. C’est le cas de tout le monde, en réalité, même de ceux qui le cachent bien, ou qui se le cachent à eux-mêmes.
Alors, comment faire pour que vous puissiez avancer au mieux ?
En apprenant à vous connaître vous-même, c’est la première étape, et vous êtes déjà bien avancée, manifestement, dans ce domaine. Ensuite, étape très importante, il faut apprendre à vous aimer et à vous apprécier. Cela n’empêche pas d’avoir des défauts ou des faiblesses, mais il s’agit de percevoir que nous ne sommes pas que cela. Ce qui doit compter, c’est notre personnalité profonde, nos talents, notre cœur, et les chances que nous avons : vivre dans une certaine culture, avoir un toit, de la famille, des amis… et avoir la foi, ce qui est un atout extraordinaire.
Mobiliser le meilleur de nous-mêmes se fait peu à peu ; cela s’apprend et s’entraîne. Quand ce travail est commencé, on peut essayer de contenir nos difficultés. Il ne faut pas attendre d’avoir tout réglé pour commencer à avancer et pour être heureuse.
Dieu et diable sont symétriques : une réponse théologique et scientifique
Comme théologien, je vous assure qu’il n’existe pas d’autres dieux que le Dieu bon, source de vie et créateur. Jésus-Christ le révèle comme un Dieu plein d’amour pour chaque personne. Il n’existe pas de « Dieu méchant ». Quand la Bible parle de Satan, du diable ou de démons, c’est un héritage des religions anciennes pour désigner cette part de nous-mêmes qui dysfonctionne, nous tourmente ou nous pousse au mal. Dans la Genèse, seul Dieu crée et bénit ; le mal est expliqué comme un chaos ou un désordre existant dans la nature et en nous.
Vous vous demandez s’il est logique de penser à des créatures malfaisantes face à un Dieu bienfaisant ? Dans la réalité, le bien et le mal ne sont pas symétriques. Par exemple, il existe des photons (particules de lumière), mais il n’existe pas de « particules de ténèbres » : l’obscurité est simplement une absence de lumière. De même, le froid est un manque de chaleur (d’énergie). Si Dieu est source de vie, cela ne signifie pas qu’il existe une force inverse symétrique.
Il n’est donc pas nécessaire de croire aux démons. Les catastrophes frappent sans discernement le juste et le voleur, ce qui prouve qu’il n’y a pas de volonté mystérieuse cherchant à nuire spécifiquement aux bonnes personnes. Dieu, lui, agit spirituellement pour donner force, sagesse et espérance.
Les fantômes, les démons et les possessions existent-ils ?
Je suis absolument persuadé qu’il n’existe aucune créature maléfique entrant en contact avec ce monde. Il n’y a pas de fantômes, pas de signes de l’au-delà, ni de démons qui « possèdent » les gens. Ces termes sont des projections de nos peurs sur des causes imaginaires. Les craquements dans les escaliers sont réels, mais ils sont dus à la dilatation du bois selon l’humidité, et non à une présence surnaturelle. Imaginer un démon derrière ces bruits, c’est se tromper de piste.
Comment surmonter la peur et l’angoisse spirituelle
Vous pouvez absolument cesser d’avoir peur de Dieu. Il est impossible qu’il s’offense ou vous laisse tomber, car sa nature même est d’aimer. Je vous recommande de méditer la première lettre de Jean qui dit : « Dieu est amour ». Cette certitude doit chasser toute crainte d’un jugement de sa part.
L’humour est une force. On dit parfois : « Heureux ceux qui savent rire d’eux-mêmes, ils n’ont pas fini de rigoler ». Prendre vos peurs avec un certain humour, comme une curiosité de votre nature, peut vous aider à vivre de façon plus détendue.
Si cette souffrance devient insoutenable, n’hésitez pas à consulter un professionnel (psychologue ou psychiatre). La médecine peut aider à calmer les angoisses physiques et psychologiques quand elles deviennent trop fatigantes.
Une conversion intérieure : transformer la peur en force
Il est possible de vivre heureuse avec cette sensibilité. En devenant plus sereine, cette particularité peut se transformer en talent : une vigilance et une empathie profonde envers les autres. Ce genre de retournement est la spécialité de Dieu ; c’est ce qu’on appelle la conversion ou la résurrection. C’est un cheminement, comme une randonnée qui s’élève peu à peu au-dessus des nuages.
Dieu vous bénit et vous accompagne.
par : pasteur Marc Pernot
À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de diable – satan, voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.
En écho à ce texte :
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Possession, diable et origine du mal : comment les comprendre dans la foi chrétienne ?![Enluminure du 11e siècle - satan [BnF, Latin 8878, 11th c.]](https://jecherchedieu.ch/wp-content/uploads/2018/06/satan-190x300.jpg)
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Anxiété, TOCs et foi : quand on a peur que Dieu ne nous pardonne pas
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Possession et expérience du mal : entre traumatisme, exorcisme et paix spirituelle

Cet article m’a vraiment aidé car j’ai la même peur ! Peut être je pourrais entrer en contact avec elle afin qu’on se soutienne 😊
Au regard du nombre de fois, il est écrit dans la Bible , 365 fois, » ne crains pas » , » n’ ayez pas peur « .
C’est dire l’ importance, pour vivre en paix intérieure autant que possible, et de faire confiance à Dieu, à Jésus Christ, d’ autant plus que Jésus lui même a formulé cette expression.
Sur notre Terre le bien et le mal existent. Autant prendre du recul sur les situations de mal que nous ne pouvons changer et apprécier au quotidien toutes les situations bienfaisantes qui vont nous édifier.
Oui, ne crains point est un très belle partie d’une réponse de Jesus ! Elle est suivie de « crois seulement « Et il y a le contexte à examiner aussi ! Mais Jesus nous demande de respecter chaque iota de l’Ecriture, donc la plus petite partie , ceci a une raison qui traverse le temps ! C’est en lisant les évangiles et les épîtres dont celles de Pierre, Jean et Jacques que l’on découvre tant de réponses et d’encouragements à nous diriger sur le chemin de bonheur et d’Esperance que Jésus nous invite à suivre dans l’obéissance et la confiance en ses promesses