
Faut-il craindre d’être jugé plus sévèrement en connaissant Dieu ?
Peut-on croire que Dieu jugera plus sévèrement ceux qui le connaissent bien ? Un pasteur répond à une jeune femme effrayée par une vidéo de « jugement dernier » vue sur TikTok, et invite à faire confiance en un Dieu d’amour plutôt qu’à un Dieu qui condamne.
Question posée :
Bonjour pasteur,
Dites-moi, j’aimerais savoir : dans la Bible, il est écrit que les chrétiens, ou ceux qui prêchent la Parole de Dieu, qui suivent ses commandements, etc., qui connaissent bien Dieu et la Bible, mais qui commettent quand même un ou des péchés, iront en enfer. J’avoue que c’est malheureux !
Mais j’avoue que c’est aussi la raison pour laquelle je n’ai jamais voulu lire la Bible, même si je connais vaguement Jésus. Je connais Jésus, mais pas intimement, et puis je ne pourrai pas dire que personne ne m’aurait prévenue que Jésus existe !
Du coup, je ne veux pas vivre avec Dieu comme une sorte d’espèce de religion, une sorte de doctrine, parce que je serais malheureuse. En plus, ce n’est pas ça que Dieu veut, mais une relation amicale. Mais juste à cause de ce passage, j’avoue ne plus trop savoir si je me lance !
Réponse d’un pasteur :
Bonsoir,
Faites confiance en Dieu
Premièrement : vous pouvez avoir une totale confiance en Dieu.
Qui vous a mis en tête cette histoire de jugement sévère de Dieu, et de jugement encore plus sévère pour les chrétiens ? Mais quelle horreur !
Un passage détourné, un Dieu qui ne condamne pas
C’est vrai qu’il y a un passage, au fond d’une lettre de Paul, qui est malhonnêtement employé par des Églises qui exploitent la peur des fidèles pour mieux les tenir en main, hélas.
Jésus, lui, dit que Dieu aime même ses ennemis, qu’il va chercher même la plus perdue des brebis perdues…
Et si Dieu a donné Jésus-Christ pour nous annoncer l’Évangile, ce n’est pas pour nous condamner, mais pour nous aider par sa parole. Bien sûr. Comment peut-on penser autrement ?
Je vous conseille de lire les Évangiles, de les lire et de les relire, bien entendu.
Et surtout : faites confiance en Dieu.
Il vous bénit et vous accompagne.
par : pasteur Marc Pernot
Réponse de la visiteuse :
C’est sur TikTok, c’est une application de réseau social. Il y avait une simulation du jugement dernier : on y montrait Dieu punissant les gens. Du coup, je me suis dit : mais ce n’est pas possible, je n’y arriverai jamais. D’ailleurs, quel être humain est réellement capable d’être irréprochable ? C’est impossible, parce qu’il faut le dire, les êtres humains, moi y compris, sont tous plus tordus les uns que les autres, et faibles !! Du coup, je voulais être sûre !!
Pasteur, merci 💖💖💖
Réponse d’un pasteur :
Il y a de tout sur TikTok, comme dans la vie : du meilleur (voir notre chaîne :-), du pire, et beaucoup de choses assez ordinaires .
Cette histoire de simulation du jugement est une horreur : c’est fait par de peu sympathiques fanatiques, je pense. Faire peur de Dieu pousse les personnes à se tourner vers Dieu, certes, mais en voulant sauver leur propre peau : la peur nous pousse à l’égoïsme. Alors que ce qui est génial, c’est de se tourner vers Dieu par amour de Dieu, dans la confiance en Dieu : on peut alors être sincère et authentique devant Dieu, ce qui l’aide beaucoup à nous apporter de bons soins.
par : pasteur Marc Pernot
En écho à ce texte :
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« J’ai volé et je ne peux pas rendre » : dois-je craindre l’enfer ?
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Je ne veux pas aller en enfer, aider moi. J’ai péché et je vis avec un homme : je veux le quitter pour vivre seule afin que Dieu me pardonne.
