14 octobre 2026

Les bras de deux amoureux forment à tous les deux un cœur avec leurs mains sur fond de coucher du soliel sur la mer - Photo de Henry Lai sur https://unsplash.com/fr/photos/deux-personnes-faisant-une-forme-de-coeur-avec-leurs-mains-Y4bTfD2Qrko
Foi

La foi est-elle un pur don de Dieu ou un choix personnel ?

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Certaines personnes semblent avoir la foi comme une évidence, tandis que d’autres, même familières des textes bibliques, se disent incroyantes. Cette réflexion explore l’origine de notre spiritualité : s’agit-il d’un pur don de Dieu réservé à quelques-uns ou d’une libre réponse humaine à un appel universel ? Un éclairage philosophique et théologique sur une question qui traverse les siècles, pour mieux comprendre la relation de confiance entre l’être humain et le divin.


Question : La foi, donnée à certains et refusée à d’autres ?

Bonjour,

Merci encore une fois de votre accompagnement et de la profondeur de votre réflexion lors de nos réunions comme ailleurs.

Je souhaitais revenir sur la question de la foi qui semble être « donnée » à certains et pas à d’autres, ce qui peut en effet paraître injuste.

Je pense que l’absence de foi recouvre très souvent une forme d’anticléricalisme. Mais pas toujours…

Si je vous ai bien compris, la foi est à la portée de tout un chacun. Et pourtant il est des esprits très bien informés, je pense en particulier à Luc Ferry que j’écoute souvent sur radio classique le lundi matin dans la chronique « Esprits libres » (sans pour autant partager ses idées, tant s’en faut, mais je le trouve intéressant) ; il ne cesse de porter aux nues l’Évangile selon Jean mais se dit néanmoins incroyant. Il est pourtant entouré de croyants dans sa famille et parmi ses amis et connaît bien la Bible et les évangiles en particulier…

Et que dire de ceux qui disent avoir perdu la foi, comme André Comte-Sponville ; mais quand je l’écoute, je me dis que le Dieu auquel il avait cru n’est pas le même que le mien… En d’autres termes, a-t-il jamais eu la foi ? Même interrogation à propos de Jean-Paul Sartre par exemple.

En fait, la foi peut-elle se transmettre ?

Ce n’est souvent pas faute d’essayer et pour parler de ma famille, je pense que mon mari et moi avons été de très mauvais témoins auprès de nos filles ; quelle responsabilité…

Voici en vrac les quelques pensées suscitées par nos échanges.

À bientôt j’espère

Réponse du pasteur : La foi, un pur don de Dieu ou une libre réponse ?

Grand merci pour cette question qui me semble très importante.

Cela pose une question aiguë : pourquoi certains ont la foi et d’autres non ? Et que bon nombre de personnes naviguent quelque part entre les deux, en réalité.

D’où vient cette idée que la foi serait un pur don de Dieu ? Ou qu’elle serait au contraire la réponse d’une personne à ce Dieu qui l’appelle ? S’il y a un débat entre théologiens depuis des millénaires, c’est bien que cela influe sur notre compréhension de la relation entre Dieu et la personne humaine.

Le témoignage de la Bible : grâce divine et libre arbitre

Comme toujours, notre enquête peut partir de ce qui est dit à ce sujet dans la Bible. La foi serait-elle un pur don de Dieu, ou une réponse de la personne aux dons de Dieu ?

Il existe des textes du Nouveau Testament qui peuvent laisser penser que la foi serait un don de Dieu, même si c’est toujours délicat de se baser sur quelques versets isolés pour bâtir une théologie car la Bible réunit bien des voix diverses et il existe bien des façons d’interpréter un même verset. Les plus connus parmi ces versets seraient :

  • Jésus dit : « Je vous ai dit que personne ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. » (Jean 6:44 et 65)
  • Paul : « C’est par la grâce, en effet, que vous êtes sauvés au moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » (Éphésiens 2:8)

Avec cela, la cause semble entendue en faveur de ceux qui disent que « la foi est un pur don de Dieu » ? Non, car vous pensez bien que ceux qui disent que la foi est une libre réponse de la personne ont une autre lecture de ces versets, c’est ce qui fait tout l’intérêt de débattre les uns avec les autres dans l’écoute et le respect mutuels. Ceux qui pensent que la foi est une libre réponse disent que dans ces paroles de Jésus de Jean 6, la foi n’est pas imposée par le Père, ce serait un viol, mais que c’est la possibilité d’avoir la foi qui est donnée, de sorte que, oui, personne ne peut avoir la foi et aller au Christ s’il n’avait pas été attiré par Dieu en premier lieu, mais que c’est précisément une attirance, ce n’est pas un déplacement forcé que la personne subirait passivement comme un objet. L’amour de Dieu est inspirant (Romains 2:4), il est un appel dans l’espérance que Dieu a de voir la personne y répondre par sa participation active. Si la foi était imposée à la personne, où serait l’amour de cette personne pour Dieu ? Sa foi ne serait qu’une programmation. Et où serait l’amour de Dieu ? Traite-t-on quelqu’un que l’on aime en le forçant à entrer en relation ? Peut-on forcer qui que ce soit à aimer d’un véritable amour, comme avec une sorte de drogue que Dieu injecterait dans le cœur ?

A contrario, de ces versets qui semblent en première lecture favorables à l’idée que la foi est un don de Dieu, d’autres passages des évangiles semblent aller dans le sens de la liberté de la personne à se tourner vers Dieu ou à refuser cette relation, ou même l’idée de Dieu. Il y a en particulier l’appel à se convertir, à se tourner vers Dieu, qui est central dans les évangiles, avec Jean-Baptiste puis avec Jésus. C’est ce que relève le grand humaniste Érasme qui débat avec le réformateur Martin Luther au début du XVIᵉ siècle. Érasme considère que ce serait cruel d’inviter les foules à faire quelque chose (se convertir) s’ils n’avaient pas la possibilité de le faire librement. Luther lui répond dans son traité « Du serf arbitre » : « Quand la Loi dit : « Fais cela », elle indique ce que tu dois faire, non ce que tu peux faire. » Ce n’est pas faux, il faut le reconnaître, et quand Jésus nous dit d’aimer, nous voyons ce qu’il veut dire, mais y arriver est une tout autre affaire. Nous pouvons avoir néanmoins le désir de plus et de mieux aimer, ce qui est déjà une réponse libre.

Ce que disent les théologiens qui pensent que la foi est un don de Dieu, c’est que quand le Christ dit : « Le temps est accompli et le règne de Dieu s’est approché, convertissez-vous et ayez foi en la bonne nouvelle. » (Marc 1:15), non seulement c’est un appel, mais, en même temps, sa parole accorde ce qu’il commande à la personne qui l’entend. Manifestement, cela ne marche pas pour tout le monde car nombreux sont les disciples de Jésus qui se détournent de Jésus (Jean 6:66), même les apôtres quand Jésus est arrêté et exécuté.

Le débat historique : d’Augustin à la grâce universelle

La question reste donc ouverte, mais nourrie, avec ces passages de la Bible. Dans l’histoire de la théologie, c’est Saint Augustin qui a développé cette théorie de l’homme incapable d’avoir par lui-même la foi si ce n’est quand Dieu la lui donne. Cela fait partie de son système théologique partant du « péché originel » de nos plus lointains ancêtres, Adam et Ève, qui se seraient rebellés contre Dieu et auraient mangé le fruit défendu (Genèse 3). Selon cette théorie, cela aurait radicalement pourri l’humanité, dès lors incapable de tout bien, cette maladie se transmettant de génération en génération, jusqu’à ce que le Christ nous en délivre sur la croix, notre baptême nous permettant de bénéficier de ce système. J’aime beaucoup lire Saint Augustin et je vous recommande de lire ses extraordinaires « Confessions », mais cette théorie me semble être nocive. Cela ressemble à une tentative de manipulation pour rendre l’Église et ses sacrements indispensables à notre salut. Cela est hors de sens : une personne non baptisée n’est pas un monstre incapable d’aucun bien, ce n’est pas vrai du tout et c’est particulièrement injurieux.