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D’un côté Dieu pardonne ? D’un autre côté il faut rendre des comptes et c’est une menace ?

> Qui vous a mis en tête cette histoire de jugement sévère de Dieu
Et bien le Christ Lui même, excusez du peu : Matthieu 23:14 et aussi Luc 20:47 où Jésus dit des pharisiens et scribes : « Ils seront jugés plus sévèrement ».
Sa Parole étant Vérité et ne passant pas, que veut dire Jésus ?
Il y a un endroit dans l’Evangile ou il y a un jugement, et de plus sévère, c’est peu dire : les brebis et les boucs ou « le jugement des nations » – Matthieu 25:31-46
Les boucs ont fait des tas de bonnes choses, peut être même plus que les brebis, mais ils ne comprennent pas pourquoi ils sont sévèrement jugés. Et ce ne sont pas leurs bonnes actions qui vont les sauver. Pour comprendre il faut se souvenir que Jésus parle d’un jugement sévère pour les pharisiens et les scribes qui s’autoproclament guides, prêtres du peuple de Dieu. Ils « commandent », dirigent. Mais Jésus rappelle qu’il est le seul à diriger vraiment le troupeau, il est le Bon Berger (“Vous n’avez qu’un seul Maître : le Christ”). Les scribes et pharisiens croient à l’avènement du Messie, mais pour eux, ce n’est pas le Jésus dans l’Evangile, malgré tout ce qu’il dit et fait. D’autres veulent carrément le faire mourir. Voilà des « commandants » autoproclamés qui finalement font ce qu’ils veulent. C’est toute la différence entre laisser Dieu nous faire « frère », « sœur », « mère », « disciples » de Jésus Christ à un moment donné, et se donner nous même de tels titres en permanence. Se donner ces titres, c’est dire à Dieu « on a pas besoin de toi pour ça, laisse-nous, va-t’en ». On a donc des boucs qui sont des mâles dominants dans un troupeau, que le Christ compare à des usurpateurs d’identité, car Lui seul est le berger du troupeau. Le Fils de l’homme va alors les juger sur cela et non sur leurs bonnes actions : ils ont voulu diriger le peuple à la place du Christ et ont voulu le faire mourir. Le Fils de l’homme va faire comprendre aux boucs qu’ils n’ont pas été parfait, qu’ils ont été de faux christs, des bergers mauvais : « chaque fois que vous ne l’avez pas fait… ».
Aujourd’hui, rien n’a changé. Vous avez toujours des religieux qui s’autoproclament guides, qui croient au Messie, mais qui rejettent certaines de ses Paroles dans l’Evangile, de ses enseignements, en déforment d’autres, en ajoutent ou modifient. Chaque fois que cela est fait, c’est vouloir faire mourir le Christ de l’Evangile et essayer de le remplacer par un faux. Donc, vous comparez ce qu’on vous dit aux messes, cultes, la façon de prier, les crédos, chaque fois qu’on réclame votre « amen », etc… avec ce que dit le Christ dans l’Evangile, s’il dit de faire comme ça ou le contraire. Vous y verrez plus clair. Encore faut-il lire l’Evangile ! Pour conclure, ce qui condamne les boucs, c’est qu’ils ont refusé d’être de simples brebis du Christ. Ils ont fait le choix d’être des boucs, de se prendre pour des super guides, des spécialistes de Dieu tout en méprisant le Christ de l’Evangile (ses Paroles, ses enseignements, ses œuvres, etc…).
Il y a bien des façons d’interpréter les paroles du Christ.
C’est vrai que l’on peut en interpréter certaines comme des menaces. Mais on peut aussi les lire comme de bons soins, nous aidant à être délivré de nos mauvais côtés.
Alors qui interprète bien : ceux qui en tirent des menaces ? ou ceux qui en tirent une bonne nouvelle de l’amour de Dieu ?