Cette théorie d’Augustin a eu un succès étonnant. Cela a été repris par les réformateurs protestants au XVIᵉ siècle, Luther, donc, et aussi par Calvin et sa théorie de la double prédestination. Le génial Sébastien Castellion s’est opposé à son ami Calvin sur ce point. Il fait remarquer que si c’était le cas, quand une personne fait le mal, ce serait alors Dieu l’auteur de ce mal puisque c’est Dieu qui n’aurait pas voulu lui donner les moyens d’avoir la foi et de s’améliorer. Bien vu ! Castellion souligne que cette théorie d’un Dieu tyrannique qui forcerait certains à avoir la foi et qui la refuserait à d’autres a une mauvaise influence sur les valeurs de ces théologiens osant persécuter des personnes pour leurs idées comme Jean Calvin et Théodore de Bèze l’ont fait (ou laissé faire) à Genève au détriment de Michel Servet. Pour Castellion, l’amour de Dieu rend la personne libre de répondre, et il cite ce passage des évangiles où Jésus pleure sur la ville : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l’avez pas voulu. » (Matthieu 23:37). Ces paroles désabusées de Jésus montrent bien que Dieu ne demande rien de mieux que de donner la foi à chaque personne de l’humanité. Il est comme un soleil, dit Castellion, qui éclaire toute personne (c’est la grâce universelle de Dieu), mais chacun a la liberté ensuite d’ouvrir ou de fermer les yeux.

Il est donc vrai qu’une longue chaîne de théologiens a défendu l’idée que la foi serait un pur don de Dieu (et tant pis pour ceux qui ne l’ont pas). Cette idée me semble épouvantable. Heureusement que cela a toujours été débattu et qu’aujourd’hui elle n’est plus défendue que par quelques luthériens ou calvinistes très conservateurs et quelques théologiens catholiques thomistes. La plupart des théologiens du XXᵉ et XXIᵉ siècles sont complètement revenus de cette fâcheuse théorie. Les théologiens protestants ont en général pris leur distance avec la sinistre théorie de la double prédestination de Calvin, selon laquelle Dieu aurait choisi certains pour le salut et choisi ou abandonné les autres à la perdition. Ces théologiens de différents courants refusent de penser que la foi serait une sorte de soumission forcée à un décret de Dieu réservé à certains : c’est le cas d’Emil Brunner, Karl Barth, Jürgen Moltmann, et Paul Tillich (dont nous connaissons l’admirable formule : la foi est le courage d’accepter que l’on soit accepté bien que nous soyons inacceptables). Tous se sont éloignés de cette théorie de la foi comme d’un don de Dieu qui s’imposerait à la personne. Pour eux, le don de Dieu est universel et immérité : c’est sa grâce, son amour qui libèrent la personne de croire ou de ne pas croire. La foi est alors la libre réponse de la personne à cette proposition d’amour de Dieu.

Croire ou chercher Dieu : la confusion spirituelle de notre époque

Mais nous sommes tous d’accord sur le fait que l’initiative vient de Dieu, que c’est un don, car si Dieu n’allait pas vers l’humain, l’humain n’aurait pas une seconde cherché Dieu. Cela est hors de portée de notre philosophie, de notre sagesse, de notre piété ou de nos actes de bonté. C’est déjà un socle commun. Ensuite, la question est de savoir si la personne a, ou non, le choix d’avoir la foi, d’entrer dans une relation de confiance avec Dieu ?

Une difficulté est à mon avis de savoir ce que l’on entend par « foi ». Au sens de l’Évangile, c’est avoir une certaine relation confiante et tenue avec Dieu. C’est sans doute l’essentiel de la foi. Mais pour nos contemporains, la notion « d’avoir la foi » est liée au fait d’adhérer ou non à un certain catalogue de croyances, ce serait avoir une certaine pratique religieuse, être membre d’une église. Les chrétiens et les églises sont en partie responsables de ces confusions, voulant bien faire en valorisant les moyens que sont le fait de travailler ce que l’on croit, de profiter de cet exercice utile pour notre cheminement qu’est d’entraîner notre foi dans des exercices spirituels collectifs comme le culte. Mais confondre les moyens et les buts est ravageur. Comme vous dites, les personnes qui disent ne pas avoir la foi sont souvent anticléricales ou allergiques aux églises, plus que dépourvues de spiritualité ou réfractaires à l’idée de transcendance, au sentiment qu’ « il y a quelque chose »…

Notre conception de ce que nous entendons par « avoir la foi » est plus large qu’être en relation ou en recherche consciente de Dieu. Si l’on écoute l’apôtre Jean dans ce célèbre passage de sa première lettre : « L’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. » (1 Jean 4:7) Celui qui ne croit pas en Dieu par sa tête et qui cherche sincèrement le bien de son prochain a, au sens de Jean, foi par ses tripes, par ses actes, ils apportent déjà une réponse à la grâce de Dieu. Bien entendu, le mieux étant d’être sensible à Dieu et de répondre par toutes les différentes dimensions de notre être : la tête en cherchant Dieu consciemment, le cœur en aimant, les actes en faisant le bien, en se donnant les moyens de travailler notre intériorité par les exercices spirituels que nous choisirons de mettre en place dans notre vie quotidienne : prière ? étude ? cultes ? discussions ? temps de retraite dans un lieu ?

Il me semble que c’est le cas des penseurs que vous citez, Luc Ferry et André Comte-Sponville. Libre à eux de se déclarer non croyants, voire athées, cela se respecte. Mais avec ce que dit Jean, je ne serais pas si catégorique. Il y a ainsi chez certaines personnes une réticence à utiliser les grands mots marqués et peut-être trop chargés par l’histoire comme les mots « Dieu », « foi », « salut »… même si ces personnes sont ouvertes à la transcendance et à la spiritualité. Il me semble que ce serait mieux d’oser revisiter personnellement ces notions, car cela permet précisément d’entrer en dialogue avec les peuples et les arts sur des millénaires.

La transmission aux enfants

En ce qui concerne la transmission de la foi ? Vous avez raison : pas plus que Dieu nous ne pouvons donner la foi à quiconque, et encore moins, peut-être, à nos enfants. Là encore, heureusement ! Quelle tyrannie ce serait. Et du coup, il y a dans nos églises en tout cas plus de sincérité et de place aux sensibilités personnelles que jamais.

Mais afin de pouvoir choisir, encore faut-il être informé ; et pour répondre, encore faut-il avoir entendu exprimer la question. Pour choisir librement, encore faut-il qu’il n’y ait ni chantage ni menaces. C’est ce que vous avez offert à vos enfants : ils ont reçu une connaissance de ce que c’est que la foi chrétienne, ils ont reçu l’amour qui leur a permis d’être libres de répondre à leur façon. On ne peut pas faire mieux, franchement. Ils savent aussi que la foi a une réelle importance pour vous dans votre vie présente, ce travail de semailles se poursuit donc en profondeur.

Dieu, lui aussi, fait ce qu’il peut. Les hasards des rencontres et de la vie sont autant d’occasions aussi de nourrir leur cheminement. Le reste est précisément leur liberté.

Le reste ne nous appartient pas. Jésus parle de cela dans la parabole du semeur (Matthieu 13) : les grains semés mettent parfois du temps à pousser en profondeur et ne sortent que plus tard. J’ai vu des centaines de personnes découvrir la foi une fois devenues plus mûres à 30-40 ans, voire bien plus. J’ai vu aussi souvent la foi passer une génération, fleurissant chez les petits-enfants. Dans cette parabole, Jésus parle aussi de ce qui empêche la semence de produire du fruit : les soucis de la vie, les persécutions (c’est-à-dire l’ambiance négative contre la foi), le manque de profondeur. C’est pourquoi, même si vos enfants n’ont pas la foi, j’espère pour eux qu’ils ont quand même à leur façon une recherche de profondeur : qu’ils prennent un peu de temps pour travailler leur intériorité, leur réflexion et leur conscience. Qu’ils le fassent à leur façon, qu’ils philosophent, discutent, prennent le temps pour s’émerveiller de ce qui est beau dans les êtres et dans cet Univers… Mais là aussi, c’est leur liberté à eux, et personne ne peut le faire à leur place.

Des obstacles surmontables

Il y a quantité de raisons qui peuvent être un obstacle à la foi sur le chemin d’une personne.

  • Une mauvaise théologie est une cause fréquente : par exemple si l’on a appris que Dieu est tout-puissant et qu’une catastrophe cruelle et injuste nous arrive. Ou si l’on a une idée trop mythologique de Dieu (un grand-père qui est au ciel), ou une idée d’un Dieu terrible, sanguinaire et cruel, assoiffé d’argent (pour « son » église, bien sûr)…
  • Un autre grand obstacle sur le chemin de la foi est… des chrétiens apportant un contre-témoignage flagrant avec le Dieu d’amour qu’ils disent adorer.
  • Un excès de malheur peut tellement abattre la personne qu’elle perd la foi en tout, même en Dieu, alors qu’il serait au contraire une source de vie précieuse.
  • Mais peut-être que le plus grand obstacle sur le chemin de la foi est la nonchalance, on se laisse vivre sans recherche d’aucune sorte, sans se poser de questions, sans profondeur, lâchant les rênes, laissant la vie, les autres et le temps nous emporter comme une feuille morte dans une bourrasque…

Rien de tout cela n’est irrémédiable. Heureusement. Dieu comprend et ne ménage pas ses efforts, lui.