Quel critère, quelle clef sera décisive pour pencher d’un côté ou de l’autre ?
La force du Christ c’est qu’il a non seulement parlé : il a aussi agit, jusqu’à donner sa vie sur la croix par amour des humains même pécheurs, il a même pardonné sur la croix à ceux qui le crucifiaient. Cet amour en acte est le somment de la révélation donnée en Christ et peut donc utilement servir de guide pour notre interprétation de ses paroles : est-ce que mon interprétation est cohérente avec cet amour et ce pardon infini de Dieu même pour les pécheurs ? Si oui, je peux poursuivre dans cette interprétation, si non, je peux songer à la réviser.
En ce qui concerne le jugement des brebis et des boucs de Matthieu 25, nous sommes tous à la fois brebis et bouc en diverse proportion. Dieu sauve le meilleur de nous-même (la brebis de Dieu) et nous libère de ce qui est bouc en nous.
Voir https://jecherchedieu.ch/temoignages/predication/jugement-predication-sur-la-parabole-de-matthieu-25/
Pourquoi continue-t-on de parler du salut, de Bonne Nouvelle, de grâce et du pardon de Dieu si on refuse toute possibilité d’un jugement qui aboutit sur une condamnation ?
Précisément !
C’est exactement en rapport.
La Bonne Nouvelle c’est que nous sommes sauvés par Dieu.
Parce que Dieu est grâce (amour sans condition) et donc que nous avons déjà été pardonné.
C’est alors que l’on peut vivre, par l’amour. Alors que quand on a peur d’un jugement qui risque de nous condamner : cela nous pousse à agir, certes, mais en pensant à soi-même, à son propre avenir. La menace mène à la peur, et la peur à l’égoïsme, au sauve qui peut.
Et comment comprendre ce passage ?
Merci
On a le droit de ne pas être tout à fait d’accord avec tout.
On peut dire aussi qu’il est bon de vivre sa foi, que les belles paroles de l’Evangile ne sont pas seulement de la musique, et la haute théologie n’est pas comme faire des mots croisés. C’est à vivre, c’est une inspiration, et donc un cheminement, des actes, des fruits. Sinon ? Ce n’est pas que Dieu nous en garderait rancune (il ne garde pa le mal nous dit Paul), mais ce serait le symptôme qu’il y a un truc coincé au fond de notre être, et qui nous empêche d’être entier ?
1Timothee 1 8 a11 je viens de le lire houf ça déménage ce passage
Bonjour
Quel ce passage du fond de la lettre de Paul dont vous parlez
Merci et bonne journée
Romains 12 ou 1 Timothée 1, en particulier. Mais quand on veut faire peur aux gens, on peut toujours arriver à extrapoler sur divers passages.
Personnellement, j’ai hélas déjà entendu à plusieurs reprises ce genre d’argumentation. Lorsqu’on pense que ceux qui refusent le message du Christ ne seront de toute façon pas sauvés se pose alors le problème de ceux qui n’en ont jamais entendu parler. On utilise donc Romains 2:12 (Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi ; tous ceux qui ont péché sous le régime de la loi seront jugés par la loi.) pour expliquer que les gens seront jugés selon la connaissance ou non qu’ils ont de Dieu et du Christ.
Je pense que cette dame faisait plutôt référence à Jacques 3.1
« Mes frères et sœurs, ne soyez pas nombreux à vouloir être des enseignants, car vous savez que nous qui enseignons, nous serons jugés avec une plus grande sévérité. »
À moins qu’elle souhaite devenir pasteure ou catéchète, elle n’a pas trop de soucis à se faire !
Ça ne colle pas, parce qu’elle n’est pas enseignante. Je pensais à « Moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent, j’ai obtenu miséricorde, parce que j’agissais par ignorance » (1 Timothée 1:13).
Mais qu’importe, troubler les gens avec la peur de Dieu, c’est toujours cruel et néfaste pour la personne, pour sa confiance en Dieu, sa sincérité devant Dieu.