Il nous bénit et nous accompagne tous avec tendresse, respect et confiance.

pasteur Marc Pernot

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En écho à ce texte :

11 Commentaires

  1. Pascale dit :

    Peut-être qu’on peut appeler foi une forme non consciente de relation à Dieu, par sa façon d’être ou par ses actes. Néanmoins, la Bible entière est traversée par des hommes et des femmes pour lesquels la foi est bien plus, qui ont une forme personnelle de relation à Dieu, ils ou elles lui parlent et il répond. Bien sûr, c’est une image pour dire l’indiscible, mais il me paraît difficile pour une personne en relation non consciente avec Dieu, de se sentir concernée par cela et d’appeler foi sa propre spiritualité. On peut alors se demander pourquoi certaines personnes ont accès à cette forme personnelle de relation à Dieu, et d’autres pas. Je ne pense pas que ce soit uniquement une question de sensibilité mystique, et je ne peux pas imaginer que ce soit Dieu qui donne ou pas. Dans mon cas, par exemple, je ne sais pas pourquoi j’ai la foi, depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui, avec des hauts et des bas, et même une tentative de m’en débarrasser. Je n’ai pas vécu quelque chose que je pourrais qualifier d’expérience mystique, je n’ai pas l’impression d’avoir eu à faire un choix, ni d’avoir fourni un effort particulier pour la garder ( je ne parle pas ici des efforts pour faire évoluer ma façon de concevoir Dieu, ou pour une plus grande fidélité). Le concept Dieu s’est toujours imposé à moi, comme une évidence.
    Par ailleurs, pour ce qui est du choix personnel, la liberté n’est évidemment pas totale, chacun est aussi tributaire de son vécu ou de son environnement. Mais je pense qu’il y a aussi une responsabilité collective. Il me paraît indispensable de faire entendre haut et fort que croire en Dieu ne signifie pas nécessairement accepter ce qui défie la raison, accepter une forme de magie ou de surnaturel.

  2. Jean-Marie dit :

     » Il est bien réel aussi qu un certain nombre se tourne vers Dieu facilement car tout va bien. »
    Mais rien est figé… La lumière passe aussi à travers les failles !
    Tout peut contribuer au bien…

  3. Nico dit :

    Il y a certaines blessures du passé qui peuvent aussi empêcher cette connexion à Dieu. Quand on a beaucoup souffert, il est compliqué de croire en l’amour inconditionnel.

    1. Marc Pernot dit :

      Cela rejoint ce que dit Gérard. Vous avez parfaitement raison. Cela ouvre notre cœur à la compassion et à la prière.

  4. Gérard dit :

    La liberté d aller à Dieu est entière et bien réelle pour qui veut bien se tourner vers Dieu.
    Il est bien réel aussi qu un certain nombre se tourne vers Dieu facilement car tout va bien : je la profession que j’ ai toujours rêvé, je suis applaudi copieusement pour mes prestations, mon conjoint est vraiment amoureux, mes enfants se portent à merveille, ils réussissent bien aux études, nous avons de l’ argent, un toit, nous pouvons partir en vacances où l’ on veut. OUI GRAND MERCI MON DIEU

    Mais je connais bien d’ autres cas où il en est pas ainsi. Les drames vécus, si effroyables, ont occasionné une rupture de foi de croyance en un DIEU qu on leur a dit  » tout puissant » alors qu ils étaient enfants ou adolescents. Iine comprennent pas pourquoi de telles injustices se sont abattues. De fait, je vois de plus en plus de cérémonies laïques des obsèques. Pour certains ça ne veut pas dire qu ils ne croient plus mais qu ils ne savent pas comment s adresser à ce Dieu tout puissant. Dernièrement, un ami qui a perdu son conjoint m a laissé comprendre qu’il ne se sent pas prêt de se diriger vers la prière, la méditation. Par contre, c’est un début de bonne initiative il se dirige vers une association d accompagnement des personnes endeuillées.

    Dieu est toujours désireux que toute personne communique avec lui, présente ses difficultés, ses joies et peines. Mais pour certains il faut parfois du temps pour que le contact s effectue. Dieu nous connait parfaitement et il connaît bien notre état d être et je pense qu’il nous acceptera suivant l amour qu on aura temoigne sur cette Terre, très croyant ou beaucoup moins. Mes deux petits enfants ne sont pas baptisés, mais pour l’ instant c’est ainsi. Je sais que Dieu les aiment tout autant.

    1. Marc Pernot dit :

      Cher Gérard. Merci pour cette excellente lecture de la vie humaine. D’où l’importance de faire un petit peu de théologie, d’être entouré aussi.
      Dieu est patient et nous accompagne pas à pas sur le chemin de notre vie.

  5. Thierry dit :

    Marc Pernot merci pour cet article éclairant qui pointe de façons salutaire certaines erreurs et exagérations théologique (on retrouve le même type de « déviance » dans d’autres religions, comme l’Islam).
    Pour ma part, votre texte m’a aussi renvoyé à la citation attribuée à la petite Thérèse (de Lisieux) mais qui est je crois beaucoup plus ancienne « n’attendez pas d’avoir la foi pour prier, priez et vous aurez la foi ».
    Perso, la foi m’est tombé dessus sans crier gare alors que j’étais athée, pur et dur, mais a posteriori, je considère que ce n’est pas complémente vrai, qu’il y avait une aspiration profonde à la transcendance, inconscience et informulée, notamment à cause de la grande souffrance psychique dans laquelle je me trouvais. Je pense que l’on peu appeler Dieu sans savoir que c’est Lui que l’on appelle… et Il répond. La culture anti-religieuse et rationaliste ambiante peut être un obstacle. Il peut aussi y avoir des obstacles psychologique ( l’image du père-Père 😉 ) et des obstacle liés au scandale (hypocrisie religieuse ou pire, abus spirituel, morale et physique), des blessures parfois insurmontables… mais Dieu appelle tout le monde à la foi, sans discrimination.

    1. Marc Pernot dit :

      Merci pour ce partage d’expérience, oui, c’est un grand atout d’avoir vécu une expérience mystique. Mais même si ce n’est pas le cas l’encouragement de Thérèse de Lisieux est un très bon conseil. Comme quoi, quand on veut avoir la foi, il suffit de se lancer et en général on entre dans la foi, effectivement.

  6. Chrétiens aujourd'hui dit :

    Penser que Dieu aurait délibérément refusé la foi à certains humains pour les condamner d’avance est une vision profondément fausse, révoltante et contraire à l’essence même de l’Amour divin. Imaginer un Créateur qui distribuerait arbitrairement le salut comme une loterie cosmique, tout en programmant le reste de l’humanité pour l’enfer, est une insulte à sa justice et à sa bonté. Dieu ne triche pas avec nos âmes. Il ne nous force pas, Il nous espère. Réduire la foi à un privilège sélectif plutôt qu’à un cadeau offert à tous, c’est nier le libre arbitre qui fait de nous des êtres responsables et aimés. La grâce n’est pas un club privé exclusif, elle est une porte ouverte à quiconque choisit de répondre à l’appel. Prêcher une prédestination aveugle, ce n’est pas honorer la souveraineté de Dieu, c’est peindre le visage d’un tyran et priver l’être humain de sa dignité la plus sacrée: celle de pouvoir choisir d’aimer en retour. La Réforme protestante a malheureusement contribué à structurer et à répandre de telles hérésies, en particulier à travers le courant théologique que l’on appelle aujourd’hui le calvinisme. Heureusement qu’on est généralement revenu de ces erreurs théologiques actuellement.

    1. Marc Pernot dit :

      Voilà. Vous avez bien saisi l’objet de cet article, heureusement que nous ne suivons pas servilement ce qu’on pensé les Réformateurs, ils ont eu une importance historique, mais 5 siècles sont passés, et nous continuons à étudier, à prier, à dialoguer…

      1. Chrétiens aujourd’hui dit :

        Et même si certains chrétiens sont dérangés par le fait que d’autres personnes, baptisées ou non, déclarent que Dieu n’existerait pas, on peut aussi se dire qu’il est encore possible d’aller à Dieu lorsque nous le verrons face à face après notre mort. Dans cette perspective, toute personne — qu’elle ait été athée ou agnostique — recevra une clarté totale.

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